‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 395 sur 764 · MESURES DE CHARLES CONCERNANT LA LORRAINE · texte numérisé non relu

MESURES DE CHARLES CONCERNANT LA LORRAINE

le capitulaire de Quierzy nomme Francon parmi ceux qui auront après la mort de Charles la mission de répartir les livres du trésor impérial entre Louis le Bègue et les abbayes de Saint-Denis et Notre-Dame de Compiègne '. L'évéque de Toul, Arnaud, est désigné pour escorter le deuxième des convois qui seront expédiés à l'empereur après son départ *. Enfin, la Lorraine n'eut pas a payer l'impôt levé par Charles le Chauve pour lui permettre d'acheter la retraite des Normands qui avaient envahi la vallée de la Seine'.

Nous ne suivrons pas l'empereur en Italie. Menacé par son neveu Carloman, il reprit le chemin de la France et mourut dans les Alpes le 6 oc-

Jean VIII et les pères du concile de Trojes (.T. E. 317g, Migxe, t. CXXVI, col. 790). Jean est donc décédé en 879. L'absence du consentement du souverain à l'élection canonique de l'évéque de Cambrai s'exj)lique d'ailleurs très bien en 879, contrairement à ce que prétend Schrœrs. Cambrai en effet fut cédée en 879 à Louis le Jeune en même temps que le reste de la Lorraine occidentale, et comme ce prince passa la fin de l'année dans la France orientale et en Bavière, il n'y a rien de surprenant à ce qu'on ne soit pas allé lui demander son approbation et qu'on ait procédé à l'élection sans tenir compte de lui. — Quant aux comtes mentionnés par le capitulaire de Quierzy, Gisclbert est probablement le gendre de Lothaire I<"', — Régnier, le fils de Giselbert. — Lkihmz, Ann. ii/ip. occ, t. II, p. 129, croit qu'Arnulf est le même que le comte tué en 891 à la bataille de la Geule. — Malfrid est-il le personnage de ce nom que nous avons rencontré sous le règne de Lotbaire II ? Ce^ n'est pas certain, altendu qu'à la même éjioque on rencontre dans les États de Louis le Jeune un Malfrid différent de celui que mentionne le capitulaire de Quierzy. C'est une lettre du ])ape Jean VIII, de juin ou juillet 878, qui nous le fait connaître, voici à quelle occasion. Engeltrude était morte, nous ne savons pas au juste en quelle année, laissant de son mariage avec Boson des filles, et de son union avec Wanger un fils adultérin, Godefroy. Engeltrude, frustrant ses filles, héritières légitimes de ses biens, laissa une partie de ceux-ci à son bâtard, et abandonna, à ce qu'il semble, le reste à Louis le Jeune, à Liutbert de Mayence et à Malfrid, son frère ou son neveu. Elle espérait qu'ainsi le roi et les grands laisseraient Godefroy jouir paisiblement de ce qu'elle lui avait légué. Mais les filles d'Engeltrude et de Boson protestèrent et prièrent le pape d'intervenir en leur faveur. Jean VIII écrivit une première fois à Liutbert ; cette lettre est perdue, mais nous avons la seconde réclamation que reçut l'archevêque, aiiîsi qu'une autre adressée au comte Matfrid, toutes deux de juin-juillet 878 (J. E. 3i67-3iG8, Migne, t. CXXVI, coll. 786 et 787). Quelques mois plus tard, c'est, à Louis le Jeune en personne que s'adressa le pape, en l'invilant à restituer lui-même et à faire restituer par ses fidèles aux filles d'Engeltrude les alleux de cette dernière. (J. E. 32ii, Migne, t. CXXVI, col. 811). Il est probable (pie cette nouvelle réclamation n'eut pas jilus de succès que les précédentes. De ces lettres il ressort que les biens d'Engeltrude étaient situés dans les États de Louis le Jeune, et que Malfrid devait être un des fidèles de ce prince. Certainement, Charles le Chauve n'aurait pas désigné un seigneur, qui était sujet de son neveu, pour en faire un des conseillers de son propre fils. — Il est impossible de dire si Widric est le comte du pagus Bedensis que nous rencontrerons vingt ans plus tard sous les règnes de Zwentibold et de Louis l'E.ifanl. — Nous ne savons rien sur les autres grands.

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