Mansi, t. XV, col
5. Ann. Bert. 866, p. 82 ; Ann. Xant. 866, SS., t. II, p. 281. Dummler, t. II, p. i45, croit que le pagus Jtalise est le pagus de l'Ijssel.
6. D'après Dahlmann, G. v. D., t. I, p. 5o, n. 3, et Dummler, t. II, p. i63, n. 5, par ce terme il faut entendre les habitants du pagus Kinnem.
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destinée à le combattre, s'il revenait '. Les Annales ne nous disent pas ce qui se passa ensuite. Mais il est certain (pie Roric rentra en Frise, puiscpi'au début de 870 nous l'y trouvons réinstallé ; il eut à Niinègue une entrevue avec Charles le Chauve, qui lit alliance avec lui ^. Quand nous aurons dit que dans le courant de. 808 la malheureuse Frise eut encore h subir une agression des pirates, nous aurons mentionné tout ce qui se rapporte au.x inva.sions normandes sous le règne île Lothaire II 5.
Pour compléter le tableau que nous avons tracé de ce règne, il nous faudrait parler de l'administration et de la législation, mais elles ne nous sont pas connues. Nous ne possédons aucun capitulaire de Lothaire II, et nous ne sommes pas en mesure de faire ressortir ce qu'il y avait de particulier, d'original, dans les dispositions qu'il a édictées. Quant à ses rapports avec les fonctionnaires laïcs, nous supposons plutôt que nous ne savons ce qu'ils ont été. Obligé de compter avec eux dès son avènement, et monté sur le trône grâce à leur appui, il était en outre tenu de les ménager, pour ne pas se heurter à leur opposition dans l'affaire du divorce. Il a probablement acheté leur concours ou leur neutralité, soit par des donations, soit par des sacrifices d'un autre genre, qu'aura supportés l'autorité royale. On peut supposer que sous son règne les fonctionnaires n'ont jamais été dépouillés de leurs charges, ont eu toute liberté d'agir à leur guise, et qu'ils ont été pris régulièrement parmi les membres des grandes familles auxquelles étaient réservées les hautes charges. On s'explique ainsi ({u'aucun conflit ne se soit élevé entre Lothaii-e et ses grands. La disgrâce d'Hubert et celle d'Adalard n'infirment pas cette manière de voir ; l'une et l'autre ont eu des causes particulières, que nous avons fait connaître précédemment.
Nous sommes plus au courant de la conduite que tint le roi à l'égard de l'épiscopat. Nous l'avons vu, il avait besoin de ses évéques pour mener à bien l'affaire du divorce ; mais ceux-ci, d'autre part, ne pouvaient se passer de Lothaii^e, et se trouvaient vis-à-vis de lui dans une bien plus grande dépendance que les comtes. Lothaire traita plus ou moins bien les prélats de son royaume, suivant qu'ils s'étaient montrés favorables ou non à ses projets de divorce. Gunther, Advence, Hatton, par exemple, reçurent des marques de sa bienveillance •♦, tandis qu'Arnoul, évêque de
I. Ann. Berl. 8tJ7, p. 87. Aove.nci:, ilaii-. la leltre (iii'il t'orivit à Nicolas 1", en 867, parle d'une expédition eiilrt'])rise par Lolliaire contre les Normands : ceux-ci auraient élé mis en déroule. IMais s'aijit-il de Roric, ([ui aurait tenté de reprendre pied en Frise, ou d'une autre troupe de pirates? Il est sincjulier (jue les Aiuialcs ne disent rien du succès obtenu par Lotiiaire : Hi.\(.m.\r l'a-t-il volontairement passé sous sileuce, ne voulant pas racoul<i- un l'ail à l'honneur île l'amant de W'aldrade, ou est-ce l'évèque de Metz ipii a inventé l'iiistoire de toutes pièces? iMueilbaciier, Reg. Kar., p. 5oi, semble aduu-tlre la véi'acité iI'Advence.
a. Ann. Bert. 870, )>. 108. Daiu.m.v.n.n, o/j. cit., t. 1, p. :>!, estime ipie lloric s'était créé \\n domaine sur les Avyw rives de la iMeuse.
.i. .\nn. XdHt. 808, SS., t. II, p. a33.
