‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 382 sur 764 · Voir Jaffé-Evvald, Re.g. pont, vont., t. I, p · texte numérisé non relu

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3. C'est l'opinion de Noorde.\, Hinkmar, p. 346 et de Gasquet, Jean VIII et la fin de l'empire cnrolinç/iea, p. 5. Malgré ses efforts, le panégyriste de Jean VIII, le père Lapôthe, dans son ouvrage, fort intéressant d'ailleurs, sur V Europe et le Saint-Siège à l'époque carolingienne, !''<' partie, Le pape Jean VIII, n'est pas arrivé à détruire complètement l'impression fâcheuse qu'inspire la conduite de Jean VIII, ni à démontrer que ce pape fût un homme loyal, de bonne foi et pourvu de sens moral.

5. Nous avons vu précédemment, p. 384 et p. 385, n. i, que ce n'est point aux intrigues de Charles le Chauve qu'il convient d'attribuer le refus fait dès 870 par Adrien II de conférer le /ja//f"am à Wdlibert. Le pape, qui avait promis à Gunther de reviser son procès, avait été très mécontent que l'on eût élu, sans le consulter, un nouvel archevêque à Cologne. Plus lard cependant , il est vraisemblable que le roi de France travailla à maintenir Adrien, puis Jean VIII, dans des dispositions hostiles à Willibert.

4o8 LA LORRAINE PARTAGEE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (869-879).

a envoyée est iacoinplf'to '. D'où pouvaient venir les iiccusations formulées contre Willihert, sinon de la France ? L'arclievé(|ue ne se rendit pas à Rome, et le pape ne l'exconimunia pas, mais le /tal/ium se lit encore attendre quelque temps.

Si pour Willihert ces retards s'e\'pli(|uent par l'hostilité de Charles le Chauve, on comprend moins ([ue Bertnlf n'ait [)as ohtenu heaucoup plus tôt que son collègue d'être reconnu par le Saint-Siège. Du moment que Louis le Cermanique l'acceptait comme arclievè(]ue de Trêves, et nous avons vu t[ue c'était chose faite dès le mois de septendjre 870, de qui l'opposition à la reconnaissance de Bei-tull" par le pape pouvait-elle provenir? Peut-être de l'empereur, qui se vengeait ainsi de n'avoir pas obtenu la Lorraine. Dans tous les cas, il l'allut son intervention bienveillante pour (|ue Bertult" et Willibert reçussent enfin le />a//mm. En 878, Bertnir n'était pas plus avancé que son collègue, comme le prouve une lettre que lui écrivit Jean VIll dans le courant du mois d'août. Le pape disait qu'il la prière de l'empereur il consentait à examiner avec bienveillance l'affaire de l'archevêque. Il l'invitait, en conséquence, à se présenter lui-même k Rome, ou à y envoyer des représentants autorisés, pour justifier de la régularité de son élection. Les délégués de Bertulf devaient arriver dans le courant d'octobre *. Nous ignorons si l'archevêque de Trêves se conforma aux instructions du Souverain Pontife.

Mais ni lui, ni surtout Willibert n'avaient reçu le palliwn avant l'entrevue de Vérone. Il peut y avoir doute pour Bertulf, car nous ne possédons pas la bulle pontificale qui lui accordait le pallium ; nous savons seulement, par une lettre non datée d'Hincmar, qu'il finit par l'avoir, qu'Ailvence l'avait sollicité pour sou neveu, et que les envoyés de l'évêque de Metz l'apportèrent à Bertulf'. La bulle qui concerne Willibert nous est au contraire parvenue, sans date, il est vrai, mais elle doit se placer a[>rès l'entrevue de Vérone. Jean dit en effet à l'archevêque de Cologne qu'il lui envoie le pal/iain k la prière de l'empereur Louis et du roi Louis, oncle de l'empereur. Cela indique, avec une clarté suffisante, que l'intervention des deux princes auprès du pape s'est produite k Vérone,

1. J. E. a(j8(ï, iV. .1., t. V, p. 817. Voir dans le travail d'Ew.vLD, Die Popsthviefe der brittiscken Sainmlung {N. A., t. V, jip. ;}i7-;{i8) les raisons pour lesquelles cet énidit croit devoir i)lat'er cette lettre le l'^f septembre 878. Oii Zki.i.er, Histoire d' Allemagne, t,. II, p. 1O7, a-t-il vu que si Jean VIII refusait à Willibert le palliiun, c'était parce que l'archevêque n'acceptait pas l'autorité des fausses Décrétales ?

