‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 265 sur 764 · Ann. Bert. 865, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 865, p

'X'J'l LE RÈGNK DE LOTIIAIUK II (8r)r)-8Gy).

fcn quelques mots. AltlVid et son collècjue avaient aussi reru des instructions verliales |)our donner à Lothaire les explications conipléinentaires qu'il pourrait demander '.

Nous ne savons pas si les rois de France et de Germanie restèrent îi Tusev pour attendre le retour de leurs envoyés et la réponse de Lothaire. Avant de se séparer, ils avaient désicjné, chacun parmi les conseillers de son frère, des évêques et des grands chargés de veiller au respect des conventions qui venaient d'être arrêtées : Louis avait choisi Hincmar de Reims et le comte Engelrand, (Iharles Liutbert de Mayence et AltlVid d'Hildesheim, les deux évêques qui avaient assisté au concile de Pitres. Ces personnages avaient pour mission de rappeler leurs souverains au respect des traités, s'ils venaient à les enfreindre^.

La réponse de Lothaire à l'espèce d'ultimatum que lui avaient adressé Louis et Charles ne nous est pas connue, mais on peut, étant donné le personnage, la supposer conçue en termes vagues et de nature à ne pas •engager le jeune roi, sans mécontenter pourtant ses oncles. Il devait d'autant plus tenir à les ménager qu'il les croyait animés, malgré leurs belles phrases, d'intentions perfides k son égard. S'ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre, c'était j)our le dépouiller de ses Etats et se les partager; il ferait les frais de leur réconciliation. Le scandale, que lui, Lothaire, avait causé, n'était qu'un prétexte invoqué par les deux souverains pour cacher leurs desseins secrets et justifier, à un moment donné, leur intervention armée. Il est difficile de dire si les inquiétudes de Lothaire avaient leur raison d'être, mais, nous avons eu l'occasion de le remarquer, chaque fois que deux souverains francs avaient une conférence, les autres s'imaginaient que l'on tramait quelque chose contre eux. Vu les convoitises qu'il connaissait à Charles le Chauve î et la sonmiation qu'il avait reçue de ses deux oncles, on comprend que Lothaire ait eu quelque appréhension. Tant qu'il était assuré de l'appui de Louis le Germanique, il n'avait rien à redouter du roi de France, mais du moment qu'il avait ses deux oncles contre lui, la situation changeait. Son frère lui restait, seulement pourrait-il lui porter secours ? Lothaire résolut de réclamer une autre assistance, celle du pape lui-même. Nicolas s'était montré un adversaire résolu de ses projets, avait déposé deux de ses archevêques et le menaçait de l'excommunication, mais c'était un homme droit, ami de la justice et qui voulait (jue Lothaire se corrigeât,

1. Les deux ëvc(Hics trouveront peut-être Lothaire à Aix-la-Chapelle. Il y était le 7 mars, jour où il confirma à l'abhaye de Prum la possession de la l'iild de Villanee, dans l'Ardenne, (pie le comte Richard avait jadis léyuée à ce monastère (B. IM. 1370, MR. UB., t. L II" io3). Le comte IJivin, frère de llichard, avait été charyé par lui, ainsi tpu" (îérard, comte du palais, et Basin, dit Taucraus, de mettre l'abbaj'e en [)ossessi()n de Villauee, et le 12 novembre 84a l'empereur Lotliaire avait coutirnié la donation (B. M. loOo, MR. CR-, t. I, n"'' 70 et io3).

2. Les Ann. Ftttd. 8()/i, p. Cki, sont seules à nous p;irler de ces yarants (jue s'élaienl récipro<[uement donnés Louis le tîermani([ue et Charles le Chauve.

:5. La lettre des évéi|ues lorrains, dont nous allons parler, est une preuve <pi'en Lorraine on attribuait au roi de France l'intention de dépouiller son neveu.

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