/|. Giuitlier re(;ut la di<|uil(; d'arcliicliapelaiu (B. M. 13/18), il obtint pour son frèrt^ Hilduin l'évèclii' de Cambrai, puis radminislratinn du diocèse de (loioiine, et lui-môme, sauf peutélrc un Cdurl iiilcrvallf de (cmps, ne cessa pas d'iMre en faveur auprès de Lolliaire, ipii
LOTHAIRE ET l'ÉGLISE DE SON ROYAUME. 33 1
Toul, et son église, eurent à souffrir de l'opposition que le prélat avait faite à l'annulation du mariage de Lothaire et de Theutberge '. En outre, quelques évéchés ^ et un plus grand nombre d'abbayes se virent partiellement dépouillés de leurs biens par ce prince, non pas que celui-ci fût animé à leur égard de sentiments hostiles, mais il avait besoin de terres pour récompenser le dévouement de ses fidèles, et c'était avec celles de l'Église, vu l'appauvrissement du domaine royal ?, qu'il était obligé de faire ses largesses. Tantôt Lothaire se contentait de prendre un domaine à un évêché ou à une abbaye ■♦, tantôt il allait jusqu'à faire cadeau d'un monastère soit à un prélat, soit à un laïcs. A cet égard, il ne faisait que suivre les errements de son père. Il a même donné l'archevêché de Cologne à un clerc, qui n'était que sous-diacre, et qui par conséquent ne pouvait exercer le ministère sacerdotal. Nous ne savons si Hilduin avait reçu la prêtrise. Dans tous les cas, les tentatives faites par Lothaire pour installer son cousin Hugues à Cologne, Hilduin k Cambrai, montrent qu'il n'avait aucun souci des règles canoniques, et qu'il ne songeait, comme le lui reproche le pape Nicolas, qu'à pourvoir les sièges vacants
confirma, le i5 janvier 866, les dispositions prises par le mélropolilain déposé en faveur des chanoines des colléçjiales de Coloyac (îi. M. 1273). En 803, Advence obtint du roi la restitution à l'église de Metz des abbayes et des domaines qui lui avaient été enlevés, luimême nous l'apprend dans la charte (pi'il rendit pour Gorze (Calmkt, t. I, pr., col. 307). Succéda-t-il à Gunther dans la dignité d'archichapclain ? Le diplôme faux de Lothane pour Saint-Maximin (B. M. i283) étant le seul document qui donne ce titre à l'évèciue de Metz, nous n'osons pas nous prononcer. Nous avons parlé plus haut, p. i32, n. 4, des faveurs prodiguées à l'évècpic de Verdun par le roi, qui restitua à son église les biens dont elle avait été dépouillée et nomma le prélat abbé d'Echternach.
1. Voir ci-dessus, p. i54, n. 2. Auparavant, Lothaire avait restitué Saint-Evre à l'église de Toul (B. M. 1260).
2. Ainsi les églises de Lyon (B. M. 1286) et de Besançon (B. M. 1288) avaient perdu des domaines, que le roi avait donnés en bénéfice à des laies ; la première rentra en possession des siens, la seconde reçut d'autres terres en dédommagement.
3. A deux reprises, Lothaire se plaint de la petitesse de ses Étals, qui l'a obligé à prendre des terres d'église pour les donner à ses fidèles (B. M. i25o et 1261).
4. Nous avons vu que les églises de Lyon et de Besançon avaient malgré elles contribué aux générosités du roi ; l'abbaye de Stavelot se vit pour le même motif enlever des terres (B. M. 1261).
5. Adalard avait quatre abbayes : Saint-Vaast, Stavelot, Echternach et Saint-Maximin, Hubert Lobbes et Saint-Maurice, le comte Bivin Gorze. D'après le iJb. de s. Hild. suce, ch. 6 (SS., t. IV, p. 8j), Lothaire, mécontent que l'abbé de Moyenmoutier, Pépin, eût refusé de fournir le contingent habituel de trente hommes auquel il était astreint, aurait abandonné l'abbaye au duc de la province, le laissant libre de disposer des domaines qu'elle possédait, à condition qu'il levât et équipât les soldats dont le roi avait besoin. Le duc s'empara de i,5ii manses, et ne laissa aux moines que quelques terres pour leur subsistance. On peut se demander si le chroniqueur de Moyenmoutier n'a pas confondu ici Lothaire II avec son père, quoiqu'il sache d'ailleurs qu'il y ait eu deux souverains de ce nom. C'est celui qui a été excommunié qui a sécularisé Moyenmoutier ; Lothaire II ne l'a pas été, mais beaucoup d'annalistes l'ont cru ; c'est donc du mari de Theutberge qu'il s'agit. Toutefois, ce qui suit ne peut s'appliquer qu'au fils aîné de Louis le Pieux : « Hic . . . patruorum palieutiam continuis irritabat machinalionibus : adversus quos cum etiam crebram aciem producerel, neque congressus illius lœtos exilus haberet, praefatus abbas nimis continua exactione militum in expeditione regali compulsus, et maxime parricidalem dissensionem perosus, alam loricatorum. . . in exercitum destinare noluit. » Lothaire II n'a jamais attaqué ses oncles, et il ne paraît avoir levé que très rarement des
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<riioiuines tout h sa dévotion '. S'il avait peu d'autorité sur les grands laïcs, coiiuue le prouve le icfus (|u'ils lui opposent, (piaiid il veut les mener h l'altaipie d'un cauip uorniand, il tenait mieux dans sa main les ôvéïpies et les laisail marcher ;i sa guise. La conduite de ceux-ci pendant tout son rè()ne, leurs complaisances, la docilité dont ils firent pieuve dans l'allaire tlu divorce, nous obligent h voir dans la plupart d'entre eux des hommes sans dignité et sans indé])endance, des instruments dont le roi fait ce qu'il veut.
