Floss, pp. 84 et
5. Gfroerer, t. Il, p. 33, et Dummler, t. II, p. 3o8 et n. i, supposent que Louis le Germanique voulait tromper le pape et l'empereur, en leur faisant croire que, s'il avait
380 LA LOHHAINK PAHTA(JÉE ENTRE LA FUANCE ET l'aLLEMACJNE (8(i9-87(j).
rait-il vraiment les promesses d'Adrien h. (Junther. Les lettres de Nicolas I'', il en savait liii-iiK'me quelque chose ainsi que ses prélats, ne laissaient aucun doute sur les intentions de ce pape à l'écjai'd de (junther et de Tlient(|aud : ceux-ci ne seraient jamais restaurés sur leurs siècjes, et il fallait leur l'aire élire des successeurs suivant les lois canoniques'. Comme Adrien n'avait pas officiellement fait connaître ses projets en ce qui concernait (îuntlier, Louis était en droit de les iqnorer, ou de n'v pas croire, s'il n'en avait eu connaissance que par le nu'tropolitain déposé.
Nous ne savons si les lécjats pontificaux firent une enquête sur l'élection de Willibert. Peut-être le refus d'accorder le pallium h ce dernier fait par Adrien détermina-t-il le prélat à tenter une nouvelle démarche auprès du Souverain Pontife, et (jlunther lui-même à solliciter ce dernier en faveur de son successeur. Dans sa lettre, Willibert proteste de sa soumission au pape, à qui il envoie sa profession de foi^. (junther commence par rappeler à Adrien les promesses qu'il a reçues de lui ; puis il ajoute qu'il se juge indigne de ses anciennes fonctions, et que d'ailleurs ses infirmités ne lui permettent pas de les reprendre. Aussi, prenant en pitié l'état misérable de son église, a-t-il favorisé l'élection de Willibert, que sa science et ses vertus désignaient pour ce poste. Cette élection a d'ailleurs été parfaitement régulière. Gunther rappelle un passage d'une lettre écrite à Lothaire par Nicolas, où il est dit que l'on devra élire et consacrer, conformément aux lois canoniques, des archevêques à Trêves et à. Cologne. Il s'étonne que le pape n'ait pas accordé le pallium à Willibert, comme le lui demandaient Louis et ses évêques. Qu'Adrien ait pitié des misères de l'église de Cologne, qu'il envoie le pallium à Williljert et qu'ainsi il reconnaisse et consolide le nouveau prélat'. Du moment que Gunther se désistait, il semblait que le pape n'eût plus aucune raison de persévérer dans son opposition. Pourtant la démarche de l'archevêque déposé resta sans résultat.
C'est la dernière fois que Gunther apparaît dans l'histoire. D'après les Annales Xanfenses, il aurait quitté Cologne, se serait rendu à Rome, où ses menaces contre Adrien l'auraient fait excommunier une seconde
})ar(a(|t' la Lorraine avec son frère, c'était dans l'intérêt de sa propre sécurité, (iiii aurait été menacée dans le cas où Charles aurait pris la Lorraine tout entière. Louis aurait affirmé que c'était de sa ])art une occupation ])rovisoire, et non une annexion définitive, portant préjudice aux droits de l'empereur. A l'appui de ses assertions, ajoute Dummi.k'h, il i)ouvait faire valoir ([u'il ne comptait pas ses années de rècjnc en Lorraine. — Cette hypothèse, ([ue n'accej)te pas Noouokn, Uinkinnr, p. a')!), n. /}, nous semble vraisemblable.