Voir DiJMMLER, t. II, p
284 LE RKGNE DE LOTIIAIRE II (8r)r)-8tuj).
(le Rotliade. Mais Lothaire sortait de la lutte plus maltraité, plus meurtri que les autres. A i[uoi avaient abouti liuit auuées de persévérants efforts et d'intriyues ? 11 se trouvait moins avancé en 8G5 i(u'en 857, plus éloigné ilu but qu'il visait et qu'à un moment donné il avait cru toucher. Waldrade était séparée de lui, emmenée à Rome; la reverrait-il jamais? Il devait abandonner l'espoir de léguer son royaume ji Hugues, le bâtard, l'enfant atlultérin ; la tache que celui-ci avait reçue à sa naissance n'avait pas disparu, et il était h craindre qu'elle ne subsistât toujours. Thcutberge, la lemme stérile, avait repris possession du trône et de la couche d'où Lothaire avait essayé de la chasser. Mais ce n'était pas tout. Le prestige et l'autorité du jeune roi avaient subi un amoindrissement sensible. Ses violences à l'égard de Theutberge, ses calomnies, ses mensonges, avaient donné une triste idée de son caractère et de son sens moral. Ses oncles s'étaient ingérés dans ses affaires, l'avaient réprimandé, lui avaient même infligé des affronts publics qu'il avait acceptés. Le pape avait déposé deux de ses métropolitains, et l'avait menacé de l'excommunication. Finalement, Lothaire avait capitulé, et il en était passé par les exigences du Souverain Pontife. Sans compter que, pour obtenir l'appui de sesévéques et de ses grands dans l'affaire du divorce, il avait probablement fait des concessions, des sacrifices préjudiciables à l'autorité royale. Si en 865 Lothaire avait conservé sa couronne, il avait certainement perdu l'estime et la considération soit à l'étranger, soit dans ses propres Etats, il n'était plus de ceux que l'on respecte et avec qui les autres sont tenus de compter. Par ses maladresses, par son manque de dignité et de fermeté, le jeune roi s'était réduit à l'état de quantité négligeable, et rendu l'objet du mépris général. Tel était le bilan des huit annnées qui s'étaient écoulées entre les premières tentatives contre Theutberge et la réintégration de celle-ci dans ses droits de femme et de souveraine.