Ann. Sert. 867, p. 87, et J. E. 2884, col
3. Ann. Bert. 8G7, p. 87. MCui.u.vohkr, fle//. Kar., p. 5oi, fait observer avec raison ijuc la ponctuation de la phrase (pii parle du voyacje de Lothaire il Francfort est fautive tlans la plu])arl des (•dilioiis des Ann. /ifrl. ; au lieu de mettre la vinjule entre « revertentem » «•l « a Mellis civitale >i, il faut la |>lacer après ce dernier mot. C'est Louis (pii revient «le Metz, ce n'est pas Lothaire ipii |>arl de iMelz. Des diplômes siipialent la présence de Louis à Francfort le i4 juin, le 8 juillet, le 17 aoit (H. M. ili-2i-i!\j'i).
LOTHAIRE REVIENT A LOUIS LE GERMANIQUE (867). 3oT
son royaume, ainsi que son fils Hugues, à qui il donnait le duché d'Alsace. Voilà tout ce que nous apprend Hincmar sur l'arrangement des deux rois '. Il devait pourtant y avoir d'autres articles dans le traité qu'ils conclurent, car la protection du royaume de Lothaire, pendant le voyage de ce prince à Rome, ne constituait pas pour Louis un avantage capable de lui faire prendre les intérêts de son neveu. On remarquera que Lothaire investissait son fils du duché d'Alsace, qu'il était censé avoir cédé en 860 à Louis le Germanique pour gagner son appui ^. En réalité, il était resté maître de cette province, comme le prouvent difTérents faits que nous avons relevés précédemment. Par la convention de Francfort, Lothaire faisait-il de Hugues un vassal de Louis le Germanique, qui devenait ou devait être à la mort de son neveu le souverain de l'Alsace ? Nous ne pouvons l'affirmer ; en tous cas, il n'est pas douteux que Louis le Germanique reçut quelque chose à ce moment, ne fût-ce qu'une promesse 3.
Renouvela-t-il a Lothaire le conseil d'obéir au pape ? Peut-être, mais il dut, en revanche, s'engager à rendre bon témoignage à ce dernier de la conduite de son neveu. 11 est vraisemblable en efïet qu'il faut rattacher à l'entrevue de Francfort toute une série de lettres écrites, soit par Louis et Lothaire, soit par leurs évêques, destinées à faire croire à Nicolas que Lothaire se conformait à ses ordres, et à obtenir de lui qu'il pardonnât aux deux métropolitains déposés. Il se peut que ces lettres n'aient pas été rédigées à Francfort même, mais il y a eu entente, accord entre les rois et leurs prélats sur ce qu'il convenait d'annoncer ou de demander au Souverain Pontife +.
Lothaire s'exprime, comme d'habitude, en termes vagues. Il proteste naturellement de sa soumission au pape, il a l'intention d'aller à Rome pour y confondre ses accusateurs ; il se plaint de la faveur que Nicolas témoigne à ces derniers. Lothaire doit réunir au mois de juillet un
2. D'après Calmet, t. I, col. 726, Louis le Germanirpie aurait rendu à son neveu l'Alsace, que celui-ci lui avait cédée en 860.
3. NooRDEN, Hinkniav, p. 228, suppose que Lothaire avait fjaqné son oncle en lui promettant son héritage.
4. Hefele, Conciliengeschichte, t. IV, p. 3o4, place au printemps de 867 la rédaction des lettres de Lothaire et d'Advence, ainsi que le départ de Grimland pour Rome. D'après MChlbaciier, Reg. Kar., pp. 5oo-5oi, Lothaire et l'évèque de Metz auraient écrit à Nicolas, et Grimland se serait mis en route avant l'entrevue de Francfort. Mais c'est invraisemblable : Grimland n'était de retour qu'en mai 868 ; c'est le 25 de ce mois qu'il remit à Charles le Chauve les lettres d'Adrien (^Ann. Bert. 868, p. 91). Il n'avait du arriver à Rome que peu de temps avant la mort de Nicolas, car aucune source ne mentionne deux voyages consécutifs du chancelier de Lothaire II. Dummler, t. II, p. 161, croit la lettre de Lothaire à Nicolas écrite entre la deuxième entrevue du jeune roi avec Charles le Chauve et celle qu'il eut à Francfort avec Louis le Germanique ; la lettre d'Advence (p. iCS) se placerait après cette dernière. Dijmmler et Mijhlbacher admettent d'ailleurs que Louis le Germani([ue n'intervint, soit de sa personne, soit par ses évêques, en faveur de son neveu, qu'après s'être réconcilié avec lui.
