Ann. Bert. 805, p. 7O
3. Ann. liert. 8(»."), p. 76; Hincmar y a déversé sa mauvaise luimeur. Les lettres du pape à Charles le Chauve et h. son épisco|>at, invitant le premier à respecter les Etats de ses neveux et le second à détourner son maître de toute aijression, n'ont pas non plus trouve (jrAce devant l'archevêcjue de Reims, ipii les déclare inconvenantes.
4. Ce (pii le prouve, c'est ({ue Charles se rendit au coni|ri's de Colotjne. .auparavant, il s'était n-concilié avec son neveu ; l'irritation «pie lui avaient causée les lettres ilu pape n'était donc pas très vive.
ARSÈNE RAMÈNE THEUTBERGE A LOTHVIRE (865). 279
tance de Lothaire aux ordres du pape pour le dépouiller de son royaume, il devait y renoncer. Mais au fond il obtenait satisfaction, puisque Lothaire reprenait Theutberge, qui ne pouvait lui donner d'enfants, et que, l'union de Waldrade et du roi n'ayant pas été légitimée, le petit Hugues restait un bâtard, inhabile à recueillir la succession- de son père. Louis II était loin ; d'ailleurs il n'avait lui-même pas de fils : l'héritage de Lothaire reviendrait donc un jour, soit totalement, soit en partie, à Charles le Chauve ou à ses descendants.
Quant à Theutberge, il est permis de supposer qu'elle apprit sans aucune joie qu'elle allait reprendre la vie conjugale avec un homme qui la haïssait et qui l'avait si cruellement traitée. Il y a des choses qui ne se peuvent guère oublier ni pardonner ; les tortures morales et physiques que Lothaire avait infligées à sa femme sont, croyons-nous, de celles-là. La reine ne fît pourtant 'aucune résistance, et alla retrouver Arsène à Attigny, où il avait été reçu par Charles le Chauve.
Le légat et Theutberge prirent congé du roi de France et se dirigèrent vers la Lorraine. Le pape redoutait que Lothaire, après avoir repris sa femme, ne lui tendît des embûches ; sa lettre à Louis le Germanique et à Charles le Chauve en fait foi ^ Sans nul doute, Arsène avait reçu l'ordre de prendre toutes les garanties désirables contre un retour éventuel des pratiques et des procédés que le jeune roi avait mis en œuvre contre sa femme. Nicolas voulait que Lothaire promît par serment de la traiter avec honneur et de ne lui faire aucun maP. Arsène dut faire prendre au roi cet engagement. Mais cela ne parut pas suffisant encore, tant la parole de ce prince inspirait peu de confiance. Sur l'ordre du pape 3, le légat exigea que douze des grands de Lothaire se portassent garants de la conduite future de leur maître à l'égard de Theutberge. Ils jurèrent que Lothaire traiterait celle-ci en épouse et en reine, qu'il ne serait pas attenté à la vie de cette princesse, que ni Lothaire ni qui que ce fût ne lui feraient aucun mal, à la condition toutefois que Theutberge se comportât comme il convient à une épouse ■♦.
Six comtes : Milon, Rathier, Herland, Theutmar, Werembold et Rocolfe, et six vassaux (milites) : Erlebold, Vulfrid, Heidulf, Betmond, Nithard et Ernest prêtèrent ce serment î. Arsène en avait dicté la formule ; il l'emporta à Rome, ce qui indique que l'engagement n'avait pas été que verbal ; il avait été transcrit sur parchemin et souscrit par les douze personnages qui l'avaient contracté. Plusieurs prélats lorrains, provençaux ou français, les archevêques Arduic de Besançon, Rémi de Lyon, Adon de Vienne, Roland d'Arles, les évêques Advence de Metz, Hatton de Verdun, Francon de Liège, Ratold de Strasbourg, Isaac de