‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 341 sur 764 · Voir ci-dessus, p. 32i · texte numérisé non relu

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4. C'était un chorévèque (jui administrait le diocèse de Trêves {Ann. Xan'. 869, SS., t. II, p. 233).

f). Ann. Xant. 870, S S., t. Il, p. 234. C'est probableme.it aussi à l'entrée de Gunther à Cologne en 86 j que s? rapporte le récit fait par les mêmes Annales à la date de 867, SS.,

t. II, p. 232.

358 LA LORXAINK PAUTAGKK F.NTKK LV FKANCK KT i/aLLKMAC.NK (8I)(j-87(j).

aucun coinptc du jii'èlat déposé. Louis déclara plus tard au pape ([u'il ignorait ses promesses à Cunther, et peut-être disait-il la vérité'. Louis et (]liarlcs résolurent donc, chacun de leur côté, de pourvoir, suivant les indications ([n'avait autrefois ilounées Nicolas, aux sièges archiépiscopaux de Cologne et de Trêves. 11 s'agissait pour l'un et pour l'autre, tout en observant les règles canoniques, de faire élire des prélats dévoués à leurs intérêts. Les succès furent partagés, quoique la maladie de Louis et son éloignement le missent dans un état marqué d'infériorité vis-a-vis de son frère, qui se trouvait en Lorraine valide et bien portant.

La situation ne se présentait pas de la même façon à Trêves et a Cologne. Nous ne savons si Charles le Chauve occupait la première de ces villes, mais les trois évêques sufFragants de Trêves avaient reconnu son autorité ; la consécration du métropolitain leur revenait de droit, Charles pouvait donc leur faire consacrer, sans avoir au préalable consulté le clergé ni le peuple de Trêves, l'iiomme ([u'il aurait désigné lui-même. 11 n'en allait pas de même à Cologne. Un seul des sufTragants du métropolitain de cette ville, Francon de Liège, s'était déclaré pour Charles. Odilbald, évêque d'LItrecht, tenait pour Louis le Germanique, comme nous allons le voir. Les évêques de Minden, de Munster et d'Osnabrûck étaient sujets de Louis, (jui se trouvait avoir dans sa main quatre sur cinq des prélats dépendant de Cologne. Nous ne savons pas quels étaient les sentiments des gens de Trêves, clercs et laïcs ; d'ailleurs Charles n'avait pas besoin de s'en occuper. A Cologne, Louis le Germanique et Charles le Chauve avaient chacun leurs partisans et Gunther en conservait encore *.

Pour le siège de Cologne, le roi de France avait fait choix d'un certain Ililduin, qui en 8GG avait quitté le service de Lothaire pour le sien. Charles lui avait donné ou plutôt vendu pour trente livres d'or l'abbaye de Saint-Bertin 3. Les Annales Xantenses font de lui un neveu de Gun-

1. B. M. i438, Floss, Pnpstumhl, Urkundcii, p. 86. A une date qu'il est impossible do fixer, le clcrf|é et le peuple de Cologne s'étaient adressés aux évêques suffragants de ce sièqe, les priant de leur venir en aide, c'est-à-dire de consacrer un nouvel archevêque. On fait allusion dans cette lettre à la condamnation irrévocable dont Nicolas avait frappé (iunther. Comme le pape n'y est pas qualilié de défunt, on pourrait croire tout d'abord qu'elle a été écrite en 8O7, au moment où les lettres ])ontilicales du 3o et du 3i octobre de cette année destinées à Louis le Germanique ainsi qu'à ses évêciues (J. E. 2880 et 288t)) arrivèrent en Allemaqne, et avant (ju'on eût reçu la nouvelle de la mort de Nicolas. Mais d'apri's les lettres du clenjé et du peuple de Cologne, ainsi que de l'épiscopat allemand au Souverain Pontife (Fr.oss, ibid., pp. 06 et (j4), c'est seulement au bout de sept ans, par suite en 870, <pie les gens de Cologne auraient adressé leur appel aux évêques ; ceux-ci le placent formellement en 870. Toutefois, cette date n'est guère admissible, l'élection et la consécration de Willibert ayant eu lieu le 7 janvier de celle même année 870; nous croirions plutôt que la lettre <lu clergi'; et du peuple de Cologne a été écrite vers la lîn de 8t)(j. Peut-être Louis le (iermaiii(pu- avait-il décidé de faire élire un successeur à Cîuniher avant que les diocésains du uK'Iropolitain déposé eussent fait leur denuinde.

