BIZARRERIES ET INCONVENIENTS DU PARTAGE DE MEERSSEN
Lothaire P". Cette omission s'explique sans cloute par le fait que ces pagi se trouvaient rattachés à une autre circonscription, qui seule est nommée dans le traité.
Celui-ci énumère beaucoup d'abbayes, mais il en passe d'autres sous silence, qui avaient pourtant quelque importance, par -exemple Saint- Hubert, Saint-Vanne, Saint-Arnoul, Sainte-Glossinde, Gorze, Saint-Evre. Il est permis de croire que les abbayes mentionnées dans le partage de Meerssen sont les abbayes royales, et celles dont il ne parle pas les abbayes épiscopales ^.
On a pu remarquer que Trêves et Metz étaient attribuées à Louis le Germanique. Ce n'est probablement pas sans regrets que Charles le Chauve avait abandonné ces deux villes ; il avait nommé un archevêque dans la première, et il avait été couroimé dans la seconde, dont l'évèque était un de ses partisans. A la façon dont Metz et le pagus Moalensis sont mentionnés à part dans l'énumération des villes, abbayes et pagi assignés au roi de Germanie, on peut croire que Charles avait longtemps résisté avant de les laisser a son fi-ère ; vraisemblablement c'est a cause de Metz en partie que les conférences d'Attigny ne purent aboutir. Charles finit par céder, mais il dut exiger de Louis qu'il n'incpiiétàt pas Advence et reconnût Bertulf comme aixhevéque de Trêves.
Nous ne serions pas surpris, d'ailleurs, que le traité eût contenu des dispositions d'un caractère général applicables aux prélats et aux grands qui, après avoir pris le parti de l'un des deux souverains, étaient devenus, par le traité de Meerssen, sujets ou fidèles de celui qu'ils avalent combattu tout d'abord. Charles, nous l'avons vu, avait confisqué les bénéfices de ceux qui avaient refusé de le reconnaître ; Louis l'avait sommé de les restituer aux intéressés. Si cette question n'était pas encore réglée, elle dut l'être à Meerssen. Mais nous ne faisons là qu'une hypothèse, les stipulations de l'acte de Meerssen, en dehors du partage lui-même, ne nous ayant pas été conservées.
L'importance du traité de Meerssen a été fort exagérée par certains historiens qui prétendent, bien à tort, nous l'avons montré plus haut, que soit par suite d'un dessein préconçu, soit par l'effet d'un pur hasard, la nouvelle frontière politique coïncidait avec la limite des races et des langues 5. Remarquons d'ailleurs que l'état de choses créé par ce traité n'a même pas duré dix ans; en 879 il prenait fin, pour ne plus renaître, au moins pendant de longs siècles. Et nous ne voyons aucune raison de