‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 353 sur 764 · LA PART DE LOUIS LE GERMANIQUE · texte numérisé non relu

LA PART DE LOUIS LE GERMANIQUE

Saint-Maximin, d'Echternach et d'Œren, et les pagi Megenensinm {Meginensis), Bedagoiva {Bedensis) et Saradiowa siiùterior {Saroensis inferior) revenaient à Louise

La ville de Metz, avec les abbayes Saint-Pierre et Saint-Martin, les pagiMoslensis, Blesitchoioa (Blesensis), Nitacltowa {Nitensis), Sarachowa (Saroensis) superior, Albechowa {Albensis) et Seline {Salinensis) rentraient dans le lot du roi de Germanie^.

Si ce prince n'avait pas Toul, il recevait une bonne partie du diocèse dont cette ville était le chef-lieu; avec les abbayes de Bonmoutier, Moyenmoutier, Etival, Saint-Dié et Remiremont ; et les pagi Caltnontis (Caluomo/i/ensis), Saenfisiiun (Suentensis), Solocensis et Odornensis k Une difficulté se pose pour ce dernier. Le ti^aité de Meerssen connaît deux pagi de ce nom, dont l'un avait pour comte Bernard, l'autre

1. Dioisio regni (CC, l. II, pp. iij4 et kjï, Ann. Bert. 870, pp. iio et m).

2. Divisio reç/ni (CC, t. II, pp. 198 et ig4, Ann. Bert. 870, pp. 110 et m). Il est dit dans le traité que Charles, par amour de la paix, a ajouté au lot de son frère Metz, le p. Moslensis, les abba ycs Saint-Pierre et Saint-Martin, une partie de l'Ardenne et les abbayes de Priim et de Slavelot ; il avait dû revendi([uer ces territoires et ces monastères, surtout Metz, la ville où il avait été couronné et dont l'évèque, Advence, était un de ses principaux partisans. — M.vbillox et dom Bduqoet, p. 109, n. /', déclarent inconnue l'abbaye d'Heribotesheim, que Bertiiolet (Hist. de Lu-xeniboury, I. II, p. 428), Hontheim {Hist. treu. dipL, t. I, p. 58), Mûulb.vcher et Krause {GC, t. Il, p. ig4, n. 3G) croient pouvoir ideitifier ave.' Herbitzheim (Basse-Alsaca, Saverne, Sarre-Union\ ([ui faisait partie du diocèse de Metz. De Gosteh {Nouvelles R^c'iei'ches sur l'abbaye de Heribotesheint, dans la Revue belge de numismatique, t. XI, pp. 4i3-424) essaie, mais sans succès, de prouver que cette abbaye se trouvait dans le Namurois. — Valois (p. 5i2, col. i), Leibmz {Ann. inip. occ, t. I, p. 692), Calmet (t. I, col. 741) et Schœpflix {Als. ilL, t. I, pp. 671-672) ont lu « Scdmc » pour « Seline » et ont cru qu'il s'agissait du comté de Salm, soit de celui du Luxembourg, soit de celui des Vosges. Digot {Histoire de Lorraine, t. I, p. 142) a fait observer ([ue le premier comté de Salm est de beaucoup postérieur au traité de Meerssen, et que le territoire mentionné par ce document est le Saulnois. — L'étymologie du nom du p. Albensis ou Albecliowa et la situation de ce territoire ont donné lieu à des controverses entre les érudits. Valois (p. 9, col. i) croit que ce pai/us tire son nom de l'Albe, afilueat de l'Ourthe ; Schœpfli.\ (Als. ill., t. I, p. 670) a réfuté cette erreur et (p. C71) place le p. Albensis dans le voisinage de Blàmont ; Calmet (t. I, col. 74i) l'avait auparavant identifié avec le comté de Blàmont. C'est aussi l'opinion de Spruner-Mexke (Hist. Handatlas, n° 35). Longnon (Atlas historique, pi. VIII et Teœte explicatif, p. 116) englobe dans ce pagus le pays de Blàmont et le bassin de la Sarre jusqu'au village de Sarralbe, qui aurait donné son nom à la circonscription. Mais, dans cette hypothèse, que devient le Sarachowa superior, mentionné, ne l'oublions pas, par le traité de Meerssen en même temps que V Albechowa ? Toute la partie sud du bassin de la Sarre, que Longmon fait entrer dans le p. Albensis, devait justement former le Sarachowa superior. Aucun texte, d'ailleurs, ne vient à l'appui de l'hypothèse de LoKGNON. Les seules localités que des actes placent dans le p. Albensis, Bonmoutier (Dipl. de Louis le Pieux du i3 janvier 816, B. M. 584) et Vacqueville (Charte d'Adalbéron II [?] de Metz pour Senones du 3o décembre g85 [V], Gallia Christiana, t. XIII, preuves, col. 453), se trouvent dans le bassin de la Vezouse, l'une à l'est, l'autre au sud de Blàmont.

