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de Caire porter la sienne à Nicolas par l'évéque de Strasbourg. Ratold s'excuse de n'avoir pas expédié plus tôt son messager, mais il en a été empêché par le service du roi, par les attaques des païens et par les tronhles que provoquent les mauvais chrétiens; 11 réclame en sa faveur rindulcjence du pape'. Aucun autre des évèques compromis dans l'afTaire «lu divorce n'alla lui-même à Rome, mais tous, sauf peut-être Hatton, envoyèrent à Nicolas des messagers chargés de lui remettre des lettres où ils lui exprimaient le regret (ju'ils éprouvaient de leurs erreurs, et où Ils protestaient de leur soumission à ses ordres ^.
Une seule de ces lettres, en dehors de celle de Ratold, nous a été conservée : elle est d'Advence, évêque de Metz, l'auteur du Libellus apologeficas dont nous avons déjà parlé. Advence, le plus mêlé peut-être, après les deux métropolitains, aux intrigues du concile de Metz, avait beaucoup à se faire pardonner, 11 le sentait bien ; aussi rédigea-l-11 sa lettre en conséquence. Après des éloges hyperboliques et des protestations de dévouement adressés au pape, Advence déclare que, sans la goutte dont il souffre, il serait en personne allé à Rome. Il ne compte plus au nombre des prêtres Theutgaud, qui s'est d'ailleurs soumis humblement à sa déposition, et n'a exercé aucune des fonctions sacerdotales. Il ne considère plus Gunther comme un évêque, et il a cessé tout rapport avec lui, parce que, malgré la défense du pape, Gunther a repris l'exercice de son ministère. Pour justifier son attitude au concile, Advence déclare qu'il n'a fait que suivre le mouvement, obéir aux métropolitains. Il n'est pour rien dans l'absolution accordée à Engeltrude. Il n'est pas le complice des excommuniés ni des séditieux, et il marche d'accord avec le chef de l'Eglise. Il a conseillé à ses collègues de se soumettre, et oeux-ci sont décidés à le faire. Si Advence n'a pas attendu le départ du messager qui doit se rendre à Rome au nom de tous les évêques, mais a fait prendre les devants à son envoyé spécial, c'est qu'il approche du terme de sa vie. En terminant, il implore la clémence du pape 5.
Comme si cette lettre si humble, si adroite, ne devait pas suffire à
1. Voir ceUe lettre dans Baro.mus, t. W, p. 3, col. 2. Le prélat avait pris part à une oxpëdition militaire, sans aucun doute contre les Normands.
2. Ann. Rert. 8G4, p. 71 ; Auve.ntii Epistola ad Nicolauin, M.vnsi, t. XV, col. 370. D'apri's cette lettre, les évèipies s'étaient concertés entre eux, et ils avaient peut-être arrêté les termes dans lescpiels ils rédiijcraient leur soumission. Dans une lettre écrite le 20 janvier 8(>7 aux évccpies lorrains pour leur reprocher de n'avoir pas ])ublié l'exconinuinication de Waldrade, Nicolas parle de ceux (|ui ont refusé de solliciter leur pardon, *"t, à la tin, il spécifie que Hatton devra lui adresser ])ar un de ses clercs la lettre contenant la justilication de sa conduite (.1. K. 2871, Micxe, t. CXIX, coll. i i/jo et ii4a)- Hatton se serait-il absteiui en 8G4 de l'aire sa soiuuission au Souverain Pontife ? Un document parait continuer celle hypothèse, c'est une lettre de Nicolas lef, en faveur de l'abbaye de Tholey, adress('e il l'évêcpie Hatton en 8G5, et dont le refjeste a été reconstitué par Saukki.a.M) à l'aide de la Metropolls ecclesue Treuirensis (t. Il, p. .')3o), et d'mie note manuscrite laissée par Hkowkh. Voici la phrase (pii confirme notre hy|)otli('se : « Adinonet Hatlonem ut iu causa (livorlii Lothnrii re()is cilius redeal ad Nicolai obse(i\iiuiu. « {Jiihrb. (!. L. <!., S" amu'c, ï"' fascicule, j). yf).')). Cf. DC'mmleh, l. H, p. 78, n. 0.
3. Mansi, t. XV, coll. 308-37 1. '•■♦■ pr'^tre (|ui porta au pai»' la lettre d'Advence s'appelait Thierry (.1. K. 27r)8, Mionk, t. CXIX, col. 887).