Tâchons maintenant de résumer les qualités et les défauts de Lothaire, et de dresser en ([uelque sorte le bilan de son règne ^. On ne peut lui contester une grande persévérance ; pendant douze ans il a visé le même but et, s'il ne l'a pas atteint, ce n'est pas faute d'efforts patients ni d'intrigues. Si réellement Theutberge était stérile, on comprend que son mari ait voulu la répudier pour épouser une autre femme, qui lui avait donné des preuves de sa fécondité. Outre la passion que lui inspirait Waldrade, l'amour paternel, le désir d'assurer son héritage à son fils, poussaient Lothaire à légitimer Hugues en épousant la mère de son enfant. C'était là un sentiment naturel, respectable même, et l'on ne saurait sans injustice reprocher à Lothaire d'y avoir obéi. Seulement, ce prince a eu recours à des moyens honteux pour arriver à ses fins. En accusant Theutberge d'un crime qu'elle n'avait pas commis, en la forçant à s'avouer coupable devant un concile, eu jouant lui-même la comédie de la tristesse, il apparaissait aux yeux les moins prévenus comme un homme dépourvu de tout sentiment moral, de toute notion de justice. Enfin ses mensonges à Nicolas n'étaient pas de nature à le relever dans l'estime de ses contemporains ni de la postérité.
Peut-être ne man([uait-il pas de courage ; eu 803, il semblait résolu à combattre les Normands retranchés dans une île du Rhin ; en 858 déjà il était allé dans le royaume de Cduirles le Chauve pour combattre les [)ii'ates d'Oissel. Mais la résolution et l'énergie lui faisaient défaut : <[u"on se rappelle son attitude au congrès de Savonnières en 862, ainsi <[ue ses revirements eu 858 et 809. Rien de plus naturel ipie son alliance
troupes conlre les Nonnaiuls. Le passade (jiie iiuus venons de Iraiiserire viserait philùl les luttes de Lothaire I'"' et de ses l'reres. La sécularisalioii de Moyeiimoulier serait donil'œuvre de l'empereur cl non celle de son second fils.
On trouve aussi des abbayes détenues par îles évèiiues, soit qu'elles dépendissent du siè(je e|)iscopal, soit ((u'eiles eussent été l'oljjel d'une concession personnelle laite à tel ou tel prélat. Ainsi, les archevèipuîs de (".oloijne étaient en même temps abbés de Sainl-Cassius de IJoiui (X. A., t. XIII, pp. i.'io et suiv.), ceux de Trêves abbés de Mellacl» (B. M. •jb'2 et 1008), les évè([ues de Toul l'étaient de Saiut-Evre (B. M. i25o), ceux de Verdmi (1,! Tlioley (Gen/d e/i/). Vivd. de Bkktaiki-:, ch. 2, SS., t. IV, p. Ao). Par contre, si Hatton eut de 8.')r) à 81')/» l'abbaye d'Echlernacb (voir ci-dessus, p. i3a, n. 4). l'i' 'i»" '"' |>oiut <-omine évô pie de Verdun ; c'est à lui personnelleineut ipi'elle avait été donnée par le ixii, (pii la lui retira eu 8 )/» |)our la concéder !\ un comte Rétfuier ((Uiliitii(/i <il>l>. Hpt., SS., l. XIII, pp. 73y et 7/,!, t. XXIII, pp. :\\ et X\ ; cf., Mli. l'il., l. II, n"^ 117 et a8).
■2. La plu|)art des chroui([ueurs anciens et des historiens niodernes oui émis sur Lothaire Il des jugements très sévères. Voir en particulier les appréciations de Wrrru r. Die Knlsie!iunij îles llertoijtliunis Lolhrin'jen, pp. y-io, et de Dc.mmi.i n, t. II. pp. j'it'-j/iy-