Ann. Bert. 8O7, p. yo
3. Voir la lettre d'Adrien à Louis le Gennanitiuc du la février 808, J. E. aSyS (Mig.ne, t. CXXII, coll. 1263-1265). Le pa[)e ne dit pas que Lothaire ni son frère l'aient prié d'intervenir, mais la chose est vraisenihlable. Nous n'avons plus la lettre analoyue qu'avait reçue Charles le Chauve; Hincmar, Ann. lierl. 868, p. yi, la mentionne brièvement.
4. NooHut.v, Hinkntdv, p. 23y, estime (juc si Adrien se niontrait plus conciliant que son prédécesseur dans l'aiVairc du divorce, il n'en était pas moins décidé à ne rien céder quant au fond. Lai'othk, op. cit., pp. 3y2-/(Oi, croit .Vdrien animé d'intentions conciliantes, mais yèn(! par les partisans de Nicolas et empêché par eux d'aller aussi loin tpi'il le désirait dans la voie d'iui accoimnodemenl. l'our Hauck, Aï*', l)., t. II, p. 5i5, la coiuluite d'Adrien 11 dans ses rapports avec Lothaire man(iue de fermeté, el si le roi n'était pas morl , le pape en sérail \ciim aux dernii-res concessions.
ABSOLUTION DE WALDRADE PAR ADRIEN (868). 3x1
pour les archevêques déposés ni pour Waldrade. Il allait être plus heureux en ce qui concernait cette dernière. A sa demande, et sur l'avis qu'il donna au pape du repentir que témoignait Waldrade, Adrien releva celle-ci de l'excommunication qu'avait fulminée contre elle Nicolas. Une condition pourtant était mise à la grâce de Waldrade, c'est qu'elle renonçât à tout commerce avec Lothaire'. Enfin Adrien, répondant à la première lettre du roi, l'autorisait à venir à Rome, qu'il eût commis ou non les crimes qu'on lui imputait ; s'il était innocent, le pape lui donnerait sa bénédiction; s'il était coupable, Adrien lui infligerait une pénitence*. Tout cela constituait pour Louis II, à l'influence de qui étaient dues ces concessions, et pour Lothaire lui-même un très grand succès. Le but n'était pas encore atteint, il s'en fallait, mais on avait diminué la distance qui en séparait, et l'on pouvait sans trop de présomption espérer que l'on franchirait ce qui restait à parcourir. Adrien donnait en outre a Lothaire satisfaction sur un autre point : il lui adressait directement ses lettres, au lieu de les faire passer par l'intermédiaire de Charles le Chauve. La réclamation qu'avait adressée Lothaire à Nic;ilas, puis à son successeur, était très légitime, et on ne peut que louer Adrien d'y avoir fait droit. Même le courrier destiné à Charles le Chauve passa par le canal de Lothaire.
Ce furent Grimland, chancelier de Lothaire, et l'évêque de Metz Advence qui allèrent remettre au roi de France la correspondance pontificale destinée ace prince et aux prélats de son royaume'. Grimland arrivait de Rome, où l'avait envoyé son maître dans le courant de 867, quelque temps avant la mort de Nicolas I"+, et c'ét^iit évidemment à lui qu'Adrien avait confié les lettres destinées aux souverains et aux évêques de la Lorraine et de la France occidentale. Advence avait-il accompagné Grimland à Rome, ou avait-il fait plus tard le voyage, chargé d'une
1. Voir Adriani Epis!ola ad Waldrodam, J. E. 2897, Migne , t. GXXII , coll. i265- 1266. Le pape notifia la levée de l'aiiathème aux évêques de Germanie, J. E. 2898 (Migne, t. CXXII, col. 1266), de France et de Lorraine (J. E. 2899 et 2900, mentionnées par les Ann. Bevt. 868, p. 91). La lettre à l'épiscopat allemand porte la date du 12 février; celle que reçut Waldrade a probablement été écrite le même jour.
D'après Hefele, op. cit., t. IV, p. 3ii, n. 1, si l'empereur tenait, pour l'honneur de son frère, à ce que l'anathème dont avait été frappée Waldrade lut rapporté, par contre, il ne pouvait désirer qu'elle épousât Lothaire, à qui elle avait donné des enfants, tandis que si Lothaire conservait pour femme la stérile Theutberge, son royaume reviendrait un jour à l'empereur. Nous croyons faux ce raisonnement ; Louis II, qui n'avait point de fils et qui avait probablsment perdu l'espoir que sa femme lui en donnât, qui d'ailleurs avait dix ou quinze ans de plus que son frère, ne songeait sans doute pas à hériter de ce dernier. Il devait bien plutôt désirer que Lothaire eût un fils capable de lui succéder et de réunir un jour sous sa domination tous les Etats qu'avait gouvernés Lothaire I""".
2. J. E. 2901. Nous ne connaissons cette lettre, aujourd'hui perdue, que par une brève analyse qu'en donne Réginon, Chronicon 868, p. 96.