3. Diuisio regni (CC, t. II, p. 194, et Ann. Bert. 870, pp. iio-iii). Le pagus Suentensis est le Saintois, et 110:1 le Sundgau alsacien, comme l'a prétendu Valois (pp. 587- 538); ScHŒPFLiN a déjà relevé cette erreur (p. 671). Mais si Sghœpflix (p. 646) a combattu avec raison l'opinion de Valois, qui (p. 76, col. 1) voyait, dans le p. Solocensis, le pays de Selz en Alsace, par contre, il s'est étrangement mépris (p. 707) en allant le chercher à Solieu e:i Bourgogne. L? p. Solocensis est le pays dont Soulosse (Vosges, Neufchàteau , Coussey), sur le Vair, étail le c'.ief-lieu. Sur ces pagi, voir Lo.xgnon, pp. II 7-1 18.

'S]2 I.V l.OKK.Vl.NK l'AIlTVtiKK K.NTKi: I.A FllANCK KT i/aLLI:M.V<;NK (S<)'.)-«7<j).

Tetmar ; c'est lo piciuicr ([in est atlrihiiô ii liOiiis le (i(Miiiaiii(|iio. S'jiyit-il (le deux comtés taillés dans lo pat/iis ([ui tirait son nom de l'Ornain, ou lie deux />ay/ diflereuts, celui de l'Ornain et celui de l'Orne? Le dernier étant cjénéraicment appelé Or/w/tsis ou /for/ie/isis, la seconde hypothèse est peu vraisend)lal)le, et nous admettons plutôt (pie le /xnjiis de l'Ornain avait été coupé en deux '.

Lothairc possédait un jjaf/iis, le Hassijjnv, dans le diocèse de Laufjrcs, (pii faisait partie de la piovince de l^von. I^c Bassi(jny fut atlrihué ii Louis le (îermani([ue ^.

Le diocèse de Strasbourg était le seul de la province de Mayence (jui n'eût [)as été attribué k Louis en 843. (le prince en devenait le maître par le traité de ÎNIeerssen, et, avec lui, des al)bayes suivantes : Saint- Etienne, Krstein, Ilohenbourjj, Marmoutier, Ebersheim et Ilonau. Le comté nord de rAlsa("e correspondait a la partie lorraine du diocèse de Strasbourij >.

Enfin, dans la province de Besançon, le roi des Francs orientaux obtenait le diocèse de Bàle avec les abbayes de Murbach, de Munster, de Massevaux, de Soleure, de Moutiers-Granval, et trois par/ i, le Sundgau alsacien, le Basalc/ioioe et V EUschowe {.UsegaïKjiensis)^. Du diocèse de Besançon Louis recevait les abbayes de Mouthiers-Haute-Pierre, Jussan, Vaucluse, Chàteau-(^liaIon, Faverney, Poligny, Baume, Lure, Luxeuil et Enfonvelle, et trois pcigi, le Warasch Q). Warascorurn), le Sciidingiiui (/>. Scudiugoram) et VE/naus Ç{//ians')K

1. Voir Lorgnon, p. 117, s(ir le p. Odornensis, et p. 119, sur le p. Omensis. Cet auteur croit que, dans l'acte (ie 870, il est (juestion de deux nioilicjs du p. Odornensis.

2. D'ansio regni (CC, t. II, p. 194, et Ann. Bert. 870, p. m). Valois, p. 76, col. i, prétend que le Bassigny menlionutj par le traité de Mecrssen n'est pas celui de la Clianipaijne, attendu, dit-il, (pie le roj'aïunc de Lorraine s'étendait en(rc la Meuse et le Rhin. Il n'indiipie pas d'ailleurs où aurait elé situé cet autre Bassi(iny.

3. Divisio j'eijni (CC, I. II, p. i(),'5-i9/(, et Ann. Bi'vt. 870, pp. iio-iii).

4. Dioisio j'e(jni (C(.., t. II, i)|>. 193-194, et Ann. Bert. 870, pp. iio-m). « August chirclie » qu'aucun auteur n'identifie, ne serail-i! pas AïKjst, près de Bàle ? <Juaj\t à « Hoenchirclie », nous ne savons (pielle abbaye est dési(piée sous ce nom.

