Ann. Fuld. 878, pp. 78-79; Ann. Bert. 878, p
4. Ann. Bert. 878, pp. 121-12/1; Rk(!i.non, Cltronicon 870, p. loa. — Lîn échange entre Ecbt(îrnacb et Adalwin, conclu la buitième année apri-s la mort du roi Lotbaire (u) août 87r>-io août 877), nous apprend tpi'à cette ilalc Carloman ctail encore abbé de ce luonas-
DÉDICACE DE SAINT-PIERRE DE COLOGNE (878). 4o5
Un peu après l'assemblée générale de Metz, une cérémonie réunit k Cologne bon nombre d'évêques lorrains et allemands. Il s'agissait de célébrer la dédicace de la cathédrale de cette ville, dédiée à saint Pierre, qui venait d'être reconstruite. Nous trouvons autour de Willibert les archevêques Bertulf de Trêves et Liutbert de Mayence, les évêques Altfrid d'Hildesheim, Odilbald d'Utrecht, et, ce qui est surprenant, Bérard de Verdun, sujet de Charles le Chauve '. Les prélats se réunirent-ils
tère (^Lib. aur. Ept., f" 89 recto). II est vraiseml)lable qu'il mourut peu de temps après, soit en 877, soit en 878. C'est 878 qu'inditjue le Cataloç/us obhalum Epternacensiuin I (SS., l. XIII, p. 789, et t. XXIII, p. 3i); d'après ce document, Garloman mourut dans la septième année qui suivit la perte de sa vue (il place l'événement en 871) et il eut pour successeur le comte Adalard, en la deuxième année du règne de Louis (le Jeune), c'est-àdire 878, et en la onzième indiction. Mais comme la deuxième année du règne de Louis le Jeune, ainsi que la onzième iadiction et la septième année après le supplice de Garloman (comptée depuis 871) sont à cheval sur 877 et 878, la mort du fils de Cliarles le Chauve pourrait se placer aussi bien à la Un de 877 qu'au début de 878. Deux chartes, la donation et la reprise en précaire des biens concédés par Dode et Adelarde, et la donation du vénérable Buovon rendues en la deuxième année du règne de Louis (le Jeune) mentionnent Adalard comme abbé (Lib. niir. Ept., f" 66 v^o et f» 67 r'^) ; elles sont donc de 877-878, et c'est vraisemblablement d'elles que le rédacteur du Gataloffiis a tiré le renseignement qu'il donne sur le début de l'abbatial d' Adalard. Ce dernier ne fait sans doute qu'un avec le comte de Metz, et c'est lui ([ui en 878 avait aidé Carloman à se rendre auprès de Louis le Germanique. Les Ann. Alainannici (SS., t. I, p. 65) placent en 876 la mort d'un Carloman, que DûMMLER avait tout d'abord, t. II, p. 869, n. i, cru pouvoir identifier avec le fils de Charles le Chauve, mais aux Nnchtrœge, t. III, pp. 682-688, il est revenu sur cette première opinion. Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 58o, croit que Garloman mourut en 879, par suite d'une fausse interprétation du CaUdogus.
