Ann. Bert. 870, p. ii
384 I'^ I.Oim.VI.NK l'AUTA(;ÉK KNTUE LA FRANCK ET l'aLLEMAGNE (Hliy-87(j).
(leiiv oiulcs (le l^ouis 11, de leurs (jimikIs et de leurs évèqiies ; seules, celles (lu pape nous ont été conservées.
Les anihassiuleurs se rendirent tout d'abord en Allemagne. C'est h Aix-la-dhapelle, entre le lo août et le 17 oi^tobre, qu'ils trouv^rent Louis le (îerinani([ue4. (]e prince, en même temps qu'il demandait au pape d'accorder le palliuni à Willibert, et qu'il réclamait l'intercession de l'empereur en faveur de l'archevêque de Cologne, avait dii donner h l'un et à l'autre l'assurance qu'il n'entreprendrait rien contre la Lorraine ; c'est ce qui ressort des lettres que lui adresse Adrien. En écrivant au roi de Germanie le 27 juin, le pape croit h la sincérité de ce prince ; il n'est pas au courant des négociations engagées entre Louis et Charles pour le partage de la Lori'aine, ce qui ne laisse pas que de surprendre, la convention d'Aix-la-Chapelle ayant été jurée le 6 mars. Du moment qu'Adrien ignore ces faits, on comprend qu'il ait félicité Louis le Germanique d'avoir respecté les droits de l'empereur sur la Lorraine, d'être resté en bon accord avec son neveu ; il l'invite à persévérer dans ses bonnes dispositions. Le pape, d'autre part, se plaint de Charles le Chauve, et il déclare que si ce prince n'évacue pas la Loiraine, lui Adrien se transportera sur les lieux et infligera un cliàtiment à l'usurpateur'. La lettre aux évêques allemands contient des éloges à l'adresse du roi et des prélats eux-mêmes, qui ont su maintenir la paix. Qu'ils exhortent leur souverain, écrit le pape, a ne pas modifier sa conduite*.
Quand ces lettres furent remises a Louis le Germanique et à ses évêques, elles n'avaient plus aucune signification, puisque le traité de Meerssen était un fait accompli. Il est probable que, tout en les remettant aux destinataires, les légats et l'envoyé de l'empereur firent entendre des protestations contre l'atteinte qu'avait portée aux droits de Louis II le roi de Germanie, en s'attribuant une moitié de la Lorraine.
Le pape, en écrivant à Louis, ne s'occupait pas seulement de la Loi'raine, il lui répondait au sujet de ^Yillibert, pour qui le roi avait réclamé le palliurn^. Adrien, ayant promis k Gunther de faire examiner h nouveau son afl'aire, fut très irrité d'apprendre l'élection de Willibert k Cologne. Aussi, non content de refuser le palliiim au nouvel archevêque, se plaignit-il k Louis de l'initiative que celui-ci avait prise en faisant procéder k cette élection. D'abord, déclarait Adrien, il fallait le consulter avant de remplacer un prélat que son prédécesseur avait déposé; ensuite, Gunther avait reçu de lui la promesse que son procès serait revisé avant qu'un autre lui fût substitué k Cologne. Adrien demande donc que Willibert vienne k Rome se présenter devant le concile, qui entendra les deux parties et se prononcera ensuite*.
Voilk du moins ce que disait une première lettre, ([ui est du 27 juin.