B. M. 1282, M.vNsi, t. XV, coll
3lO LE RÈ(J.NE DE LOTIIAJRE II (SDS-SOij).
<jue lui inspiraient ses deux oncles avaient j)rov()(iué cette démarche; on se rappelle qu'il en avait fait une analogue en 805 auprfes de Nicolas, à la suite de l'entrevue ii Tusey de Louis et de Charles, et de l'avertissenient que ceux-ci lui avaient adressé. Si Adrien II songeait à réuuii' un concile pour terminer l'aHaire des mariages de Lothaire, la même idée était venue à (Charles le (<hauve', qui l'avait fait accepter par Louis le (îerrnani(pie. Les deux souverains avaient décidé t[ue (|uel([ues évè([ues français, auxquels devaient se joindre peut-être des prélats allemands, se réuniraient h Auxerre le i" février 8G8, pour y traiter de certaines questions concernant Lothaire*. Evidemment, le concile aurait surtout à s'occuper de Theutberge, de Waldrade et de la conduite du jeune roi à l'égard de ces deux femmes. Dans quel but Charles le Chauve voulait-il s'emparer de cette affaire ? Savait-il déjà qu'Adrien avait l'intention de la soumettre à un concile général, et cherchait-il à le prévenir, à rendre inutile la convocation que le pape méditait ? Comment, d'autre part, Louis le Germanique, redevenu l'allié de son neveu, avait-il approuvé le projet de son frère ? Sur ces différentes questions, les Annales Bertiniani ne nous donnent aucune lumière. Disons tout de suite que le synode d'Auxerre n'eut pas lieu. Mais Lothaire eut probablement connaissance des intentions de Charles et du consentement de Louis le Germanique. Saisi tle crainte à cette nouvelle, il l'apprit à son frère ainsi qu'au pape, et invoqua leur assistance. On ne peut s'expliquer que de cette façon les lettres écrites par Adrien aux rois de France et d'Allemagne pour leur interdire toute agression contre l'empereur et son frère. Pas plus que Nicolas, trois ans auparavant, Adrien n'avait refusé son intervention 3.
Si, en prenant la défense de Louis II et de Lothaire contre les attaques éventuelles de leurs oncles, il n'avait fait que se conformer à la conduite tenue, en pareille circonstance, par son prédécesseur, il allait d'autre part se montrer sur plusieurs points beaucoup plus conciliant que Nicolas, prendre le contre-pied de ses décisions et même casser une des sentences qu'il avait prononcées*. Louis II avait sur Adrien une autorité tfu'il n'avait jamais possédée sur Nicolas. L'intervention de l'empereur auprès de ce dernier Pontife en faveur de Lothaire avait été peu efficace ; Louis avait garanti son frère de l'excommunication, mais il n'avait rien pu ni
1. D'après SoiiiiŒns, op. laud., p. 3o3, l'idée du concile venait d'Hincuiar, qui s'était réconcilie avec son roi.