‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 300 sur 764 · Ann. Bert. 868, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 868, p

4. Voir c:-dessus, p. Soi, n. 4. et p. 3o2. Grimland s'étant mis en route du vivant de Nicolas, et n'étant rentré en Francia que dans la seconde quinzaine de mai, son absence aurait duré plus de six mois. Était-il réellement demeuré à Rome pendant ce long espace de temps, ou n'y serait-il pas plutôt retourné une seconde fois au début de l'année 868? Les documents, nous devons le reconnaître, ne nous apprennent rien à cet égard.

3l2 LE RÈGNE DE LOTIlAmK II (8ô5-8()(j).

mission pour Adrien II? Il est permis d'en douter, si l'on se rappelle que l'iiunée précédente, écrivant à Nicolas, le prélat se plaiçjnait (jne la goutte l'empècliàt de se rendre aupr('*s du Pontife : vu les infirmités d'Advence, Lotliaire ne pouvait l'avoir ohligé à partir pour l'Italie, surtout au cœur de l'hiver'.

C'est à Saint-Denis, le 25 mai, que Charles le Chauve reçut les lettres qui étaient adressées soit à lui, soit aux évècjues de son royaume ^. Si le l'ait ([u'elles lui parvenaient par l'intermédiaire de son neveu constituait déjà une nouveauté désagréable pour lui, la mansuétude d'Adrien à l'égard de Waldrade et de Lothaire devait remplir de dépit le roi de France et Hincmar. Les lettres du pape destinées à Charles n'étaient pas de nature à calmer son mécontentement, le pape lui interdisait, nous ne savons malheureusement pas en quels termes, de s'attaquer aux Etats de l'empereur et de son frère > ; on se rappelle que Lothaire, inquiet sur les intentions de ses oncles à son égard, avait sollicité Adrien d'intervenir en sa faveur.

En fait, le nouveau pape s'écartait de la ligne de conduite qu'avait suivie son prédécesseur, et pourtant il déclarait hautement qu'il n'entendait pas défaire l'œuvre de Nicolas. Ainsi, dans une lettre a Hincmar, qui fut apportée par Actard, évèque de Nantes, il louait l'archevêque de Reims et son souverain de l'aide qu'ils avaient donnée à ses devanciers dans faffaire du divorce de Lothaire ; il annonçait en outre qu'il- ferait respecter les décisions qu'avaient prises Benoît et Nicolas. Hincmar était invité à déployer toujours le même zèle et à ne pas laisser refroidir celui de son maître +. D'autre part, Adrien écrivait a Adon, archevêque de

1. MûHLBACHER, Reff. Kdj'., p. 5o3, et D. G. K., p. 532, croit ([u'Advence est allé à Rome et il rapporte à ce voyatje le regeste d'une lettre écrite à l'évèque de Metz par Hincmar (Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 28, éd. Lejeune, t. II, p. 278). En réalité ce regeste, nous l'avons montré plus haut, est celui d'une lettre écrite en février 860, et que l'archevêque de Reims nous a conservée dans le De divortio Hlotharii, interr. III* (MiGNE, t. CXXV, coll. r)47-648). Dûmmler, t. II, p. 229, admet également la réalité du voyage d'Advence à Rome ; n. 3, il reproduit ce qu'avance Mûhlbac.her relativement au regeste, mais sans donner son opinion.

2. Ann. Bert. 8G8, p. 91. Le second jour des Rogations, donné par ces Annales, tombe le mardi 25 mai, et non le vendredi 4 jn'Hi comme l'indique à tort en marge l'édition in usiim scholariuii. Muhlbacher, Reg. Kar., p. 5o3, a rétabli la date exacte.

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