5. iJii'isio re(jni (CC, t. II, pp. 193-194, et Ann. Bert. 870, pp. 1 10-111). Alta Petra est identiliée avec Haute-Pierre, prés de Moyeninoutier, par M.vmLLO.N (p. 678), Cai..mkt (col. 739), Beutholkt (p. 423), Bouquet (p. 109, n. /"), avec Muuliiiers-Haute-l'ien-e (Doubs, Besani^on, Ornans) par Dunou (Historin ecclesiw Bisantintp, t. II, p. 149). ^^'A^■z (|). III, n. ïi), LoNGNO-N (Texte, p. i()4), MOhlbachkk (p. r)7i), et Kkause (p. i(j4. H- 32); Valois (p. 258, col. i) liésite entre Haule-Pierre et INIoulliiers-Haute-Pierre. Le iiièaïc identifie Justinna avec IMont-Juslin (Haule-Sa(ine, Vesoul, Noroy-le-Bour(j), ainsi que Leiumz (t. I, p. fjgi) et Behtmoi.et ([>. 4^3). L'abbé Dehaisnes (Ann. Bert. p. 209, n. a) pro|)ose Jussan ou Joussan (inconnu) et W'aitz, iMuni.uAGiiEii et Kkause adoi>tent cette idenlili alion. OjJ'onis ri/lu, fait remanpier le Galliu Christiiinii, t. XV, col. i3() et 137, était lo nom de trois abbayes dillorenles, dont l'une, Oduuvillc-snr-la-Plai e ou Fonviller, appa.tenail, au diocèse de Toul, la deuxii-me Kid'oavellt', ou Vuillat'ans, i\ celui de Besau(;on, et la dernii're, ScbùUei'n, k celui de Strasbour;) ; il ne se proiumce pas entre les trois, I)eiiaism:s non plus ; (Ialmet et Bi:iiTiior-KT liésilenl entre Velleraiix et Ollonville ; MOniiivciiEii pense (pi'il s'agit de Vellc!aiix, taudis que I^ong.no.n (p. igS), suivi par Kkai>k (p. 194, n. ilJ), voit Kid'juvclle dans OjJ'onis ri/ln. Ni Vuillafans, ni ^'ell<•l'au^ , A ce ((u'ii semble, n'ont jamais eu d'abbayes ; Scluitlern est hors de cause, ('tant sur la fi\ c droite du Kbiii ; restent d me Kiil'onveile (Haute-Marne, Langres, M )nrl)omic ) et l'\>n\ iller ou Fenaevilli-r (.Meurtbe-fl-.M'jselIe, i.,miévi!le, Baccarat).

LA PART DE CHARLES LE CHAUVE. SyS

Examiiioas maintenant la part assignée au roi île France. Dans la province de Cologne, il avait dans son lot le reste de l'évêché d'Utrecht avec la région de la Frise située entre le Sincfal et le Fli% la plus grosse partie de l'évêché de Liège avec la ville épiscopale, les abbayes Saint-Laurent de Liège et Saint-Servais de Maëstricht, celles de Nivelles, Lobbes, Fosses, Malines, Lierre, Andenne , Alden-Eyck, Calmont et Dinant, I3 pagiis de Toxandrie, la moitié occidentale des deux comtés de Masaii et du pagus Liiigas (^Leodiensis), les quatre comtés du p. Hnsbani'us (^Hasbaniensîs), le p. Lomensis (Lommensis), le p. Condrustas en entier, et la partie du /:*. Arduenna (Ardenuenfiis) située sur la rive gauche de l'Ourthe^.

Tout ce qui, dans la province de Reims, avait été assigné àLothairel'' par le traité de Verdun, revenait au roi de France. C'étaient d'abord la ville et le diocèse de Cambrai avec les abbayes suivantes, Maubeuge, Saint-Géry, Saint-Sauve, Crespin, Maroilles, Honnecourt, Soignies, Antoing, Condé, Meerbeek, Dickelvenne, Leuze, Wallers et Haumont. Ce diocèse comprenait le p. Cameracensis, le p. Hainnii ÇHainoensis) et les quatre comtés du p. Bracbantas (^Bracbaniensis:)'^ . C'étaient enfin l'abbaye de Montfaucon et les pogi Castriciiis (Castrice/isis'), MosÇoynensis et Dalmensis (J)alcomensis) du diocèse même de Reims +.

