ENTREVUE DES DEUX LOUIS A VERONE
mai, ou au début de juin, il se rencontra à Vérone avec l'empereur, qu'accompagnait le pape Jean VIII ', qui avait succédé à Adrien II en décembre 872*. Très actif, très entreprenant, sachant ce qu'il voulait, le nouveau pape était, d'autre part, assez peu scrupuleux sur le choix des moyens ; quand il désirait atteindre un but, peu lui importait la route dans laquelle il s'engageait, pourvu qu'elle aboutît, et il ne se gênait pas d'en quitter une pour en suivre une autre, s'il croyait la seconde plus courte que celle qu'il avait prise tout d'abord'. Nous ne savons pas quels arrangements furent pris à Vérone. L'empereur reparla-t-il de la Lorraine ? C'est peu probable. Il dut par contre renouveler sa promesse de léguer l'Italie à son oncle, ou à l'aîné de ses cousins, Carloman, qui prétendra dans le premier de ses diplômes italiens que l'empereur Louis II lui avait promis l'Italie 4.
D'autres questions furent probablement agitées à Vérone. Louis le Germanique pria sans doute le pape de se décider à reconnaître enfin Bertulf et Willibert, le premier comme archevêque de Trêves, le second comme archevêque de Cologne. Il y avait quatre ans que cette double affaire traînait sans recevoir de solution. En France, on se refusait à considérer l'élection de Willibert comme régulière, et Charles avait probablement intrigué auprès d'Adrien et de Jean VIII pour les détourner d'accorder le palliam à Willibert 5. En septembre 878, Jean VIII menace l'archevêque de Cologne de l'excommunier, s'il ne vient pas k Rome se défendre des accusations dont il est l'objet ; il lui donne, pour faire le voyage, deux mois à compter du jour où le prélat recevra la lettre pontificale. Jean ne peut, dit-il, accorder le pallium à Willibert, parce que l'élection de celui-ci n'a pas été régulière et que la profession de foi qu'il
1. Ann. Fu/d. 874, p. 82. L'impératrice était venue aussi à Vérone, comme le prouve une lettre de Jean VIII à Charles le Gros du i3 mars 881 (J. E. 334i)- On ne peut fixer que d'une manière approximative la dale de l'entrevue de Vérone. Le l^ mai, Louis le Germani(]uc est encore à Ladenbourg sur le Neckar (B. M. 1460); d'autre part, au retour on le trouve successivement à Forchheim, puis en Bavière, enfin à Francfort dans le courant de juillet (Ann. Fald. 874, pp. 82-83). 11 devait donc être rentré en Allemagne dès le mois, de juin. Mûhlbaciier, qui avait commencé, Re(f. Kar., p. 474» P^^i" placer l'entrevue de Vérone en juin-juillet, se prononce, p. 582, pour la fin de mai ou le commencement de juin. — Le 4 mai's, à Tril)ur, Louis le Germaniiiue avait donné un manse dans la villa de Crœv à l'abbaye lorraine de Stavelot (B. M. 1459, Martène, Ainplissiina collectio, t. II, col. 27).