2. Il en avait du moins en 865, comme nous l'avons vu, et Willibert était l'mi des adhérents (lu nii'tropolitain di'posé. Hkcuno.n, Hhroiiicim 86(), p. yy, jiarle des « faulores » de Charles le Chauve. IJ'autre part, les clercs et les laïcs ipii élurent Willibert devaient en majorité tenir pour Louis le Germani([iie.

3. An/i. liltiiid. 86:., et ^'('.v/(/ (ihh. Sit/i., eh. 6,, (SS.. I. V, p. :i/i <•! I. Mil, p. O-ji).

HILDUIN CANDIDAT DE CHAULES AU SIÈGE DE COLOGNE (i-jo). SSg

ther, mais nous n'oserions répondre de l'exactitude de cette assertion '. La chose est d'ailleurs possible, vraisemblable même. Si Hilduin était un proche parent de Gunther, on s'explique très bien que le choix du roi de France soit tombé sur lui, Hilduin devant rallier à lui les partisans de l'archevêque déposé, peut-être même obtenir l'appui de celui-ci. Régulièrement, l'élection d'Hilduin aurait dû être faite à Cologne même. Mais, vu l'existence dans cette ville d'un parti favorable à Louis le Germanique, le roi de France aima mieux faire venir à Aix-la-Chapelle, où il résidait alors, les principaux membres du clergé et de la population civile. Y eut-il un simulacre d'élection ? Nous ne sommes pas en mesure de le dire ; tout ce que nous savons, c'est que les gens de Cologne mirent leurs mains dans celles d'Hilduin et le reconnurent comme leur archevêque *. Hilduin n'avait pas encore reçu la prêtrise ; Francon la lui conféra à Aix-la-Chapelle au titre de Saint-Pierre, la cathédrale de Cologne 3. Il est probable que l'hommage des clercs et des laïcs de cette ville ne se place qu'après cette cérémonie. Restait la consécration du nouvel archevêque. Un seul des suffragants de Cologne, Francon de Liège, avait reconnu le roi de France, et, pour consacrer un métropolitain, la présence de trois évêques de la province était nécessaire. Cette difficulté n'arrêta pas Charles le Chauve. Supposant que personne à Cologne n'oserait plus faire de résistance, il décida qu'Hilduin irait se faire consacrer dans cette ville par Francon. C'est le jour de l'Epiphanie que le départ de Francon et d'Hilduin fut résolu +. Mais s'ils se mirent en route, soit le jour même, soit le lendemain, ils n'allèrent pas loin, la nouvelle leur étant parvenue que le 7, Willibert, un des principaux clercs de l'église de Cologne, avait été élu et consacré archevêque de cette ville > : cette élection était l'œuvre de Louis le Germanique.

1. Ann. Xant. 871, SS., t. II, p. 284. Cal.met, t. I, col. 784, Bertholet, Histoire de Luxe^nboiivg, t. II, p. 4i9; E.\.nen, Geschichte (1er Stadt Kœln, t. I, p. 208, t'ont d'Hilduin un IVëre de Gunlhcr, celu -là même qui avait administré le diocèse depuis 836. Mijhl- BACHER, Reg. Kar., p. 568 et D. G. K., p. 544» accepte le témoignage des Ann. Xant. DiJMMLER, t. II, p. 290 et n. I\, ne se prononce pas, Hincmar qui fait de l'évêque intrus de Cambrai un frère de Gunther, et les Ann. Xant. qui tiennent le protégé de Charles pour un neveu de l'archevêque déposé, étant deux sources également bien renseignées. (Il est faux, remarquons-le, (ju'Hincmar fasse de l'évêque de Cambrai un frère de Gunther.) Dummler ajoute ([u'on pourrait aussi identifier Hilduin, celui que Ciiarles essaya de faire monter sur le siège de Cologne, avec l'ancien chancelier de Lolhaire I®''. Cette dernière hypothèse n'offre aucune vraisemblance. Une chose est certaine, l'abbé de Saint-Bertin n'est pas le frère de Gunther, puisque le premier se rend en France au moment où Lothaire confie au second l'adminisfration du diocèse de Cologne; et vraisemblablement c'est l'abbé de Saint-Bertin dont le roi voulut faire un archevêque de Cologne.

2. RÉGixoN, Ghronicon 86g, p. 99. Le clergé et le peuple de Cologne dans leur lettre au Souverain Pontife (Floss, Popstwahl, Urkunden, p. 67), disent nettement, faisant allusion à Hilduin, cpi'il se préparait une consécration irrégulière, non précédée d'une élection. Il est vrai ([u'ils avaient intérêt à présenter les faits sous un certain jour, et que leur témoignage ne mérite pas une confiance absolue.

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