Cap. Caris., ch. 29, p. 36o
3. Edictam compendiensa 877, CC, t. II, pp. 3.')3-35A ; Ann. Bert. 877, p. ]35. — Avant son départ pour l'Italie, Charles rendit deux ciplômes en faveur d'abbaj-es lorraines. Le 24 juin, à Soissons, il confirma un diplôme (perdu) par lequel son frère Lothaire avait assigné aux moines de Sainl-IVIihiel pour leur entretien une portion des biens de l'abbaye à laquelle ni l'abbé ni psrsonne ne devaient toucher. En outre, Charles affecta à l'usage des moines de non .eaux donaines, qui ai)parte:iaient déjà au monastère (B. 181O, R. H. Fr., t. VIII, p. 665). — Le g juillel, à Ponlhion, l'empereur, à la prière de sa femme Richilde, prit des dispositions analogues à celles que nous venons de rapporter pour Saint-Mihiel, en faveur des religieux el des religieuses de Sainle-GertruJe de Nivelles (B. 1817, R. H. Fr., t. VIII, p. GoGJ.
^20 LA LORRAINE I'AUrA(;KK KNTUK LA FRANCK ET l'aLLEMACINE (8(i,,-S7<j).
tohre 877 '. i'riuce intoUigt'ut et li'llré, il élait moins liicii doué sons lo rapport du couracje et îles talents militaires. Pendant la picmière moitié de son rèfjne, il se trouva aux prises avec des diriicultés intérieures, qui roblicjfcrent à une politicpui pat'ifitpie dans ses relations avec ses frères et ses neveux ; il lut lui-même en hutte à l'Iioslilité de l^othaire I"", (|ui l'accusait d'avoir favorisé l'enlèvement de sa fille par (îiselhert, puis de Louis le (jermaiii([ue, à ipii il n'avait poiirlant donné aucim sujet de plainte. Mais à partir de 8()o, il chancjea de conduite. A l'intérieur, son autorité était mieux assise, moins contestée, et ni son frère ni ses neveux ne songeaient à envahir ses Etats, il aurait pu profiter de cette situation nouvelle [)Our consacrer tous ses eflbrts à cond)attre les Normands, à leur interdire l'entrée de son royaume. Mais cette tâche lui paraissait imjiate ; il s'en ac(piitta donc fort mal, préférant ajouter de nouvelles couronnes à celles qu'il portait déjà. Nous avons vu les agressions dont il s'était rendu coupa])le a (piatre reprises; peu lui importait d'ailleurs que pendant ses absences les pirates missent la France à feu et a sang. On s'étonnera peut-être que Charles, soldat et général médiocre, ait cherché avec autant d'ardeur des occasions de conflit avec ses frères et ses neveux ; mais il ne s'attaquait à eux que lorsqu'il les jugeait plus faibles que lui, ou lorsqu'il les voyait dans l'embarras. Dès qu'on lui tenait tète, il tournait les talons, sa jactance tombait et il devenait plus traitable. Si nous ajoutons qu'il était fourbe et menteur, nous aurons complété le poi'trait du personnage ^.
Des quatre fils que lui avait donnés Ermentrude, un seul vivait encore, Louis ; les trois autres, (Iharles, Lothaire et (larloman étaient morts '. Louis le Bègue ne devait pas hériter de l'Italie ni de la couronne impériale, et il semble d'ailleurs n'avoir rien tenté pour s'en rendre maître. Il parvint a entrer en possession de la France et de la Lorraine, mais ce ne fut pas sans difficulté. Non que ses cousins lui aient disputé ces deux couronnes, mais avant d'être reconnu par les grands, il eut à parlementer avec eux, et fut obligé de subir leurs conditions +. Le 3o novembre 877, à Gompiègne, il rendit un édit par let[uel il s'engageait à respecter
I. Ann. Bcrt. 877, p. 1^7; Ann. S. Ih'/iit/ni Dinionensis (SS., t. V, p. '.Uj); Ch.irlos serait mort le 5 octobre, d'après la Fiuinrorum retjum kistorui, |»ars II», le 7 d'a|)rt's les Ann. nccrol. Pruni., le 9 d'ajm-s les Ann. Aijtienses (SS., t. II, p. 325, t. XIII, p. aiy, el t. XXIV, p. 30).
■A. Les historiens allemaiuls et beaucoup d'historiens français ont jn(]é sévèrement (Charles le Clianve. Il a tron\<'' cepeiidanl des dciVnseiirs dans Zkllkh, Histoire (/'Allenidi/ne, t. Il, et dans Lapôtri:, op. cit., p|i. :>l)ri et siii\-. Ce dernier auteur va juscpi'à trouver de la bravoure à son bérets !
3. Lothaire était mort en 8C).'), Charles en 8(')0 (.1/;//. Beit. 80;") et 800, ])p. 80 et 8:5 )• Carlouian vivait |)eiil-ètre encore an moment de la mort de son pi-re, mais il approchai) du terme de son e.xistence, puis([ne, comme nous ra\'ons \ti, p. /(o/i, n. /(, celui-ci se place en 878 au plus tard. I)e[)nis le débiil de 8t(7, Louis était devenu roi d'.V(piitaine, sous la suzfM'ainelé de son jtère (.[iin. lii'rt. 81)7, p. 8(1). Le surnom de Mt-tpie (Ilul/nts) lui esl déjà donné dans Ahuo.n, De IjcIUs l^arisiiine iirliis, liv. Il, v. r)70 (/{. II. Fr., I. VIII, p. 20), el dans RK(iiNON, (Uiruniron 878, |). 1 1/|.
/;. .\nn. Bel t., pp. i3',- i38.