LOTHAIRE A ROME. SA MORT A PLAISANCE
(le Charles le Chauve, quelques-uns de ceux de Lothaire prendraient part au concile comme représentants de leurs collègues, qui s'engageraient à ratifier les décisions de cette assemblée ^ Il est vraisemblable que le même concile aurait à examiner s'il convenait de réintégrer Gunther dans son ancienne dignité, ou de lui faire nommer un successeur. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'Adrien avait promis à l'archevêque déposé d'étudier son affaire^.
Lothaire ne tenait pas encore la solution désirée, et il est impossible de dire quelle aurait été à son égard la sentence du futur concile. Les évêques fran(;ais auraient naturellement fait tous leurs efforts pour que les décisions de Nicolas fussent maintenues ; les prélats de Lothaire et de Louis II se seraient sans doute prononcés en sens contraire ; mais de quel côté ceux de Louis le Germanique se seraient-ils rangés ? Quel parti le pape lui-même aurait-il pris ? Lothaire avait bon espoir, paraît-il, car il quitta Rome plein de joie "'.
Le jeune roi se proposait de regagner ses Etats par la route habituçlle, celle du Grand-Saint-Bernard, car il avait donné rendez-vous à Saint- Maurice, à l'archevêque de Vienne, Adon4. Mais, arrivé à Lucques, il fut pris de la fièvre ainsi que la plupart des gens de sa suite. Beaucoup d'entre ceux-ci moururent, pourtant Lothaire n'en continua pas moins sa route jusqu'à Plaisance, où il arriva le 6 août. Le lendemain dimanche, le mal s'aggrava, et vers la neuvième heure du jour, le roi perdit subitement la connaissance et la parole. Enfin, le 8, il expira à la deuxième heure 5.
mar, le concile où Formose exprima son opinion sur la conduite qu'il fallait tenir à l'éfjard de Gunther et de son souverain. Schrœrs, nous l'avons dit, s'est rangé à l'avis du père Lapôtre, tandis que Jaffé-Ewald, Reg. pont, rom., p. 871, Mûhlbacher, Re(j. Kar., pp. 5o5-5o6, et D. G. K., p. 462, ainsi que Dûmmler, t. II, p. 288, n. i, le rejettent, pour suivre l'opinion de Maassen, sans essayer d'ailleurs de réfuter les arguments de Lapôtrk. Jaffé-Ewald, pourtant, admet que ce n'est pas dans un concile tenu au Mont-Cassin qu'a parlé le pape. — Rocquain, La Papauté au moyen à<je, t. I, p. 47» n. 2, puis Schrœrs, op. cit., p. 344, n. i5o, ont prouvé que la deuxième partie du discours, qui contient des citations empruntées aux fausses décrétales, avait été ajoutée après coup. Leur opinion est acceptée par Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 5o6.
1. Ann. Bert. 869, p. 100. Lapôtre, article cité, pp. SgS-Sgô, est convaincu que le pape avait la ferme intention de réunir un concile ; on en trouve la preuve dans la lettre écrite par Adrien à Louis le Germanitjue le 27 juin 870 (J. E. 2980, Migne, t. CXXII, coli3o4). Hauck, kg. D., t. II, p. 5i5, n. i, croit que le pape était décidé à faire de grandes concessions ; la mort de Lothaire arriva à point pour les lui épargner.
2. Gunther le rappelle au pape lorsqu'il lui écrit en faveur de Willibert (Floss, Papstwahl unter den Ottonen, Urkunden, p. 69), et Adrien confirme le témoignage de l'archevêque déposé dans une lettre du 27 juin 870 adressée à Louis le Germanique (J. E. 2980, MiGNE, t. CXXII, col. i8o4).
8. Ann. Bert. 869, p. 100. Adon, Chronicon (SS., t. II, p. 828), parle des espérances trompeuses de "Lothaire.