‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 293 sur 764 · Haiki.mus, t. XV, ji. 67, col. I ol · texte numérisé non relu

Haiki.mus, t. XV, ji. 67, col. I ol

3. Ann. Itevl. V,{\'^, \\. 87, Ai>vi:mii hJ/ilshila ml .\icolttuin, Hako.mus, t. XV, |>. t>^. /|. .1. E. 2871, IMui.NK, t. i;XlX, 0.1. uAn.

LOTHAIRE, LOUIS ET LEURS ÉVÊQUES ÉCRIVENT AU PAPE (867). 3o3

volontés du pontife, et celui-ci ne doit concevoir à son égard aucune défiance '.

C'était un satisfecit, un certificat de bonne vie et mœurs que l'évéque accordait à son roi. Il ne faudrait pas prendre pour argent comptant les affirmations d'Advence, pas plus d'ailleurs qu'il ne conviendrait d'ajouter une foi aveugle aux allégations en sens contraire des ennemis de Lothaire. Il était vraiment difficile à Nicolas de se reconnaître dans toutes ces nouvelles, dans tous ces récits qui se contredisaient les uns les autres, et qui provenaient presque tous de gens intéressés à altérer la vérité ; ceux qui n'avaient aucun parti pris pouvaient, d'autre part, être mal renseignés par suite de leur éloignement.

De leur côté, Louis le Germanique et ses évêques avaient écrit au Souverain Pontife. Deux lettres furent adressées à Nicolas par le roi d'Allemagne ; nous ne savons si elles partirent par le même courrier, ou si elles furent envoyées l'une après l'autre ^. Dans la première, Louis entretenait le pape de l'entrevue qu'il avait eue à Metz avec son frère, et de la visite que Charles, accompagné d'un évêque allemand, avait faite à Lothaire pour lui conseiller la soumission aux ordres de Nicolas. Lothaire lui avait affirmé, d'abord par lettre, puis de vive voix, qu'il s'y conformerait en tout point'.

Ni Lothaire, ni Advence n'avaient cru devoir aborder la question des deux métropolitains déposés. Louis le Germanique et ses évêques se chargèrent de cette mission. Le roi et l'épiscopat allemand écrivirent chacun de leur côté à Nicolas pour le prier de pardonner à Guuther et a Theutgaud et de leur rendre leurs sièges ■♦. Lothaire espérait probablement que cette requête, présentée par son oncle et par les évêques allemands, aurait plus de chances d'être bien accueillie à Rome que si elle venait de lui-même. Les lettres du pape avaient eu au moins un résultat, c'est que Lothaire renonçait pour le moment a revenir sur la question du divorce. Ni lui, ni son oncle ne l'abordaient. Apaiser le mécontentement de Nicolas, lui faire croire que Lothaire tenait ses engagements à l'égard de sa femme, tel était le principal but que visaient les deux rois. Toutefois, si l'on abandonnait les projets de divorce, on reprenait la campagne en faveur de Gunther et de Theutgaud. Louis II et ses évêques n'avaient pas réussi à leur obtenir la pardon de Nicolas ; peut-être le roi de Germanie et son clergé seraient-ils plus heureux.

Mais le pape ne devait pas se laisser fléchir. Sa décision à l'égard des

1. Baronius, t. XV, pp. 64-65. Lapôtre, Hadrien II et les fausses décrétales (R. Q. H., t. XXVII, p. 388, n. 6), croit qu'Advence avait été abusé par de trompeuses apparences ou par de faux rapports. — Nous ne croyons pas nécessaire de recourir à cette hypothèse ; l'évéque de Metz n'était pas de ceux qui se font scrupule d'altérer la vérité.

2. Ces lettres, aujourd'hui perdues, ne nous sont connues que par les réponses du pape, écrites le 3o octobre 867, J. E. 288A, 2885, Migne, t. CXIX, coll. 1174-1179 et 1161-1162.

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