‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 239 sur 764 · Nous reviendrons plus loin sur le rôle de Liutbert · texte numérisé non relu

Nous reviendrons plus loin sur le rôle de Liutbert

a48 LE RÈGNE DE I.OTHAIRE II (855-809).

Constance, en est la nieillciirc preuve'. En Allemagne, à la cour du roi, on désapprouvait, à ce (pi'il .soud)I(*, la sévérité du pape, mais d'une façon timide^. Pourtant, il est juste de le reconnaître, le roi de Germanie et son haut clergé mirent de la persistance à réclamer auprès de Nicolas la restauration sur leurs sièges des deux métropolitains. A la veille de sa mort, le pape répondait encore à une demande de ce genre que lui avaient adressée les évêques allemands '. Donc, de ce côté, (îunthcr et Theutgaud pouvaient compter sur des sympathies un peu tièdes, sur une assistance limitée à une intercession en leur faveur auprès du Souverain Pontife ; quant k espérer un concours énergique pour combattre le pape, 11 n'v fallait pas songer +.

D'ailleurs, il eût fallu (juc la résistance commençât par s'organiser en Lorraine même ; c'est de là qu'elle aurait dû partir, pour se propager dans les contrées voisines. Mais si Gunther et Theutgaud avaient cru souffler leur esprit de révolte à leur roi et à leurs collègues, ils furent vite détrompés. Du reste, se faisaient-ils de grandes illusions sur la fermeté de Lothalre ? Les conseils qu'ils donnent à leurs collègues de le réconforter, de l'empêcher de suivre les avis des uns et des autres, prouvent qu'ils connaissaient bien la faiblesse et la pusillanimité de ce prince».

C'est pendant l'hiver de 863-864, alors qu'il était dans le nord de son royaume occupé à combattre les Normands, que Lothaire reçut les lettres de Nicolas qui lui annonçaient la déposition de Gunther et de Theutgaud^. Cette nouvelle le jeta dans une grande perplexité, on peut le croire. Jamais pareil fait ne s'était produit, jamais un souverain n'avait eu à subir un pareil affront. Le roi était frappé dans la personne de ses archevêques, et moralement condamné par le pape. Nul doute que Nicolas, poursuivant ses avantages, n'exigeât bientôt du roi qu'il renonçât a Waldrade et reprît Theutberge : c'est probablement cette crainte qui touchait le plus Lothaire. Il dut en cette circonstance critique consulter ses évêques, et surtout, ceux qui avalent été les auxiliaires de Gunther et de Theutgaud, Francon, Hatton, Advence enfin, qui, quelque temps après le concile de Metz, avait publié un mémoire destiné ii justifier les décisions de cette assemblée ainsi que sa propre attitude. Nous l'avons analysé plus haut; il est donc inutile d'y revenir". La crainte et l'embarras des évêques n'étaient pas moindres (jue ceux du roi lui-même ; Nicolas les menaçait, s'ils ne faisaient leur soumission, de leur infliger le

1. Vila Anskarii, ch. 23, [). /((j ; Nicolai Epistuld ad Aiisktiriuin (J. E. 275y).

2. C'est ce que semble induiuer la façon dont s'exprime l'annaliste officiel de Louis le Germanique, en reproduisant et la lettre par laquelle Nicolas annont^ait et envoyait aux cvè(iii('S allemands les actes du concile de Lalran et le t'acluin des métropolitains déposés: « Propterea partis ulriuscpie scriptorum sericm liis annalibus inserendam esse judicavi, discernendam rei veritatem lectoris arbitrio derelinqucns. » {Ann. Fuld. 8(')3, p. 58).

3. Lettre du 3i octobre 8G7, J. E. a88G. Nous y avon. déjà fait de nondireux emprunts.

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