Ann. lievt. 867, p. yo
/(. J. E. 28(ja, Mi(iNi:, I. CXXII, coll. 1 lirxj-ialu.
LETTRES DE LOTHAIRE A ADRIEN II (867-8683, SoQ
pas à Lothaire tout espoir de réussir. Le concile annoncé prononcerait-il l'annulation du mariage du roi et de Theutberge ? Rien n'était moins certain, mais enfin une porte restait ouverte ; ce n'était plus le non catégorique et définitif opposé par Nicolas aux sollicitations du roi.
Après la mort de Nicolas, Lothaire avait écrit à Adrien IL 11 est difficile de préciser l'époque a laquelle partit cette lettre : elle ne parle pas du voyage de Theutberge à Rome, ni de la lettre d'Adrien que nous venons d'analyser, et cette dernière ne contient, d'autre part, aucune réponse aux demandes et aux compliments du roi. Cela donnerait à supposer que la lettre de Lothaire a été écrite quelque temps après le départ de Theutberge pour l'Italie, et qu'elle s'est croisée en route avec celle du Souverain Pontife ^ Après des regrets sur la mort de Nicolas, et des félicitations au nouveau pape sur son avènement, Lothaire se plaignait à Adrien que son prédécesseur eût prêté une oreille trop complaisante aux accusations des ennemis du roi. De nouveau il demandait la permission d'aller a Rome ; il protestait de sa soumission au Saint-Siège, rappelait les troubles qu'avait causés le retard apporté à la solution de son procès en divorce. Il priait enfin le pape, quand il aurait des lettres à lui adresser, de les lui faire parvenir, soit par les envoyés que lui Lothaire aurait députés à Rome, soit par un légat du Saint-Siège, soit enfin par un ambassadeur de l'empereur ; mais qu'il ne les confiât pas à d'autres, attendu que cette façon de procéder avait déjà occasionné des conflits et pouvait en provoquer d'autres à l'avenir^.
Cette lettre ne contenait rien qui ne se trouvât déjà dans les précédentes. Nous n'avons donc pas à nous y arrêter ; faisons simplement remarquer que le roi ne sollicitait pas d'Adi'ien la restauration de Gunther et de Theutgaud. Peut-être jugeait-il prudent de ne pas viser deux buts à la fois. L'annulation de son mariage avec Theutberge était pour lui la question capitale ; il y revenait avec une persévérance digne d'une meilleure cause dès qu'il croyait avoir quelques chances de la résoudre au gré de ses désirs. Il serait temps, s'il gagnait son procès, de réclamer la grâce des métropolitains. Nous verrons tout à l'heure qu'il allait obtenir d'Adrien satisfaction sur plus d'un point.
Il dut, presque aussitôt après l'envoi de sa première lettre, écrire une seconde fois au Souverain Pontife et réclamer sa protection. Les craintes
1. Hefele, op. laïuL, t. IV, p. 3og, n. 2, croit que la lettre de Lothaire a dû partir avant le départ de Theutberfje pour Rome. Dûmmler, t. II, p. 227, n. 2, rejette cette ma nière de voir, parce que, dil-il, quand Lothaire a écrit cette lettre, il savait certainement qu'Adrien avait succédé à Nicolas. L'observation est juste, mais elle s'applique tout aussi bien au voyage de Theutberge ; du vivant de Nicolas, le roi n'aurait jamais tenté semblable démarche, car il savait bien qu'elle n'avait aucune cliance d'aboutir. INIûhi.bacher, qui place, Reg. Kar., p. 002, en 867 la lettre d'Adrien au jeune roi, reporte celle de Lothaire en 8G8, après l'absolution de Waldrade prononcée en février par le pape. Dans cette hypothèse, ce dernier aurait eu la missive pontificale au moment où il écrivait luimême : comment alors n'y fait-il aucune allusion ? La lettre de Lothaire est vraisemblablement ou de décembre 867, ou de janvier 868.