Nous avons vu précédemment et réfuté l'opinion de ces deux auteurs, (jui placent alors a lettre écrite par les évêques lorrains à leurs collègues français.
302 LK UKd.NK I)K I.OTIIAIUK II (SSn-SOy).
concile; à ce inoiiieut il eiivciTu ;i Rome des ambassadeurs (jiii le justifieront. Il prie Nicolas, ([uand celui-ci aura une communication à lui faire, île lui adresser directement ses légats ou ses lettres, et de ne pas le metti'e, lui et son royaume, dans une situation suhordounée vis-îi-vis d'un autre souverain : Lothaire ne pourrait [)as supporter ce traitement, et il en résulterait un scandale. Le roi déclare enfin mensongère la nouvelle qu'il ait eu, depuis le départ d'.Vrsfeue, une entrevue avec Waldrade, et entretenu, depuis qu'elle est revenue d'Italie, le moindre rapport avec elle. La lettre devait être remise au pape par le chancelier Grimland, (pii lui confirmerait de vive voix les sentiments d'obéissance de son maître aux volontés de Nicolas'.
Lothaire se défendait de tout commerce avec Waldrade, mais il se gardait de répondre aux reproches que lui avait adressés le pape relativement à sa conduite vis-à-vis de Theutberge ; il n'est pas question de cette princesse dans la lettre de Lothaire. Malgré son habitude du mensonge, ce prince n'osait peut-être pas affirmer qu'il avait traité sa femme comme il avait promis au légat de le faire. Ce qu'il disait de Waldrade était-il conforme à la vérité ? Nous ne pouvons pas nous prononcer. Il y a dans la lettre du jeune roi un passage qui mérite d'être relevé, parce qu'il contient des observations très justes, et que le ton en est ferme et digne ; nous voulons parler de celui où Lothaire demande au pape de ne pas prendre d'intermédiaire quand il s'adresse à lui^. Nous ignorons si l'ambassade qu'il annonçait fut envoyée h Rome. Quant à son propre voyage, dont il avait parlé à Louis le (jrermanic{ue comme d'une chose imminente, auquel il faisait une allusion plus vague dans sa lettre à Nicolas, il n'eut pas lieu : une expédition contre les Normands le retint dans ses Etats î.
Le pape avait écrit aux évêques de Lothaire, en même temps C[u'à ce prince, les invitant a lui adresser un rapport sur la conduite de leur maître à l'égard de Theutberge 4. Des réponses que reçut Nicolas, nous ne possédons que celle d'Advence. Peut-être le prélat s'était-il entendu, pour l'écrire, avec Lothaire, tant elle est favorable à ce dernier. L'évêque de Metz commence par s'excuser de n'avoir pas répondu plus tôt : la goutte, puis, au mois de juillet, une expédition contre les Normands l'ont empêché de remplir ce devoir. Il félicite le Souverain Pontife d'avoir excommunié Waldrade. Lothaire n'a pas eu de relations avec elle depuis le déptirt du légat, et il a fait sommer Waldrade de se soumettre b la sentence du pape. Il traite Theutberge en reine et en épouse. Advence s'est entretenu avec le roi, et il n'a [)as remaiHjué chez lui de dispositions contraires aux ordres de Nicolas, bien loin de lîi. Chacun des évêtiues doit rendre compte pour ce (pii le concerne. Advence s'est soumis aux