CILVINTES DE LOTHAIRE ; SA DEMARCHE AUPRES DE NICOLAS
non qu'il fût détrôné. N'osant pas toutefois s'adresser directement au pape, Lothaire dépêcha a sou frère son oncle maternel Liutfrid, l'un de ses conseillers les plus influents. Louis II était invité à prier le pape de s'interposer entre Lothaire et ses oncles et d'écrire a ces dei'niers qu'ils eussent à observer la paix et à ne pas envahir son royaume '.
En même temps, les évêques de Lothaire faisaient, probablement k l'instigation de leur maître, une démarche auprès de leurs collègues français. Il circule, disait leur lettre, îles bruits sur les projets de Charles contre Lothaire. Des hommes perfides engagent le roi de France à s'emparer des Etats de son neveu, comme si ce dernier était méprisé et abandonné de son peuple. Les prélats pi^otestent de leur fidélité à Lothaire, que sa jeunesse avait pu entraîner au mal, mais qui, se conformant à leurs conseils, va s'amender. Peut-être certains personnages machinentils quelque perfidie contre leur seigneur (Lothaire), mais ils ne doivent trouver aucun appui : que leurs confrères réprimandent les fauteurs de discordes; eux-mêmes les seconderont. Ils sont déterminés à lutter contre les perturbateurs de la paix et a les frapper d'anathème. Les prélats expriment en terminant le souhait que les princes, rési.stant aux conseils des méchants, ne violent pas la paix^.
Lothaire, cette lettre l'indique, était donc résigné à la soumission ; les conseils des évêques, la crainte d'être excommunié par le pape et dépossédé par ses oncles avaient dû le faire réfléchir et le décourager. Evidemment, la résistance n'était plus possible. D'ailleurs, la démarche qu'il avait faite, ou qu'il avait chargé son frère de faire auprès du pape, impliquait à elle seule que le jeune roi avait pris le parti de l'obéissance ; il ne pouvait espérer l'appui de Nicolas contre ses oncles qu'à la condition de lui promettre une soumission absolue à ses ordres.
Quoique le pape fût fondé à n'avoir qu'une confiance très limitée dans les assurances de Lothaire, pourtant il n'hésita pas à promettre d'intervenir, lorsque Louis II l'en eut prié au nom de son frère 3. Il est vraisemblable que Liutfi'id arriva à Rome avant l'ambassadeur de Louis et de Charles ; il avait dû mettre une plus grande hâte que celui-ci à faire