J. E. 2884, MiGNE, t. CXIX, col
4. Voir la réponse de Nicolas à Louis, J. E. 2885. La lettre des évêques allemands ne nous est pas parvenue, mais nous possédons la réponse du pape, J. E. 2886, Mig>e,
. CXIX, coll. 1163-1174. ♦
3o4 LE KÈG.M': DE LOTllAIKE II (855-8Gy).
anciens archevêques de Trêves et de Cologne était irrévocable, de même ([u'il avait sa conviction faite sur les manquements de Lothaire aux eu(ja(jeiiuMits qu'il avait pris. Nous possédons les réponses de Nicolas aux leltres de Louis le CJermanique et des évoques allemands, ainsi ([u'un IVajjmeiit de la lettre destinée à Lothaire. Elles nous montrent que le pape n'avait rien oublié ilu passé, et qu'il entendait ne rien modifier à ses décisions ni à ses projets : à la veille de sa mort, car les lettres que nous allons analyser ont été écrites par Nicolas quelques semaines avant sa fin, on le trouve aussi ferme, aussi inflexible qu'il l'avait jamais été. En outre, malgré les protestations de Lotiiaire, malgré les bons témoignages que rendent de lui son oncle et ses évêques, le pape conserve toute sa défiance à l'égard de ce prince.
Il répondait à Louis le Germanique, qui s'était porté garant de la docilité de son neveu aux ordres du pape, que Lothaire avait manqué à ses serments en ne traitant pas Thcutberge comme une reine, en n'envoyaiit pas Waldrade à Rome, en ne faisant pas élire d'archevêques à Trêves et à Cologne. Peut-être ne voyait-il pas Waldrade, comme il l'affirmait, mais il communiquait avec elle par l'intermédiaire de messagers, et il lui laissait prendre une grande influence. Nicolas s'opposait au voyage de Lothaire à Rome, tant qu'il ne lui aurait pas tout d'abord envoyé Waldrade'.
Pour ce qui était de Gunther et de Theutgaud, Nicolas signifiait au roi de Germanie et à ses évêques qu'il était inutile d'intercéder plus longtemps en leur faveur. Jamais ils ne seraient restaurés sur leurs sièges, alors même qu'ils témoigneraient un repentir sincère de leurs erreurs passées. Le pape reprochait à Louis le Germanique l'insistance qu'il mettait a solliciter la grâce des deux métropolitains, après n'avoir rien fait autrefois pour aider Nicolas à combattre et à empêcher le scandale qu'avaient causé Gunther et Theutgaud *. Dans sa lettre aux prélats allemands, il rappelait longuement les fautes et les crimes commis par les deux archevêques, ceux qui avaient motivé leur déposition et ceux dont ils s'étaient depuis rendus coupables?. Gunther et Theutgaud ne devant pas recouvrer leur dignité, le pape enjoignait à Lothaire de leur faire élire, suivant les règles canoniques, des successeurs pris respectivement dans les diocèses de Cologne et de Trêves, des hommes qui ne fussent des créatures ni de Waldrade ni des archevêques déposés. Nicolas se réservait il'ailleurs le droit, si les élus étaient indignes, de leur refuser \e paltia/n, c'est-k-dire, en fait, de casser ou tl'annuler les élections^.
I. J. E. 288/1, MiGNK, t. GXIX, coll. 117/,-! 179. ■A. J. E. 2885, Mkj.ne, t. C.VIX, coll. iit)i-ii02.