SOUMISSION DE LOTHAIRE II ET DE SES ÉVÈQUES
sort de leurs métropolitains'. Si l'on ne décida pas la résistance, du moins ne prit-on pas aussitôt le parti de capituler ; on attendit les événements. Gunther et Theutgaud firent probablement connaître à leurs collègues la démarche qu'ils avaient faite auprès de l'empereur, l'accueil favorable qu'ils en avaient reçu et l'espoir où ils étaient de recouvrer leur dignité ^. Lothaire et ses conseillers purent croire un moment que Nicolas allait être contraint de céder. Puis vinrent les mauvaises nouvelles : Louis II s'était arrangé avec le pape, et les métropolitains recevaient de lui l'ordre de retourner en Francia. A quel parti Lothaire et ses évêques allaient-ils se résoudre ? Tenir pour nulle et non avenue la sentence du pape, et rompre tout rapport avec lui ? Cette attitude eût été fort difficile à prendre, même de la part d'un prince plus énergique que Lothaire, en présence de la défection de Louis II, de la tiédeur de Louis le Germanique, et de l'hostilité certaine de Charles le Chauve. Pouvait-il compter que ses évêques le suivraient dans sa lutte contre Nicolas ? Ceux qui s'étaient compromis dans l'affaire du divorce, ne trouveraient pas, pour résister au pape, le courage qui leur avait manqué pour reprendre leur souverain et réprimer les écarts de sa conduite ; les autres, qui avaient désapprouvé le divorce de Lothaire, ne se soucieraient certainement pas de se mettre en révolte contre le Souverain Pontife pour une cause désespérée, qui, alors qu'elle semblait assurée du succès, n'avait pas obtenu leurs sympathies.
La seule chose que voulût vraiment Lothaire, c'était conserver Waldrade pour femme. Gunther et Theutgaud avaient réussi à la lui donner, mais ils ne pouvaient plus rien maintenant pour son service, c'étaient des instruments dont il eût été inutile et même dangereux de faire usage. Soutenir Gunther et Theutgaud, c'était risquer l'excommunication du pape, une révolte de ses sujets, peut-être l'intervention armée de Charles le Chauve. Mieux valait feindre la soumission aux ordres de Nicolas, tâcher de l'apaiser ; on gagnerait ainsi du temps, et les choses finiraient peut-être par s'arranger. Nous ne savons quels conseils donna Waldrade a Lothaire, mais il est vraisemblable qu'ils furent conçus dans l'esprit que nous venons d'indiquer : les deux métropolitains étaient encombrants et compromettants, il ne restait qu'à les jeter par-dessus bord.
Lothaire et ses évêques résolurent en conséquence d'obéir aux ordres de Nicolas. Theutgaud, échappant enfin à l'influence de Gunther, cédant peut-être aux avis de ses suffragants et du roi, se soumit k la sentence de déposition et s'abstint d'exercer les fonctions de sa charge 3. Il n'en fut