‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 393 sur 764 · Ann. Sert. 876, pp. i33 et i · texte numérisé non relu

Ann. Sert. 876, pp. i33 et i

2. Deux auteurs, Gariel, op. cit., I" partie, p. 116, et Lapôtre, op. cit., p. 33g, semblent croire que Charles le Chauve conserva une partie du pays qu'il avait ocjupé après la mort de son frère. Gariel va même jusqu'à prétendre que ces territoires restèrent au pouvoir ds Louis II d'abord, puis de Louis III ; ce fut seulement vers la fin du règne de ce dernier prince que Louis de Saxe les recouvra. Il trouve la preuve de ce fait (I^^^ partie, p. 116, II<= partie, pp. 269 et 260) dans des deniers frappés à Metz et à Marsal, qui d'après lui doivent être attribués à Louis III, aucun doute ne pouvant subsister sur la fabrication française de ces pièces. Tout cela est de pure fantaisie. Que veut dire Gariel en parlant de fabrication française pour les deniers de Metz et de Marsal ? Le personnel d'un atelier monétaire restait le même, quel que fût le souverain qui régnât sur le pays, et les mêmes ouvriers ont frappé des monnaies successivement pour Lothaire II, puis pour ses oncles, ensuite pour leurs fils. Il est inadmissible que Charles le Chauve, en occupant Metz après la mort de son neveu, ait fait venir des monnayeurs finançais pour travailler dans cette ville, que Louis le Germanique 1 -s ait remplacés ensuite ])ar des Allemands, puis que Charles, à supposer qu'il ait repris possession de Metz en 876, ait de nouveau substitué des Français aux ouvriers installés par son frère. Pourquoi d'ailleurs les ouvriers de Metz ou de telle autre ville lorraine n'auraient-ils pas travaillé aussi bien que ceux de la France ?

4l8 LA LORRAINE PARTAGEE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMA^NE (869-879).

se séparèrent ensuite, Charles pour retourner en Alainannie on passant par Metz, Louis pour se rendre îi Francfort '. Le mois suivant, en novembre, les trois fils de Louis le (lermanicjue se rencontrèrent sur les Ijords de la Riess et procédèrent au partage des États de leur [)ère : du royaume ([u'avait atti-ihut'* à ce dernier le traité de Verdun, Carloman eut la Bavière, la Pannonie, la (larintliie, ainsi tjne les pays slaves tributaires, Bohême et Moravie ; Louis la France orientale, la Saxe et la Thurinçjc ; Charles l'Alamannie *. Nous nous occuperons plus loin de la Lorraine, qui ne resta pas indivise, comme on le prétend îi tort.

L'année 877 l'ut pour la Lorraine plus tranquille (|ue la précédente. Elle s'ouvrit par un acte de générosité de Louis, qui, dans une assendjlée tenue en janvier à Francfort, libéra les seigneurs français faits prisonniers à Andernach 3. Il avait noué avec l'un d'eux, l'abbé Gozlin, des relations que celui-ci ne devait pas oublier. Au cours de l'année 877, les hostilités ne recommencèrent pas en Lorraine ; elles eurent pour théâtre l'Italie, où Charles eut Carloman pour adversaire. Louis le Jeune ne fit du côté de la France aucune diversion destinée k faciliter la tâche de son aîné. Charles le Chauve prévoyait pourtant une attaque de sa part, comme le prouvent quelques-unes des dispositions qu'il prit à Quierzy, avant de se mettre en route pour la Péninsule 4. Il avait également assuré la marche des afTaires dans ses royaumes de France et de Lori'alne pendant son absence. Son fils Louis, chargé de la régence, était entouré d'un conseil permanent dont aucun membre n'était Lorrain ; mais quand le jeune prince aurait à se rendre dans la vallée de la Meuse, c'est-à-dire en Lorraine, il devait appeler à faire partie de ce conseil les évèques Francon de Liège, Jean de Cambrai, les comtes Arnulf, Giselbert, Letard, Matfrid, Widric, Gutbert, Adalbert, Ingelger et Régnier >'. Ajoutons que

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