LES CONGRÈS DES SOUVERAINS FRANCS
verrons que des souverains se sont séparés sans avoir pu résoudre, au cours d'une conférence, les questions qui les divisaient '. Alors même que l'accord était ou paraissait complet, il se traduisait bien moins par des actes que par des promesses, des serments, des déclarations solennelles, qu'on oubliait vite et qu'aucun effet ne suivait^. Il était tout naturel que les souverains se réunissent dans les Etats de Lothaire, placés entre ceux de Louis et de Charles. Aussi est-ce là, et plus spécialement en terre franque, dans le pays qui va devenir la Lorraine, qu'auront lieu les congrès des princes carolingiens 3. Nous avons dit que l'on ne sait rien des stipulations que pouvait contenir le traité de Verdun en dehors des clauses du partage +. II n'y a donc pas moyen de décider à quel moment on établit le régime de la concorde, si ce fut à Verdun, ou seulement un an plus tard, à Thionville.
Toujours est-il qu'à cette dernière réunion, doublée d'un concile dont nous avons déjà parlé 5, on voit les trois souverains, après s'être promis de vivre en paix les uns avec les autres^, manifester leur entente par l'envoi d'une ambassade commune aux rebelles contre lesquels Charles avait à lutter : Pépin, Nomenoé et Lambert étaient invités à se soumettre, et s'ils refusaient de le faire, Lothaire et Louis se joindraient à leur frère pour les y contraindre 7. Nous ignorons si l'ambassade partit réellement, mais certainement là s'arrêta l'assistance donnée à Charles par les deux autres souverains. En 845, les difficultés de toutes sortes, révoltes, invasions normandes, avec lesquelles les trois princes se trouvèrent aux prises, ne leur laissèrent pas le loisir de se réunir à nouveau ^.
Savonnières, en 862, de Tuse y, en 805, elc. Celait tantôt l'nn, tantôt l'autre des souverains qui se trouvait empêché de venir, et, pour ce motif, les congrès étaient renvoyés d'une année à l'autre; voir à cet égard le Conu. ap. Saponarias, ch. 2, et VAdn. Hlud., ch. I (ce, t. II, pp. iGo et i63).
1. C'est ce qui arriva au premier congres de jNIeerssen, qui ne put amener la réconciliation de Lothaire et de Charles.
2. Pourtant les Afin. Bert. 8^7 nous apprennent que l'ambassade, dont le premier congres de Meerssen avait décidé l'envoi au roi de Danemark, fut réunie et accomplit sa mission. A la fin de 852, Lothaire vient se joindre à Charles pour combattre les Normands. Lotliaire II fera de même en 858.
3. Thionville, Meerssen, Valenciennes, Liège, Coblenz, Savonnières, Tusey se trouvent tous en terre franque et dans cette parte de la Francia qui, soumise à Lothaire I^', le sera ensuite à son fils et homonyme.