‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 218 sur 764 · LE CONCILE RATIFIE LES DECISIONS PRISES A AIX · texte numérisé non relu

LE CONCILE RATIFIE LES DECISIONS PRISES A AIX

ment cette concubine que le jeune roi a eue avant son mariage et qu'il désire épouser'; Réginon enfin dit formellement que Waldrade avait été la maîtresse de Lothaire, alors que celui-ci, encore adolescent, vivait dans le palais de son père*. D'ailleurs, si son union avec Waldrade avait été régulière, il n'aurait pas attendu à 862 pour s'en prévaloir^ il n'aurait pas eu besoin d'inventer, pour se débarrasser de Theutberge, l'histoire de l'inceste. Devant aucun des trois conciles réunis k Aix-la-Chapelle de 860 k 862, il n'a fait même la plus légère allusion au mariage que son père lui aurait fait contracter avec Waldrade. C'est seulement après le troisième concile d'Aix, quand il écrit au pape, que Lothaire s'avise de recourir k cet argument. Comme il sait peut-être Nicolas hostile a la rupture du lien conjugal, même alors que la femme a commis un inceste avant le mariage, il a l'idée de transformer en union légitime la liaison irrégulière qu'il avait entretenue avec Waldrade : le pape, il l'espère du moins, acceptera l'histoire comme vraie, et, en vertu de ses principes, il sera bien obligé de déclarer nul le mariage du roi et de Theutberge, puisque antérieurement ce prince avait épousé Waldrade.

Ce mensonge inventé, il ne fut pas difficile k Lothaire de trouver des gens pour s'en porter les garants. Son oncle maternel Liutfrid? et ses précepteurs l'appuyèrent de leurs témoignages. Advence et les autres membres du concile firent comme s'ils étaient convaincus. Les légats hasardèrent pour la forme quelques observations, mais sans insister. Finalement l'assemblée ratifia les décisions des conciles antérieurs, approuva l'annulation du mariage de Lothaire et de Theutberge, et confirma l'union nouvelle du jeune roi avec Waldrade4.

Elle s'occupa aussi d'Engeltrude. Le pape avait écrit au concile pour l'inviter k résoudre cette affaire, depuis si longtemps pendante, mais Gunther et Theutgaud, par les mains de qui passèrent ses lettres, ne les lurent k leurs collègues que mutilées et altérées. Le résultat de cette manœuvre fut que le concile donna l'absolution k Engeltrudes.

1. HiNGMAR, De diu. Hloth., inlcrr. XYIII» et XXI^ (Mignk, t. CXXV, coll. 729 et 782) s'exprime ainsi: c Et remandate, si... ipse (Lotharius)... concubinam, quam habuil, et cum qua post initiim conjiHjiiiin adultérasse dicitur, in conjugem possit accipcre. » Les mots « quam habuit « doivent se rapporter aux relations qu'avait eues Lothaire avec Waldrade avant d'épouser Tlieutberge.

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