I. Le mois, l'année et le motif de la réunion des prélats à Cologne, ainsi que les noms de ces derniers nous sont fournis par les chartes de Willibert, de Liutbert, de Bertulf et d'Altfrid (Hartzheim, Concilia Germaniie, t. II, p. 85g, NR. UB., t. I, n^^ 66, 67 et 69), sur lesquelles nous reviendrons jilus en détail tout à l'heure. La première est du 27 septembre 878, la deuxième et la troisième du 28 septembre 874, la quatrième du 27 septembre 877 {sic). Les trois dernières sont suspectes, comme nous le verrons ; si l'on n'a pas le droit de les rejeter comme fausses, tout au moins doit-on les considérer comme ayant été remaniées et interpolées. Le chiffre de l'année de l'Incarnation aura probablement été altéré par inadvertance, alors que l'on ne modifiait pas celui de l'indiction ; au 28 septembre on se trouvait, en effet, dans la septième indiction depuis le !<"■ ou le 24 du mois. On doit donc rejeter la date de 874 proposée pour la dédicace de Saint-Pierre de Cologne par quelques auteurs : Hoxtheim, Prodromiis historiie Trevirensis, t. I, p. 828, Lagomblet, NR. UB., t. I, p, 82, n. I, et Ennen, Quel/en sur Geschichte der Stadt Kœln, t. I, pp. 453 et 454, et Geschichte der Stadt Kœln, t. I, p. 211, n. 2. Acceptent l'année 878 : Mabillon, Ann. 0. S. B., t. III, p. 181 ; Leibniz, Ann. imp. occ, t. I, p. 721 ; Hartzheim, Concilia Germanise, t. Il, p. 356 ; Kessel, dans la Pick's Monatsschrift fiir rheinischwestfœlische Geschichtsforschung, Jahrgang IlJ,]ip. 240 et suiv. ; Hefele, op. cit., t. IV, p. 509, n. 8 ; et Dummler, t. II, p. 368, n. 8, qui démontre d'une façon irréfutable que la dédicace n'a pu se faire en septembre 874, deux des évêques qui y ont pris part, Altfrid d'Hildesheim et Gerulf de Verden étant morts, le premier le i5 août 874, et le second avant le 26 février de cette même année. Bintehim, Pragniatische Geschichte der deatsclien Concilien, t. III, p. i54, avait supposé, j>our tout concilier, qu'il y avait eu deux réunions d'évêques à Cologne, l'une en 878, l'autre en 874, mais il est inadmissible qu'à un an, jour pour jour d'intervalle, les mêmes prélats se soient retrouvés dans la même ville, pour traiter des mêmes affaires. — Il est vrai qu'on peut faire le même raisonnement pour les assemblées de 870 et de 878. Nous avons vu ([ue, d'après les Ann. Fuld., la cathédrale de Cologne aurait été consacrée à la fin de septembre 870 par Willibert assisté de Liutbert, de Bertulf et de quelques évêques saxons. Pourquoi a-t-on recommencé en 878 ce qui avait été fait trois ans auparavant, juste à la même épo([ue ? Comment retrouve-t-on alors les mêmes personnages qui étaient déjà venus à Cologne en 870? DOmmlkr, qui ne peut croire que les Ann. Fuld. se soient trompées (t. II, p. 868, n. 3), suppose ([u'on avait jugé
4o6 LA LORRAINE PARTAGÉE KNTUR LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (809-879).
eu concile ? On peut le snpposcr, ([n(ii([u*;i vrai dire on n'en ait aucune preuve. Par contre, quelques-unes des chartes (jni furent rendues par l'un ou par l'autre des évèt[n(\s venus à (^olorjne nous sont parvenues : citons cflle [)ar huptellc Willihert coidirniait l'accoid (pie son prédécesseur (lunther avait conclu avec le chapitre de la cathéilrale et les autres collégiales de (Pologne', les chartes de Liuthert^ et de liertuU"' en faveur de Saint-Cunibert de ('.olocjne, et celle d'Altfrid pour l'abbaye (pi'il avait fondée a Essen 3.
La présence à Cologne de IJérard de Verdnn, le séjour de Charles le (Uiauve dans la partie occidentale de ses Etats, où il combattait les Normands de la Loire, pi'ouvaient que ce prince ne craignait plus d'agression de la part de son frère et ne songeait pas davantage à troubler lui-même la paix. L'année 874 allait voir le rétablissement momentané de la concorde entre les princes francs. Tout d'abord, Louis le Germanique resserra les liens d'amitié qui l'unissaient à son neveu. A la fin de
s.ins valeur la première dédicace, parce qu'en 870 Willibert n'avait pas encore ëlc reconnu par le pape. A cela on peut répondre qu'en septembre 873 la situation n'avait pas clianqé, l'archevcMine de C.oloqne n'ayant reçu le palliiim qu'en 874, de l'aveu de Dûm.mlkr luimême (t. II, p. .367). On se trouve donc en présence de difficultés qu'il est impossible de résoudre d'une façon satisfaisante.
