‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 348 sur 764 · CHARLES ÉPOUSE RICHILDE · texte numérisé non relu

CHARLES ÉPOUSE RICHILDE

comme à Cologne un homme à lui, et il patronnait Walton '. Ce dernier ne fait-il qu'un avec le fils de Gehhard, exilé d'Allemagne en 861 avec ses frères Uton et Bérenger? Ou bien faut-il voir en lui un abbé de Saint-Maximin ? La dernière hypothèse est la plus vraisemblable, mais nous ne nous portons pas garant de son exactitude^. .Walton était un moine du diocèse de Trêves, voila tout ce que nous pouvons affirmer. Nous ne savons pas s'il avait été désigné par le clergé et le peuple, ou mis en avant par Louis le Germanique. Quoique celui-ci ait fini par abandonner son protégé et par reconnaître Bertulf, ce prélat eut presque autant de peine que Willibert à obtenir le pallium. Adrien II le lui refusa, et ce fut seulement de Jean VIII qu'il le reçut 5. Pourtant Charles le Chauve n'avait certainement pas intrigué contre un archevêque, qui ne dépendait plus de lui, il est vrai, depuis le traité de Meerssen, mais qu'il avait nommé lui-même. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de ne pas intervenir en sa faveur.

Les élections épiscopales de Trêves et de Cologne n'absorbaient pas complètement le roi de France. Il continuait à gagner en Lorraine de nouveaux adhérents. Dans le courant de janvier, peut-être après l'élection de Willibert à Cologne, Charles se rendit à Nimègue pour s'y rencontrer avec Roric, ce Normand qui, après avoir occupé la Frise pendant une partie des règnes des deux Lothaire, avait été expulsé du pays en 867 : il y était rentré quelque temps après, peut-être pendant le voyage de Lothaire en Italie, ou après la mort de ce prince. Charles conclut un traité avec Roric, qui vraisemblablement reconnut son autorité +.

De retour a Aix-la-Chapelle, il éleva sa concubine Richilde au rang d'épouse et de reine. Nous avons exposé plus haut les raisons politiques

1. Voir la lettre d'Hincmar et de ses collègues à Louis le Germanique, Fi.oûoard, H. R. E., liv. III, ch. 20, éd. Lejeune, t. II, p. 197.

2. Mabillon, Afin. O. S.B., t. III, pp. 92 et 56, Kremer, Origines Nassoica?, p. 4i et Steix, Kœnig Konrnd, pp. 5i, 61 et 62, croient que c'est le fils de Gebhard qui fdt abbé de Saint-Maximin et candidat au siège archiépiscopal de Trêves. Brower et Masen, Annales Trevirenses, t. I, p. 426, col. i, et Calmet, t. I, col. 746, identifient simplement le concurrent de Bertulf avec l'abbé de Saint-Max'min. Muhlbacher, Reg. Kor., p. 5G9, voit dans Walton un moine de Trêves, rien de plus. Dûmmler, t. II, pp. 292-298, suppose qu'il était un chorévêque, tout en reconnaissant, p. 292, n. l\, qu'il y eut réellement un abbé de Saint-Maximin appelé Walton. Le Necrologium s. Maxiniini (Jahrb. der Alterthunisfreunde im Rheinland, t. LVII, p. 117) mentionne au 3o octobre la murl d'un abbé \\'aIdon, à qui S. Loup évèque de Troyes (abbé de Ferrières en réalité), dédia une Vie de saint Maxiniin; cf. Servatii Lupi Vita s. Maximini (Migne, t. CXIX, col. 665). Waldon figure comme abbé de Saint-Maximin dans le faux diplôme au nom de Lothaire II pour ce monastère, du i5 avril 868 (B. M. 1288).

3. NooRDEN, Ilinkmar, p. 258, n. 3, ne croit pas que le pape ait fait une opposition sérieuse à l'élection de Bertulf. Schrœrs, Hinkmnr, n. io5, p. 577, place en 871, au plus tard, les deux lettres de l'archevêque de Reims à l'oncle de Bertulf, Advence , qui nous apj rennent que ce dernier avait demandé et obtenu à Rome le pallium pour son neveu (Flodoard, //. R. E., liv. III, ch. 28, éd. Lejeune, t. II. p. 280). Ces deux auteuf-s n'ont pas fait attention qu'en 878 Jean VIII invitait encore Bertulf à justifier de la régularité de son élection (J. E. 2982). C'est une preuve péremploire qu'à cette date l'archevêque de Trêves n'avait pas encore reçu le pallium.

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