‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 349 sur 764 · Ann. Bert. 870, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 870, p

366 L V LORRAINE PARTA(iÉE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGiNE («0^-879).

»|iii ('a(j;u)('iiieiit le nouveau voi de Lorraine à couflurc cette union. Le mariaye fut célébré le diinanche aa janvier, jour de la Septinujésinie '.

Charles se trouvait encore h Aix-la-(]liaj>elle, quaiul il reçut une deuxième ambassade de son frère. Louis, enlin rétabli, avait pu (juitter llatisbonne et s'était dirijjé vers l'ouest de son royaume. A Francfort, où il était arrivé le 2 février, il re(;ut la soumission de nombreux (jrands de la jjorraine, venus tout exprès pt)ur le reconnaître. Los uns, [)artisans de IamÙs dès l'orijjine, avaient refusé de se recommanilcr li Charles le Chauve, qui les en avait punis en les déi)ouillant de leurs bénéfices. Les autres, après s'être tout d'abord prononcés pour le roi de France, se ralliaient maintenant ;i son frère. Celui-ci restitua ou [)romit de restituer aux (jrantls les bénéfices que Charles leur avait confisqués^. (Test de Francfort très probablement qu'il fit partir sa deuxième ambassade à l'adresse de Charles. Il était décidé, lui mandait-il, à lui faire la guerre s'il ne quittait pas immédiatement Aix-la-Chapelle et la Lorraine, et s'il ne laissait pas les fidèles de Lothaire jouir en paix des domaines qu'ils occupaient du vivant de ce prince dans leur pays 3.

Ces menaces firent réfléchir Charles le Chauve, qui redoutait son frère. Il envoya lui-même à Louis une ambassade, mais nous ignorons de quelle mission elle était chargée». De nouveaux plénipotentiaires arrivèrent à Aix-la-(]hapelle de la part de Louis le Germanique vers le début du mois de mars : c'étaient Liutbert, archevêque de Mayence, Altfrid, évêque d'Hildesheim, les comtes Liutfrid, Rodolphe et d'autres encore >. Après quelques pourparlers, ils conclurent, le 6 mars, avec les représentants de Charles le Chauve, Odon, évêque de Beauvais, les comtes Engelrand, Thierry et deux Adalelme^, l'accord suivant. Les uns et les autres promettaient au nom de leurs souverains que chacun de ceux-ci laisserait son frère jouir en paix de la portion de la Lorraine qui lui

1. Ann. Bert. 870, p. 108. Gfrœrer, t. II, p. 23, estime que Charles épousa Rii-hikle pour consolider son influence en Lorraine. — Charles était de retour à Aix-la-Chapelle le i>T janvier, car, à cette date, il rendit un diplôme en faveur de Saint-Ricpiier (B. 1760).

2. Ann. Fald. 870, p. 70. Louis se trouvait encore à Francfort le 20 mars (B. ÎSf. \l\'ik et 1435). Le 12 avril il est à Tribur (B. ISL iA3(3), et il passa à Biirstadl j)rès de W'orms la première quinzaine de mai {Ann. Ftild. 870, p. 71). Le 12 avril, Louis rendit un iliplonï(^ en t'aveiu- de l'abbaye lorraine de Priim, à la([uelle il confirma des biens situés dans In France orientale, sur la rive çiauche du Rhin, biens (ju'avait donnés à Priim le noble Heriric, en présence du comt(i ^[einqaud (le 21 août 808, M/i. L'B., t. 1, n» no), et ([lie le neveu du donateur prétendait yarder pour lui (B. AL i43(), MR. L'B., t. I, n" m).

3. Ann. Bert. 870, p. 108. 1\égino\, Clironlcon 8(»j, p. 100, com])te trois ambassades au lien de deux, et c'est à la troisième, formée, d'après lui, de Liutbert et d'AllIrid, (pi'il attribue les menaces qu'HiNC.MAU fait proférer par la deuxième. Dl'.mmi.ku, t. Il, p. 2(j3, n. 2, et Sc.HL'i.z, Die d/ironik des Rei/ina, p. 23, préfèrent le récit d'Hi.M.M.vH à celui de Rkgi.von. L'abbé de Priim, ipii ne mentionne pas la convention d'.\ix-la-(-lia|iellc, aura fait \\i\v coid'usion et mis dans la bouche de Liutbert et d'.VItfrid, venus pour traiter des conditions de l'accord, le lanijaqe conuninatoire qu'avaient tenu les précédents envoyés de Louis le (iermaniipie.

I\. Ann. Bert. 870, p. 108 : « missis iritcr eos discurrenlibns. »

."». Pilctiones Aqiienses, CC, t. II, p. nj2.

('). Ibidem. Aucun de ces personnages n'appartenait, scmble-l-il, à la Ltirraine.

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