‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 221 sur 764 · Ann. Bert. 863, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 863, p

4- Ann. Bert. 863, p. 63 ; Vitn Nicnlai (Lib. pont., t. II, j). 160).

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lieux métropolitains'. Trois semaines se seraient écoulées avant que Nicolas se prononçât. S'il fallait en croire (Inntlier, le pape aurait dit (pie la conduite des événues lorrains lui paraissait défendable à en juyer par leur mémoire *. Il n'est guère admissible toutefois que Nicolas ait montré une pareille diq)licité, peu en rapport avec son caractère. Ces trois semaines, il l(>s employa à étudier la lettre synodale qu'avaient apportée (juntlier et rii(Mit(|au(l, et à en contrôler les allégations. Vraisemblablement Theutberge, Hubert et (^liarles le Chauve avaient dé{)èché au pape des agents chargés de l'éclairer sur les agissements de Lothaire, de l'épiscopat lorrain et des légats eu.x-mêmes. Nous savons par Hinemar (pi'au moment où (lunther et Thcutgaud furent déposés, un diacre français nommé Engelvin se trouvait à Rome, et comme ce personnage reçut après la mort d'Hubert l'abbaye Saint-Martin de Tours, en même temps que Charles le Chauve donnait celle d'Avenay à Theutberge, on peut supposer (pi'il avait été envoyé au pape par le roi de France, pour défendre les intérêts de la femme de Lothaire 5.

Les renseignements que reçut le Souverain Pontife de ce côté, joints à ceux que lui fournissait la lettre synodale elle-même, le convainquirent d'abord qu'on avait enfreint ses ordres, et que, de plus, on avait organisé à Metz une comédie pour le tromper. Ces faits, rapprochés de ceux qui lui avaient été précédemment rapportés, et qu'on lui rappela peut-être, sur les violences dont Theutberge avait été la victime, sur la procédure irrégulière suivie dans l'affaire du divorce aux conciles d'Aix-la-Chapelle, durent eu outre éclairer Nicolas sur le fond même de la question en litige ; pour que Lothaire eût employé des moyens aussi méprisables, aussi odieux, il fallait que sa cause fût mauvaise. Le pape ne douta plus de l'innocence de Theutberge, ni de la duplicité de Lothaire : celui-ci avait menti en accusant sa femme, il avait encore menti en prétendant avoir épousé Waldrade avant d'être uni k Theutberge. Quant aux évêques, qui, au lieu de guider et de reprendre leur souverain, s'étaient tus ou, chose plus grave, avaient lâchement accepté de se faire ses complices dans son œuvre d'iniquité et de mensonge, leur responsabilité était peut-

1. Conciitum Iriteranense, ch. 2 (Ann. Bert. 863, p. 64); Lettres du pape apprenant la déposition de Giinlher et de Tlicnt(|aiid (J. E. 2748-27.")!, ibid., p. 63); leUre du pape aux évè(pies allemands (J. E. 2886, MuiNK, t. CXIX, coll. 1 166-1 167); Viia Nicoliii (^Lib. pont., t. H, p. 160); Rkgino.n-, (Jhronicun 865, p. 83. Dans J. E. 2886 le pape semble dire (pi'il a fait immédiatement et en présence des deux archevètpies la eriticpie des actes du concile de Metz.

2. GuNTiiAHH el TnKUTGAUDi Lihcllus, cil. 2 {Ann. Bevt. 864, p. 6(j, et Ann. Fuhl. 8t)3, p. 60).

3. HiNCMAHi EpistuUi ad Nicolaum, Mione, t. CXXVI, col. 4- Engelvin ctail-il le chapelain de Tlieutbenje, comme le prétendent Muiu.uachkh (lieij. Kur., p. 4y4i et D. G. K., J). r)27), et Dum.mlkh, t. II, }>. m, et n. i ? Ils s'appuient sur le passatje des Ann. tti'.rt. 864, p. 74, oii Hinemar menlionne la donation d'Avenay à Tlieiithenje el de Sainl- IMartin à Enip-hin : « (lui (Tliei)tben)cT) Karolus Avennaciim monaslerium douât, et abbatiam sancii Mat'lini IiKjcIvvino diacono palalii sui coinmillil. » Ce 0 |ialatiuni u est, i\ n'eu pas douter, celui de Charles le Chauve. On ne parle jamais du « palaliiim » d'une reine, surluul d'une rtMne sans royaume. En(jelviu d'ailleurs avait Iri's bien pu être envoyé en missinii à Kome pour y d(''fi-iidri' les intiTiMs de 'riieutberije.

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