C'est l'opinion d'IiiBART de la Tour, op. cit., p
G, Imbart de la Tour, pp. i83-i84, relève avec raison le contraste que présente la conduite d'Hincmar en ces deux circonstances. D'autre part, Gfrœrer, t. II, p. 22, s'est imaginé qu'Hincmar avait voulu enlever au siège de Trêves son rang de métropole et rattacher à Reims les é^-èchés de Metz, Toul, Verdun et Liège. Ce qui l'a amené à imaginer cette singulière hypothèse, c'est l'interprétation littérale qu'il donne d'une phrase de RÉGINON, CJironicon 869, p. 98 : « Actum est autem ut iste vir (Bertulfus) episcopaleni obtinerct dignitatem, etc. » Prenant au pied de la lettre ce terme episcopolem, Gfrœrer a cru que Bertulf n'était plus qu'un simple évèque. Il nous parait superflu de réfuter cette erreur, (jui tombe d'elle-même. Très fréquemment on donne à cette épocjue le titre d'évèque à un métropolitain. Nous verrons d'ailleurs par la suite Bertulf exercer à l'égard de Wala, évèque de Metz, ses droits de métropolitain.
7. Les Gesta epp. Vird., ch. 18 (SS., t. IV, p. 45) ne donnent ipie le mois et le jour, i^' janvier, de la mort d'Hatton, mais il est facile de déterminer l'année. Hatton assistait
304 i-'V LouuAiNi': i'.vuta(;kk k.ntkk \.\ kuance et l'allema(;ne (8()(j-87.j).
Ailvence et Ariioiil avaient hc^soiii de recourir à un collègue (rmie autre province. Ils s'adressèrent à l'arclievê(jue de Keiins, nous le savons par <"e dernier. Mais, tandis ([ue dans la letti-e ;i Louis le (îernianicpie, dont nous parlions plus haut, llincniar et ses collfcyues de Besançon, de l^yon, de Vienne et île Sens prétendent avoir consacré eux-mêmes Bertulf', dans une lettre à ce dernier, le même Hincmar lui rappelle qu'il a envoyé il Advcnce et à Arnoul pour les assister, trois de ses sullVafjants, Ilincniai- de Laon, Odon de Beauvais et Jean de Cambrai^. (]'est probablement cette dernière assertion qui contient la vérité. Ilincmar et les quatre archevêques mentionnés n'ont pris à la consécration de Bertulf aucune part directe, mais ils l'ont approuvée, et en la circonstance, Hincmar a agi avec l'appui moral de ses confrères. La date de la cérémonie n'est pas connue, mais elle se place après la mort d'Hatton, arrivée le i" janvier 870. Vu le temps qu'ont pris les démarches faites auprès d'Hincniar par Advence et Arnoul, la transmission des ordres de l'archevêque de Reims à ceux de ses suffragants qu'il envoyait en Lorraine, le trajet que ces trois évoques ont fait pour s'y rendre, Bertulf n'a pu être consacré avant la fin de janvier, mais pas beaucoup plus tard, ce qui s'était passé à Cologne devant décider le roi de France à accélérer les choses >. Nous ne savons pas où se fit la cérémonie. Il n'est pas sûr qu'elle ait eu lieu à Trêves même, dont Charles le Chauve n'était peut-être pas maître.
Ce qui est certain, c'est qu'une partie du diocèse qui avait cette ville pour chef-lieu se trouvait au pouvoir du moine Walton, que Louis le Germanique opposait à Bertulf. Ce prince, en effet, désirait avoir à Trêves
en effet le 9 septembre 8Gg au eouroiiiieinent de Charles le Giiauve (voir ci-dessus) ; d'autre part il ctail déjà mort très probablement, lorscpie Bertulf fut consacré, et, ce ipii est certain, son successeur Bérard se trouvait le 20 juin 870 à Attigny, où se tenait alors un concile (xMa.nsi, t. XVI, col. 8(k)j. Hatton n'a donc pu mourir ([uc le !<"■ janvier 870. Les An/i. Virdunenses donnent à tort 86(j, et les Ann. S. Benigni Diiu'onenses 808 {SS., t. IV, p. 7 et t. V, p. 3y). Cloukt, Histoire de Verdun, t. I,p. 2()(), adopte 870. Nous avons vu que ce prélat avait été très nièlé à l'atlaire du divorce, et que, grâce à la faveur dont il jouissait auprès de Luthaire, il avait obtenu de ce prince la reslilulion des domaines (pie Lothaire 1"^ avait enlevés à l'église de Verdun du temps où elle avait Hildin pour pasteur. Le nom d'Hatton est reste- k un château ([u'il avait fait construire sur les côtes tle Meuse et qui est aujourd'hui le village d'HattoiR-bâtel (.Meuse, (lonunercy, VigneuUes). Nous ne savons rien sur le passé de Bérard ipii remplac^a Hatton sur le siège de Verdun (Fro(/menttiiii episcopi D.vuoms et Gestu epp. Vird., cb. ig, SS., t. IV, pp. 37 et /i.'»). D'après les (iestii, il aurait été élu par le clergé et le peuple. L'avènement du nouvel évè(jue se place entre \v !<"■ janvier 870 et le 25 juin de la même aniK'e, puisqu'il cette dernière date, nous l'avons vu, la présence de Bérard est signalée au concile d'Anigny. Bjrard n'a certa'nemeid été consacré (ju'après Bertulf, car s'il l'avait été avant, Ailvence et Arnoul n'auraient pas eu besoin de recourir k Hincmar. Nous avons, de l'arcbevè pie de Heiins, une lettre ou plutôt le n-sumé d'une lettre cpi'il écrivit à l'évt^ipie Advence, pour l'inviter à hâter la consé(;ralion de Bérard (Fi,oi>o.viu>, //. /î. A'., liv; III, c!». 23, éd. Lkjku.nk, t. Il, p. 279); SciiiKKiis, llinkinar, Begeslen n" 31)8, \^. r>Ao et n. io;>, pp. .^)7<')-r)77, place celte lettr<' enlre le traité de Meerssen el la lin de 870.
1. Ki.oDOAiu), //. H. F,., \\\ . III, cil. uo, (hI. Li;jh um:, I. 11, p. i(j/|.
2. Fi.oDo vKi), //</(/., liv. m, cil. 21, é I. Lkjkc.vi-:, l. Il, p. aif».
3. l.MiiAiiT i>ii i.A 'l'oiJii, iip. cit., p. 2<"i, placi- à liirl en 8 >i ) la ciinsécraliun de B'rtulf.