2. J. E. 2y8a, .V. .1., t. V, p. Sof). Sur la date, voir Ew.vld, op. cit., N. A., t. V,

3. Voir les regesles de ces lettres dans Fi.odo.vrd, //. R. /•'., liv. III, ch. 28, éd. Le- JEUNE, t. II, p. 280. Scin\(EKS, op. cit., p. 577, n. io5, enlèl(' de l'idée fausse que Flo- DOARu a classé les lettres d'Hincnuu- dans l'ordre clironoUxjiciue, place en 871 au plus lard celles où l'arclievêcpie de Heiuis ])arlc des déuiarclies d'.Vdveuce à Rome pour obtenir \c pdlliuin en faveur de Hertulf; c'est donc en 870-871 que les elTorts de l'évèipic de Metz auraient abouti. Mais Souikers ne parait pas avoir eu connaissance de J. E. 2982. Dumm- LEi\, à qui cette lettre n'a pas échappé, ne i>lace ([u'apri's elle l'octroi du polliuin j\ Hertulf, sans dire cependant si ce dernier événeuieiit est de 878 ou de 874 (t. II, p. 308 et II. a).

MORT DE LOUIS II (875). liO(J

seul endroit où les trois personnages se soient trouvés ensemble'. C'était là un triomphe pour le roi de Germanie, un échec pour son frère. Pourtant, les deux rois allaient bientôt se réconcilier.

La nouvelle de l'entrevue qui devait réunir a Vérone les deux Louis avait probablement ravivé les inquiétudes du roi de France ; on s'explique qu'il ait tenu en juin son plaid annuel à Douzy, en Lorraine, non loin de la frontière 2. Ses craintes toutefois n'étaient pas fondées; il en eut la preuve quand, vers la fin de l'été, son frère lui fit demander par le plus jeune de ses fils, Charles, de venir conférer avec lui sur les bords de la Moselle 3. Le roi de France y consentit, mais comme il se dirigeait vers le lieu du rendez-vous, il fut pris d'une dyssenterie qui l'obligea à s'arrêter. L'entrevue fut contremandée et renvoyée au mois de décembre ; en outre, il fut décidé que l'on se rencontrerait sur les bords de la Meuse4. Louis le Germanique était depuis le mois de juillet ou le mois d'août en Lorraine, à Aix-la-Chapelle, où il fit un long séjour 5. Peut-être était-ce de cette ville qu'il avait envoyé son fils au roi de France. La rencontre des deux souverains eut lieu vers le i"^"" décembre à Heristal d'après les Annales Bertiniani, en décembre à Saint-Lambert (de Liège) d'après les Annales Faldenses. Ni les unes ni les autres ne nous apprennent quels arrangements furent conclus entre les deux frères^.

La paix, si toutefois elle avait été conclue à Heristal, ne devait pas être de longue durée. La mort de Louis II allait bientôt brouiller de nouveau Louis le Germanique et Charles le Chauve. C'est le 12 août 8707, que l'empereur termina une existence que les luttes contre les Sarrasins avaient honorablement remplie, et qui comptait quelques pages glorieuses. Non seulement il avait contenu les infidèles, mais il avait fini, après un long siège, par leur reprendre l'importante place de Bari. On doit lui savoir gré de la modération dont il fit preuve en 856 et 863, loi'squ'il eut à partager avec ses frères la succession de leur père, puis avec Lothaire II celle de Charles de Provence. S'il revendiqua la Lorraine, comme c'était son droit, du moins n'abandonna-t-il pas le siège de Bari et ne laissa-t-il pas l'Italie exposée aux attaques des Sarrasins, pour aller disputer à ses oncles le royaume de son frère. Dans l'affaire du divorce, Lothaire eut presque constamment son appui, et c'est a son intervention qu'il dut les quelques résultats qu'il avait obtenus. Louis II ne peut assurément pas compter parmi les grands Carolingiens, mais il a

1. J. E. 2988, Floss, Papstwahl, Urkunden, p. 102. C'est à tort <jiie Jaffk-Ewalu place cette lelfre au début de 874, avant le 29 janvier; elle doit être de juin ou de juillet. Dl'mmler, t. II, pp. 367 et 874, croit avec plus de raison que c'est à l'entrevue de Vérone que Jean VIII se décida à reconnaître AMllibert en <[ualité d'archevêque de Cologne.

2. Ann. Bert. 874, p- 125 ; c'est le i3 juin (jue se tint l'assemblée.

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