GUNTHER RECOUVRE LA FAVEUR DE LOTIIAIRE (8G
au frère de Gunther, Hilduin', dont il avait voulu faire, sans succès, un évoque de Cambrai. Il y avait renoncé, et ce siège allait, dans le courant de 866, être pourvu d'un pasteur régulièrement élu, qui reçut des mains d'Hincmar la consécration^* L'archevêché de Cologne dédommageait Hilduin de l'évêché de Cambrai qu'il perdait. D'après un bruit rapporté par Hincmar dans ses Annales, c'est à la demande de l'empereur, son frère, que Lothaire aurait pris cette résolution 3. Nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer sur le bien-fondé de cette allégation.
Hilduin d'ailleurs n'était qu'un homme de paille ; l'autorité réelle dans le diocèse ainsi que l'administration étaient entre les mains de Gunther lui-même, qui s'abstenait pourtant de remplir le ministère épiscopal4. Nous avons parlé plus haut des efforts faits par lui pour obtenir sa réintégration et celle de Theutgaud : très probablement l'empereur était intervenu en personne ; les évêques du concile de Pavie avaient écrit au pape en sa faveur ; Gunther avait sollicité aussi l'appui de ses collègues de France et de Germanie et même de son vieil ennemi, l'archevêque de Reims. Ses démarches personnelles et celles de ses protecteurs n'eurent aucun résultat, comme le prouve la lettre du pape à Louis le Germanique et à Charles le Chauve, ordonnant l'élection d'un nouvel archevêque à Cologne. Le siège continua de demeurer vacant, et l'on peut avec quelque vraisemblance attribuer ce résultat à l'influence du prélat déposé. Il avait remporté là un premier succès; la donation de l'archevêché à Hilduin en était pour lui un autre, plus grand encore, puisque, sous le couvert de son frère, Gunther pouvait reprendre le gouvernement de son ancien diocèse, où il avait d'ailleurs conservé des partisans et des amis 5.
Un témoignage de la faveur dont jouissait Gunther nous est fourni par un diplôme que rendit Lothaire le i5 janvier 866, pour confirmer certains arrangements pris par le prélat en faveur des chanoines, tant de la cathédrale de Cologne que des abbayes qui en dépendaient. Gunther avait attribué aux uns et aux autres des biens pris sur le patrimoine commun
1. Ann. Bert. 866, p. Si ; Kalckstein, Abt Hugo {F. D. G., t. XIV, p. 48), place le départ de Hugues vers la fin de 865, et Bourgeois, Huffues l'Abbé (Annales de la Faculté des lettres de Caen, i^e année, p. loo), entre la fin de 865 et le mois de juillet 866.
2. C'est Jean, dont nous avons parlé au chapitre précédent, qui occupa régulièrement le siège de Cambrai.