‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 267 sur 764 · Ann. Bert. 865, pp · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 865, pp

2. Voir cette lettre dans Baronius, t. XV, pp. 67-69. Elle ne porte aucune date ; si nous croyons devoir la placer en février ou mars 865, c'est, d'une part, en raison des projets de conquête qu'elle prête à Charles le Chauve et, d'autre part, l'annonce de !a soumission prochaine de Lothaire, qui va se conformer aux conseils des évêques. Muhlba- CHER, D. G. K., p. 53o, et Dummler, t. II, p. i64, croient que celte lettre fut écrite en 867, après l'entrevue qu'eurent à IMctz les rois de Germanie et de France. Mais Lothaire, qui se réconcilia aussitôt après avec Louis, à Francfort, devait se sentir rassuré à l'égard de son autre oncle.

3. Ann. Bert. 865, p. 75. Weizs^cker, Hinkinar und Pseado-Isidor (Niedners Zeitschrift fiir historische Théologie, 1808, p. 4i3), reconnaît que Nicolas n'avait aucun intérêt à voir les rois de France et de Germanie s'arjrandir aux dépens de leur neveu et Hincmar se IbrtiQer en réunissant tous ses suffragants sous l'autorité d'un même roi. RocQUAiN, op. laud., t. I,»pp. 71-72, croit Nicolas hostile à l'emploi des moj'ens violents. D'après Dummler, t. II, p. 128, le pape était heureux de saisir une nouvelle occasion d'intervenir dans les démêlés des souverains francs et de jouer le rôle d'arbitre suprême.

ROYAU.ME DE LOURAIXE. l8

2'74 ^^ HKt;NE DE LOTIIAIUK II (8r)r>-80(j).

le voyage'. Les lettres des deux souverains, lettres dont nous avons déjà fait connaître en partie la teneur, achevèrent de mettre Nicolas au courant de ce qui s'était passé à Tusey, et de l'éclairer sur les intentions de Louis le Gernianiiiue et de Charles le Chauve. Ceux-ci se montraient pleins de déférence pour le pape, lui annonçaient, comme nous l'avons vu, ([u'ils travaillaient, conformément à ses instructions, à ramener Lotliaire dans la bonne voie. Ils prenaient en outre ses avis sur ce qu'il convenait de faire à Cologne et à Cambrai ^ Nous savons que sur la question principale, sur le concile, ils se dérobaient derrière de mauvaises raisons pour ne pas envoyer à Rome leurs évéques. Nicolas jugea à leur véritable valeur les prétextes qu'ils invoquaient, et il ne cacha pas aux deux rois ce qu'il en pensait 3. Démèla-t-il les vrais motifs de la conduite de Louis et de Charles, de la répugance qu'ils éprouvaient à voir se réunir un concile général ? Peut-être, mais il ne douta plus que les rois île France et de Germanie étaient décidément hostiles à son projet ; le premier échec ne l'avait pas découragé, après le second il ne revint plus à la charge. Mais si le pape renonçait, non sans regret, à réunir le concile, il n'abandonnait nullement la réalisation de ses projets ; il allait seulement chercher à atteindre le but par d'autres moyens.

Dès la fin de 864, il avait songé à envoyer en France Arsène, évêque d'Orta, apocrisiaire du Saint-Siège. Arsène aurait eu pour mission, on peut le supposer du moins, de ramener Rothade, dont le pape avait revisé le procès et ordonné la restauration sur son siège. Quoique Arsène fût bien en cour auprès de Louis II 4, ce dernier refusa à Nicolas de le laisser partir, prétendant que le pape ne l'envoyait en France que pour travailler contre lui>. L'empereur craignait peut-être une entente de Nicolas et de Charles le Chauve contre son frère et contre lui-même. Arsène ne partit pas. Mais les nouvelles que le pape reçut de l'entrevue de Tusey le déterminèrent à reprendre son projet de légation^. Ce que le concile aurait fait, un représentant du pape tenterait de l'accomplir. Il devait mettre Lothaire en demeure de tenir ses promesses, et le menacer de l'excommunication s'il ne faisait pas immédiatement et complément sa soumission ; il aurait à ramener la paix entre les princes francs.

1. DiJMMLER, t. II, p. 128 Cl i2(j, place après l'arrivée de Liutt'ritl à Rome celle des lettres qu'avaient écrites de Tusey Louis le Germaniciuc et Charles le Chauve.

2. Voir la réponse du pape, J. E. 2788, Migne, t. CXIX, col. 924.

Page 1