Dans la province de Trêves, Charles obtenait des morceaux plus ou moins importants des quatre diocèses qu'elle comprenait. Ainsi il obtenait dans celui de Trêves le/>. Arlon et deux comtés du p. Wavrensis^ ; dans celui de Metz une partie du p. Scarponensis^ ; celui de Verdun, qui ne formait qu'un pagus, le VirÇi^dunensis, avec l'abbaye de Saint-

1. Divisio regni (CC, t. II, p. 195, et Ann. Bert. 870, p. ii3).

2. Diois-o rejni (CC, t. II, p. 195, et Ann. Bert. 870, p. 112). Lkibmz (I. I, p. 698) croit que Saint-Laurent est Sainl-Lauren'-de-la-Roche en Bouryoçjne, et il se demande si « Lcudensi « est le nam d'une abbaye ou s'il fau' joindre ce mot à Saint-Laurent, comme le fjnt certains auteurs qui identifient cette abbaye avec Saint-Lauren; de Liège. Deiiaisnes (^Ann. Bert., p. 2i3, n. d) est dans le doute à cet égard, lui aussi, et il est disposé à voir dans Saint-Laurent une abbaye de ce nom située à Cosne (Nièvre)! Tous les autres érudits se prononcent pour Sainl-Laurea', de Liège. Calmet (t. I, col. 742) place Saint- Gervais (sic) à Utrecht.

3. Divisio regni (CC, t. II, p. 196, et Ann. Bert. 870, p. 112). Pour les abbayes du diocèse de Cambrai, voi:' Dehaisxes (|)p.. 2i3, 2i4 et 2i5, notes).

4. Divisio regni (CC, t. II, p. njS, et Ann. Bert., pp. 112 et ii3). Calmet (t. I, p. 743) voit le comté de Mons en Hainaut dans le Castri':ius. Où Zkller ])rend-il (Hist. d'Ail., t. II, p. 102) que le traité de Meerssen lésait les droits que possédait Hincmar c )m:ne pr mat et com^^e métropolitain? Bourgeois a raison de dire (Le Cap. de Kiersy, pp. 1 18-1 19) que le ]>artage de 870 donnait satisfaction à ce même Hincmar, mais il a tort d'ajouter que le domaine de l'archevêché comprit désormais Toul et Verdun. Ces deux diocèses continuèrent de dépendre au spirituel de Trêves.

5. Divisio regni (CC, t. II, p. ig."), eî Ann. Bert. 870, pp. 112 et ii3).

6. Ibidem. Le pagus Scarponensls s'étendait sur les diocèses de Metz et de Toul. Considter Desnoykrs (Topograp'iie ecclésiastique de la France, Annuaire de la Société de l'Iiisloire de France, 1859, t. XXIII, j)p. h\, 55, 59, 78, 83), Lepage (Sur un ancien pouillé du diocèse de Toul, et L'ancien diocèse de Metz et pouillés de ce diocèse, dans les Mémoires de la Société d'arcliéologie lorraine, t. XIII, pp. 322 et 328, t. XXII, l)p. 29 et 3o), Lo.NG.NO.N (Atlas, texte, pj). ii5 et 117).

374 ''^ i.ouiivi.m; i>AKi.\(ii':i: k.mhk f.a kkvnck kt i/allkiMA(;.\k (80(j-87y).

Mihicl' ; dans (-(^liii de Toiil, la ville éiusc^opalc, ral)l)aye de Senones, le reste du pat/ us Scar/)onensis, les pat/i 'Dillr/isis, Jiarrensis et \e />. Odornensis qui avait Tetinar pour comte ^.

Le roi de France avait la inétr(tj)ole imimiic de liesanroii et, dans le diocèse dont cette ville était le chei'-lieu, les abhayes Sainte-Marie et Saint- IMarlin de Besançon, celle de Calmontier et le pagiis Portensis^.

Tout ce que possédait Lothaire des provinces de Lyon, de Vieinie et de Narhonne était attribué à Charles le (Chauve : l'alibaye Saint-Marcel, du diocèse de (Jlialon, la ville de Lyon, l'abbaye de Saint-dlaude et le p. Lnfjdanensis ; Vienne et son pagus, ainsi que le pagus de Sermorens, du tliocèse de (Jrenoble, et la ville, le diocèse et le /;a</as de Viviers ; enfin la ville, le diocèse et le pagus d'Uzès, ([ui dépendaient au spirituel de Narbonne h.

Cinq villes, dont deux métropoles, quarante-trois abbayes, vingt-neuf comtés, quatre moitiés de comtés et deux districts composaient le lot de Louis le (iermanique ; celui de son frère comprenait neuf villes, dont

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