Réginon, (chronicon 8Cg, p
.'). Hkfelk, CG., t. IV, p. 3i3, DuMMLKK, t. II, p. 289, u. 2, et ScnvLz, Die (^hronih' th-x Hi'Ajinu, [). 18, admettent (pic Réginon s'est trompé en attribuant au roi la prouiesse de reuo.iccr il Waldrade.
ENTREVUE DE LOTHAIRE ET d'aDRIEN AU MONT-CASSIN (869). 3ïQ
de Reggio, le dit en termes formels, mais l'authenticité en est douteuse'. Peut-être la mort si prompte de Lothaire et de la plupart des grands qui l'accompagnaient a-t-elle donné naissance a cette façon de présenter les choses. D'après le même Réginon, Adrien aurait dit, en s'adressant à chacun des grands : « Si tu n'as pas favorisé l'adultère de Lothaire, si tu n'as entretenu aucune relation avec Waldrade, non plus qu'avec les autres personnes excommuniées par Nicolas, que le corps et le sang de N. S. J.-C. te profitent pour la vie éternelle^. » Gunther reçut la communion, mêlé aux laïcs ; Adrien, avant de lui donner l'hostie consacrée, se fit remettre la déclaration écrite que nous avons analysée, la lut à haute voix et lui dit : « Je te donne la communion laïque à condition que, tant que tu vivras, tu resteras fidèle à l'engagement que tu viens de prendre'. »
Avoir obtenu la communion des mains du pape, c'était assurément un résultat, mais enfin Lothaire ne pouvait s'en contenter. Il a dû demander à Adrien l'annulation de son mariage avec Theutberge et la permision d'épouser Waldrade ; vraisemblablement, il a sollicité aussi la restauration de Gunther. Theutgaud, nous l'avons déjà dit, n'était certainement plus en vie ; sans cela, il aurait assisté aux conférences du Mont- Cassin. Si l'on ne peut douter que les deux questions qui intéressaient Lothaire n'aient été discutées pendant cette entrevue , il est tout aussi certain qu'aucune solution ne leur a été donnée, malgré les instances du roi et l'intervention de sa belle-sœur. Quel que fût son désir d'être agréable à l'empereur, Adrien ne pouvait pas, de sa propre autorité, casser en des matières aussi graves les décisions de son prédécesseur. Il y avait à Rome, et en général dans l'Eglise d'Occident, un parti qui se posait en défenseur de la politique et des actes de Nicolas I". Les mesures de clémence qu'avait prises Adrien avaient inquiété et mécontenté ce parti ; s'il allait plus loin dans la voie où il s'était engagé, il l'isquait de provoquer contre lui une opposition dangereuse. Le pape avait précédemment annoncé à Lothaire qu'il avait l'intention de réunir un concile, auquel il soumettrait toutes les questions que le roi désirait voir résoudre : il est probable qu'au Mont-Cassin il renouvela sa promesse.
Du moment qu'Adrien entendait ne pas aller plus loin dans la voie des concessions, il n'y avait aucune raison de prolonger davantage l'entrevue. Engelberge retourna donc auprès de son mari, et le pape reprit le chemin de Rome, suivi à quelque distance par Lothaire4. Celui-ci ne se résignait pas facilement, on peut le croire, au nouveau délai que le Souverain Pontife voulait lui imposer. Peut-être son intention était-elle de chercher, par ses supplications, à vaincre les scrupules et les hésita-
1. J. E. 3o20. C'est Pflugk-Harttung, Acta pontificiwiromanorum ineclita, t. II, p. 36, qui déclare suspect le frarjment que nous possédoas de cette lettre. .Iaffé-Ewald la considère comme authentique. Lapôtre, L'Europe et le Sainl-Siège à l'époque caroUnijienne, p. 223 et n. 2, estime que la communion de Lothaire a vraiment le caractère d'un jugement de Dieu, et il s'appuie justement sur J. E. 3o25.