1. Voir cette charte dans H.vrtziikim, (]onci/ia Germani,T, t. II, p. 35. Nous avons parlé précédemment des dispositions ([u'avait prises (îuntlier et qu'avait confirmées Lothaire. On remarquera dans cet acte la façon respectueuse dont Willibert parle de son pnJdécesseur, alors défunt : « sedis nostrœ venerabilis pastor... beatœ et dignae mcmoriae vir. »
2. Les chartes de Liutbert et de Bcrtull' pour Saint-Cunibert de Cologne, datées du a8 septemi)re 87^, confirment à cette collégiale la possession de différents domaines situés respectivement dans les diocèses de INIayence et de Trêves {NR. UD., t. I, no^ 0() et O7). Les dispositions de ces deux actes n'offrent rien qui excite les soupçons, mais le prétendu oriijinal de la charte de Liutbert, conservé aux archives de l'État prussien à Diisseldorf (fonds Saint-Cunibert n° i), est une copie du xi« siècle, dont l'écriture rapjjclle celle d'une charte rendue en février 1080 par Sigewin, archevèciue de Cologne (fonds Saint-Cunibert n° 2). Aurait-on refait la charte de Liutbert en l'interpolant? Nous ne pouvons rien dire de celle de Berlult (fonds Sainl-Cuniberl n" 3), ([ui se trouvait à Berlin lors de notre passage à Diisseldorf. Nous devons faire observer que plus tard, aux xi" et xui" siècles, Saint- Cunibert était propriétaire de terres dans quelques-unes des villie que mentionnent les deux documents en litige {NR. UB., t. I, pp. 3a et 33, notes).
3. NR. UB., t. I, n° fiy. Ce document, (pii concerne l'abbaye saxonne d'Essen au diocèse de Cologne, a été souvent atta(iué. DOmmlkk, t. II, p. 3Gij, n. i, croit que sous sa forme actuelle il reproduit une charte authentique, fortement interpolée. Le prétendu original de la charte de Regenbirg, abbesse de Saint-Hippolyte de Gerresheim (présidence et kreis île Diisseldorf), pour son monastère (Archives de Diisseldorf, fonds Cierreslieim n" i), a été fabriqué à la fin du xi^ ou au début du xu" siècle ; l'écriture rappelle celle d'un acte rendu le 9 janvier iioO par l'archevèipic de (Pologne Frédéric II. Mais il serait possible que la charte actuelle eût été faite, soit pour remplacer un acte aiithenti([ue détruit ou disparu, soit à l'aide d'une pièce authentiipie dont on désirait modifier les dispositions dans l'intérêt du monastère. La mention dans ce document de Willibert, de Liutl)erl, d'Eberhard, (jualifié à tort d'archichaiu;elier, mais (pii fut effectivement notaire puis cliancelier de Louis le Gennani(pie (voir Dûmmi-kh, t. 11, ]>. l\'ii), |>rouve ([ue le faussaire avait des données |>récises sur l'épcxpie où vivait Rcgenliirg. Il (pialille Louis d'empereur, mais celte correction maladroite s'explicpie facilement, les rois d'Allemagne étant |)resque lous en même tem|is empereurs à r(''po(pu' oii la pièce a cli* fabriipiée. Celle-ci ne porte pas de date, et si ou la place d'habitude en 873, c'est (pie l\e(p>nbir(| dit l'avoir fait dresser à (Pologne en présence de Willibert, de Liutbert et de iioiiibreiix pi'inces, clercs et laies, ce qui semble se ra|i]>orler à la r(''uiiioii tenue en septembre 873 11 Cologne.