‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 317 sur 764 · RORIC EXPULSÉ DE LA FRISE · texte numérisé non relu

RORIC EXPULSÉ DE LA FRISE

cidre '. Permit-il en outre à Rodolphe de s'installer en Frise avec son oncle Roric? En 872, on trouve Rodolphe dans ce pays, mais on ne peut pas en conclure qu'il s'y était fixé dès 8G4.

Ni Rodolphe d'ailleurs, dont il n'est plus fait mention pendant huit ans, ni Roric n'empêchèrent quelques mois plus tard une flotte normande, qui avait dévasté la Flandre, de remonter le Rhin et de ravager les deux rives du fleuve, les territoires dépendant de Louis le Germanique comme ceux qui étaient soumis à Lothaire. L'événement doit se placer en mai ou en juin ^. Y eut-il une résistance organisée ? Ratold, écrivant à Nicolas I" pour lui annoncer qu'il se soumet à ses décisions, donne comme excuses du retard qu'il a mis k faire partir son messager, les expéditions pour le service du roi et les attaques des païens 3. Lothaire dans sa lettre au pape, qui est à peu près de la même époque, dit qu'il a appris la déposition de Gunther et de Theutgaud au moment où il se trouvait à l'extrémité de son royaume, occupé k monter la garde contre les païens 4. Dans les Normands dont parlent l'évêque de Strasbourg et son roi, faut-il voir Rodolphe et sa troupe, ou les pirates qui un peu plus tard pillèrent les régions qui avoisinent le Rhin ? Lothaire doit parler plutôt de Rodolphe, attendu que les nouvelles d'Italie lui sont parvenues non en mai ni en juin, mais en janvier ou février 864 ; c'est, ne l'oublions pas, k la fin d'octoJjre 863 que les archevêques de Cologne et de Trêves avaient été condamnés par Nicolas. On peut également supposer que les païens auxquels fait allusion Ratold ne sont autres que les pirates de Rodolphe,

En juillet 866, des Normands, venus par mer du royaume de Charles le Chauve, qui avait acheté leur départ, arrivèrent dans le royaume de Lothaire et s'installèrent dans le pagus de l'Ijssel. Le roi ne les inquiéta pas, leur laissa faire tout ce qu'ils voulurent, sans pourtant s'allier ouvertement avec eux î. Roric était toujours en Frise. S'il n'avait peut-être pas appelé ses anciens compatinotes, il s'était montré tout au moins impuissant k les repousser. Peut-être, d'autre part, pressurait-il le pays dont il avait le gouvernement. Rref, les Frisons se lassèrent de lui, et en 867 une partie d'entre eux, qu'Hincmar qualifie de Cokmgi^, se souleva contre Roric et l'expulsa. Lothaire craignit que le Normand n'allât chercher une armée de secours en Danemark, pour reprendre possession de la Frise ; en conséquence, il leva dans tous ses Etats une armée

1. Ann. Bert. 8O4, p. O7. C'est, très probablement à ces négociations avec Rodolphe que fait allusion Lolliaire clans sa lettre au pape de 864 (R- ^^I- 12G0, Mansi, t. XV, col. 384).

2. Ann. Bert. 864, p. 72. Hixcmar relate cet événement immédiatement avant le plaiil tenu à Pitres en juin par (Charles le Chauve.

Page 1