‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 345 sur 764 · RÉGINON, Chronicon 869, p · texte numérisé non relu

RÉGINON, Chronicon 869, p

6. On n'a pas la certitude que Charles le Chauve ait travaillé auprès d'Adrien, puis de Jean VIII, pour empêcher ces papes d'envoyer le palliuin à Willibert, mais la chose est vraisemblable. Nous savons qu'en 871, lors de l'entrevue de Maéstricht, les évêques aile-

362 LA LORKAINE l'AUTAC.KK ENTUK LA FRANCK ET l'aLLEMAGNE (H0(j-87(j).

It! ( !(MMi;iiil(|ii(5 poiirtauf n'avait rien (''paijjiiè pour réussir. Il ne se contenta pas, peu lie temps a[)rès la consécration de Willihert, de réclamer pour l'archevêque le /jnl/ium au Souverain Pontife, en Taisant valoir à ce dernier les inconvénients qu'il y avait pour le diocèse de Cologne, peuplé en partie de grossiers Saxons, h être privé de pasteur*. Il invoqua l'appui de Louis II et d'Engelberqe et les pria d'intercéder aujirès d'Adrien en faveur de Willihert. En même temps, il demandait à l'enqjereur son alliance, lui faisait de grandes protestations d'amitié, et le mettait en garde, ainsi (jue sa femme, contre ceux que l'orgueil gonfle et que l'ambition dévore ; c'est évidemment de Charles le Chauve qu'il parlait en ces termes 2.

D'autres lettres partaient pour Rome, écrites par les évoques qui avaient consacré Willil)ert, par le clergé et le peuple de Cologne qui l'avaient élu, enfhi par l'épiscopat allemand. Les premiers exposaient au pape ({u'k l'invitation du roi Louis ils avaient cru devoir venir en aide à l'église de (Pologne, privée de pasteur depuis sept ans. Willihert ayant été régulièrement élu par le clergé et le peuple, ils l'avaient consacré. Ils priaient Adrien de lui envoyer \e pallhirnK Le clergé et le peu[)le commençaient par rappeler au pape le chagrin que leur avaient causé les fautes et la déposition de Gunthcr, les maux qu'ils avaient souff'erts n'ayant plus de pasteur. Se voyant menacés de subir un évéque qu'ils n'avaient pas élu, et qui devait son siège à la faveur, ils s'étaient décidés à faire choix du prêtre Willihert, homme pieux et instruit, qu'avaient ensuite consacré les évèques. Il n'y avait eu aucune opposition, et Gunther lui-même avait favorisé et approuvé cette élection 4. Nous avons aussi en faveur du nouveau métropolitain une lettre des évêques allemands, qui reproduit en grande partie mot pour mot celle du clergé et du peuple de Cologne. On y trouve pourtant un passage original, relatant la désobéissance qu'avait commise Gunther en célébrant la messe et en consacrant le Saint-Chrême après sa déposition k Willihert avait de son

mands invitèrent, sans succès d'aillours, leurs collègues français à reconiia'lrc Willibert en ([ualilé d'archevêque de Coloyne. (Lettre de Cliarles le Chauve au pape Adrien, Uela- L.vNDK, Conciliovuin antiqaoruin Gnlliœ supplenienta, p. 273, col. a). A cette date, et peut-être plus tard encore, on considérait en France Willibert comme un intrus ; il est donc naturel que l'on ait cherché à maintenir le pape dans les dispositions hostiles qu'il avait manit'e tées dès l'oriqine, et cpii ne sont pas imi)utab!es alors à (Charles le Chauve. Eu 870 en effet, Adrien, ses lettres le démontrent, était eu mauvais termes avec le roi de France, tandis ([u'il semblait animé de sentiments bienveillants à l'étjard de Louis le Gei-mani([ue. Nous reviendrons du reste sur cette question.

1. B. M. ili'ài, Fhoss, Piips/tvahl, Urkunden, pp. 7^-77. Cette lettre n'est pas datée, non plus (jue les suivantes, mais elles doivent avoir été écrites [jcu de temps ajirès la consécration de Willibert, fin janvier, ou lévrier. MOiimiauhkh, /{ei/. Km:, p. 5tiy, les place avec raison avant la convention sitjnée le 6 mars à Aix-la-Chapelle.

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