Voir NooRDEN, Hinkniar, p
35o LA l.OKUAl.Ni: l'VKTACÉE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (8G9-879).
ce (juc Charles [louvail se dire. Mais, iu)iis ne savons jjoiir (juels motifs, il perdit du temps. En (juittant Metz, il descendit le cours de la Moselle, s'arrêta pri^s de Thionville à Kloranges, où il prit diverses dispositions que l'annaliste ne nous fait pas connaître, puis, au lieu de poursuivre sa marche et de se mettre en possession du pays, il alla chasser dans l'Ardenne '. Il reçut à ce moment une ambassade que lui envoyait son frère, toujours malade à Ratisbonne. Louis lui rappelle les engagements qu'ils ont pris antérieurement j>our le partage du royaume de Lothaire. Charles ne doit pas prétendre s'approprier un Etat sur leijuel les deux rois possèdent les mêmes droits héréditaires, et dont il est juste qu'ils aient chacun la moitié. (Jue Charles sorte donc du pays et attende le rétablissement de Louis. Tous deux se rencontreront alors et régleront les détails du partage. — Pas un mot, on le voit, des droits de l'empereur : le roi de (jieruianie n'en tenait pas plus compte que Charles le Chauve.
Hincmar dit simplement que la réponse de ce prince aux envoyés de son frère fut convenable, sans nous en faire connaître la teneur^. On peut supposer qu'elle ne rejetait pas nettement la demande de Louis; elle était probablement conçue en termes vagues, ambigus, de manière à ne pas compromettre son auteur. Tant que Louis n'était pas rétabli, Charles n'avait rien à craindre.
Il se trouvait encore dans l'Ardenne, àDouzy, quand il apprit, le g octobre, que sa femme Ermentrude était morte le 6 a Saint-Denis 3. Nous ignorons les torts que cette princesse avait à l'égard de son mari. Toujours est-ll que celui-ci ne la regretta point, et s'empressa de lui donner une remplaçante en la personne de Richilde, qu'il n'épousa pas tout de suite, se contentant au début d'en faire sa concubine 4. L'union de Charles avec cette femme avait peut-être un motif politique : celui de consolider sa situation dans son nouveau royaume. Richilde, en effet, était Lorraine et appartenait à une grande famille du pays. Son père, le comte Bivin, avait été abbé laïc de Gorze sous le règne de Lothaire II 5 ; elle avait eu pour mère