‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 219 sur 764 · Sur Liutfrid, voir p. 182, n · texte numérisé non relu

Sur Liutfrid, voir p. 182, n

4. Advextii Lib. apoL, B.vronius, t. XIV, p. 567, col. 2 ; Nicolai Epistola ad episcopos in regno Ludouici constitiitos, 3i oct. 8G7 (J. E. 2886, Migne, t. CXIX, coll. 1166 et 11G8-1170). C'est peut-être pendant le concile même que les légats firent des observations, que prirent fort mal Gunther et Theutgaud (J. E. 2886, Migne, t. CXIX, coll. 1169). Voir MiJHLBACHER, Reg. Kar., p. Zjgi-

5. Concilium lateranense, ch. 2 {Ann. Bert. 863, p. 64) ; Auventii Epistola ad Nicolaum, Mansi, t. XV, col. 370 ; Nicolai Epistola ad episcopos in regno Ludouici constitiitos, J. E. 2886, Migne, t. CXIX, col. 1167.

Le concile s'occupa aussi de l'église de Metz ; une partie des biens et des monastères qui dépendaient de celle-ci lui avaient été soustraits après la mort de rarchevè([ue Drogon- Le concile en ordonna la restitution et le roi approuva la décision des évoques. Ni la charte synodale, ni le diplôme de Lothaire ne nous sont parvenus, mais une charte d'Ad-

232 LE RÈGNE DE LOTIIAIUE II (SGS-SOg).

Il fallait cepentlaiit reudci! coiiipte au j)a|)o de ce que l'on avait fait à Metz. Les deux léc|at.s n'étaient peut-être pas sans inqtiiétude sur l'accueil qu'ils allaient recevoir à Home: quelles explications donneraient-ils? Ils décidèrent, soit d'eux-mêmes, soit sur le conseil d'IIaganon ', que (îunther et Tlieutgaud partiraient pour Rome et remettraient au Souverain Pontife une lettre signée de tous les évêques qui avaient assisté au concile, et où les décisions prises seraient exposées et justifiées ; les deux métropolitains ajouteraient de vive voix les explications nécessaires. 11 appartiendrait au pape de prononcer en dernier ressort^. La lettre fut donc rédigée î et reçut les signatures des prélats 4 ; l'un d'eux, nous ne savons pas le([uel, avait fait suivi-e la sienne d'une note, disant que les résolutions du concile n'auraient de valeur ([u'après approbation par le pa[)e. (jluntlier et Theutgaud effacèrent ces mots 5.

Lothaire, les membres du concile et les deux légats espéraient-ils tromper le pape, lui faire croire que ses instructions avaient été ponctuellement suivies ? Il est difficile de le croire. La lettre synodale elle-même, dont Guntlier et Theutgaud étaient porteurs, devait prouver à Nicolas qu'on ne lui avait pas obéi : ni Theutberge, ni Hubert n'avaient été convoqués, aucun évêque français ni allemand n'avait pris part au concile. Comment se justifier devant le pape de toutes ces infractions aux ordres qu'il avait donnés ? Lothaire pouvait être certain, d'autre part, que ses ennemis, Theutberge, Hubert, Charles le Chauve, Hincmar, ne se feraient pas faute de faire savoir à Rome qu'il avait foulé aux pieds les instructions pontificales. Nous serions surpris que Lothaire et ses conseillers n'eussent pas éprouvé quelque appréhension sur les événements qui allaient suivre, sur la façon dont les choses allaient tourner.

Gunther et Theutgaud ne se mirent pas en route aussitôt après la clô-

vence pour l'abbaye de Gorze, rendue à Metz en 863, huitième année du règne de Lothaire le Jeune (par suite avant le 29 septembre), nous met au courant de ce qu'avait ordonné le concile. L'abbaye de Gorze, dont Droçjon avait été abbé, avait déjà eu beaucoup à soutVrir du vivant de ce prélat, nous apprend Advence, mais ce fut bien pis encore qaand Lothaire eut donné l'abbaye au comte Bivin. Les moines lurent réduits à la misère, la discipline se relâcha. Advence obtint d'abord de Lothaire (à la suite de la décision prise par le concile) l'aulorisation de nommer un abbé régulier, Betton. Il ordonna par la charte, que nous analysons, que tous les biens de Gorze actuellement détenus en bénéfice par des laies, reviendraient à l'abbaye à la mort des détenteurs, et que ni les enfants, ni les proches de ces derniers ne pourraient les conserver. (Juant aux précaires, l'abbe et les moines verraient ce ([u'il conviendrait de faire. (Galmet, t. I, preuves, coll. 3o7-3oy).

1. La deuxième version est donnée par les Ann. Bert. 863, p. ()a, la première par RÉGiNON, Clironicon 865, p. 82, et par les Ann. Fuid. 863, p. 57.

2. Ann. Jiert. 863, pp. 62-63, Ann. Fuld. 863, p. 57, Kkci.non, Chronicon 865, p. 83. La Vita Nicoltii (Lib. pont., t. II, p. 160) et la lettre de Nicolas aux évèiiues allemands du 3i octobre 867 (.1. E. 2886, Mic.ni:, t. (].\1X, col. 1 !(>()) avancent (pie Guntlier et Theuttjaud auraient déclaré qu'ils se cliarc|eaicnt de jusiiller leur conduite en tout point devant le [)ai)e.

3. D'après la Vild Niroltii (IJh. pont., t. II, p. 160), Ha(|aiioii aurait été un îles rétiactcurs de cette lettre.

A. Ann. ISert. 863, p. 62; J. E. 2886, Mionk, t. CXIX, col. 1166. f>. J. E. 2886, MuiNK, t. CXiX, col. 1170.

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