‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 379 sur 764 · Afin. Bert. 872, p · texte numérisé non relu

Afin. Bert. 872, p

2. Ann. Bert. 878, p. 124; Ann. Fuld. 873, pp. 80-81; Ann. Xarit. 873 (^'-S'., t. II, p. 235). D'après les Ann. Fuld. et Xant., c'est un Normand converti au cliristianisme qui commandait les Frisons. Gfrœrer, t. II, p. loi, suppose, sans aucune preuve, que Charles avait poussé Rodolphe à envahir les Etats de Louis.

3. Il semble que l'on ait eu à ce moment dans la Lorraine orientale, celle que possédait Louis le Germanique, la crainte d'une invasion de Charles le Chauve. Nous serions, du moins, tenté de placer à cette époque une lettre, aujourd'hui perdue, qu'écrivit Advence à l'archevêque de Reims, pour lai demander quelle conduite il devait tenir au cas où le roi de France attaquerait les Etats de son frère. Nous n'avons plus ni cette lettre, ni la réponse d'Hincmar, que nous ne connaissons que par la mention que Flodoard en fait, H. R. E., liv. III, ch. 23, éd. Lejeune, t. II, p. 279. Schrœrs, Hinkmar, pp. 576-677, croit que les lettres des deux prélats doivent se placer entre le 8 août 870 et la fin de l'année. Advence, dans sa lettre, appelle en effet Louis le Germanipue son seigneur, et d'autre part la lettre d'Hincmar au même Advence relative à la consécration de Bérard, évêque de Verdim, lettre qui vient tout de suite après celle qui nous occupe, est de 870 au plus tard. Le raisonnement serait juste, si Flodoard dans ses reyestes d'Hincmar, a^ait suivi l'ordre chronologique, mais, s'il s'y est généralement conformé, il s'en est écarté plus d'une fois. Entre le traité de Meerssen et la fin de 870, on ne put à aucun moment craindre que Charles déchirât le traité qu'il venait de signer. La réunion tenue à Gondreville sur la frontière, le texte des serments prêtés qui dénotait chez le roi de France des idées d'agrandissement, pouvaient au contraire faire naître la crainte d'une attaque de sa part.

4. Ann. Bert. 873, p. 122 ; Ann. Fuld. 872-873, pp. 77-78; Ann. Xant. 878 {S S., t. H, p. 235); B. M. i/)4g-i45i. Le 9 mars, il confirma à l'abbaye de Prûm, sur la prière de l'abbé Ansbald, la possession de l'église construite à Neckarau pour permettre aux serfs de ce domaine d'assister an service divin, que les inondations du Rhin les empêchaient d'aller entendre à Allrip (B. M. i4rio, MR. UB., t. I, no iio). C'est le cinquième diplôme Irendu en faveur de Prùm par Louis le Germanique.

5. Ann. Bert. 878, pp. 122-128 ; Ann. Fuld. 878, pp. 77-78. C'est à Francfort que Charles le Gros eut une crise épileptique, qui fut regardée comme une possession diabolique.

4o4 LA LORRAINE PARTAGEE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (869-879).

son IVôie, Louis devait avoir, lui aussi, une conférence avec Roric. En (|uittant Francfort, il alla ii Maycnce, où il était vers le i" mai, puis à. Aix-la-(]hapollc, où nous le trouvons installé en juin'. C'est dans cette ville ([u'il eut un entretien secret avec Roric, qu'il avait prié de venir le trouver, et à qui il avait donné des otages. Louis fît sans doute des offres avanta(|('uses au Normand, car celui-ci, oublieux des engagements qu'il avait conclus huit mois auparavant à Maastricht, en contracta d'autres avec le roi de Germanie et se recommanda à lui *.

Rassuré de ce côté, Louis ne quitta pas encore la Lorraine. Nous le retrouvons en août à INIetz, où il tint une nouvelle assemblée générale, (i'est à Metz que se présentèrent à lui les ambassadeurs du roi de Danemark Halpden, qui venaient demander le maintien de la paix entre leur pays et rAllemagne. De mauvaises nouvelles, arrivées de la Moravie, obligèrent Louis à prendre en hâte le chemin de la Bavière, où il arriva en passant par l'Alsace et par Strasbourg 3. Sur sa route, il fut joint par son neveu Carloman, qui venait lui demander asile et protection. Son père, pour le punir de ses révoltes et de ses violences, lui avait fait crever les yeux, puis l'avait enfermé dans l'abbaye de Corbie. Carloman avait l'éussi à s'en échapper, et avec l'aide d'Adalard, il était parvenu jusqu'à son oncle. Louis le remit entre les mains de Liutbert, qui l'installa à à Saint-Alban de Mayence ; plus tard Carloman fut envoyé à Echternach, dont il devint abbé et où il mourut en 877, ou au plus tard en 878^.

1. Ann. Fuld. 878, p. 78; Ann. Xont. 878 {SS., t. II, p. 235); B. M. iZi52-i456. Le 10 juin, Louis, sur la prière de l'abbé Hildebald, coulirma, en vertu des diplômes de son frère Lotbaire et de son neveu du même nom (B. INI. 1261) à l'abbaye de Stavelot toutes ses possessions, renouvela la prescription faite à ceux qui détenaient en bénéllce des terres du monastère de payer à l'bùpital de Stavelot la dîme des fruits, et concéda l'immunité (B. ]\I. i!\h:i, IM.VRTÈNE, Amplissimn collectio, t. II, col. 28). — Le 12 juin, le roi de Germanie rendit en faveur de l'église de Strasbourg deux diplômes sur la prière de l'évêque Ratold, (pii jouissait d'un certain crédit auprc'S du souverain (cf. B. M. 1376). Par l'un d'eux, il confirmait aux gens de l'église de Strasbourg l'exemption de tonlieux dans tout le royaume, exemption ([ue leur avait concédée son père Louis (B. M. 8G1) et reconnue ensuite son frère Lotbaire (B. I\I. io36). L'autre diplôme, beaucoup plus important, confirmait à l'église de Strasbourg, dont les cbartes avaient été détruites, l'ensemble de ses possessions, la prenait sous la protection royale, lui accordait l'immunité, le « jus inquisitionis » et autorisait Ratold et ses successeurs à ouvrir un atelier monétaire dans telle localité qu'il leur ])lairait de leur diocèse (B. M. i4r)3 et iAr>A. Wikgan», Str. UB., t. I, nO' 3i et 82). C'est la dernière fois que Ratold parut dans l'bisloire. Il mourut le ao novembre (Liber vitm de Remiremont, N. A., t. XIX, p. 70) ou le ai du même mois (Er- CHENBAi-i)i Versus de episcopis Argentinensibus et Kalendariiim necrolugicuin Weissenhurgense, Bœumer, Fontes, t. IV, pp. a et 3i4) d'une année inconnue. Il eut pour successeur, nous ignorons en quelle année, Régiubard, dont on ne connaît guère que le nom, donné par Ekc.iienbald, ibid., et par les Cnldlogi epp. Argentirif/isittin (SS., t. XIll, p. 828, et t. X\MI, pp. 87 et 117).

2. Ann. Fuld. 878, p. 78. D'après (ikhockkii, I. II, pp. gg-ioo, si Roric se soumit à Louis le Germani(pie, c'est que les rois de Danemark Sigfrid et Halpden lui avaient iloniié l'exemple, et <[uc Roriq, qui occupait une contrée située entre l'Eider et la Balti(iue, se trouvait menacé d'être pris entre deux feux.

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