‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 42 sur 764 · Ann. Bert. 844> P · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 844> P

8. Révolte des Provençaux contre Lothaire, descentes des Normands en Saxe et en Frise ; d'autres pirates remontent la Seine jusqu'à Paris, se font acheter leur retraite par (>harles le Chauve et pillent à leur retour les côtes ; le même Charles conclut la paix avec Pépin II, à qui il abandonne la plus grande partie de l'Aquitaine, essaie ensuite de soumettre Nomenoë, duc des Bretons, mais se fait battre par lui à Ballon, le 22 novembre. Sur ces événements, voir Ann. Bert. 845, pp. 32 et 33 ; Ann. Fuld. 845, p. 35 ; Chronicon Fontanellensi 845, R. H. Fr., t. VII, p. 4i ; Cartuluire de Bedon, pp. 36i et 362. — Alors que Louis le Germanique était à Paderborn, il reçut des ambassadeurs que lui envoyaient ses frères (Ann. Fuld. 845, p. 35).

3() LK UK{i.\E DE LOTUAIUE l" (843-855).

li'aïuièe suivante, un événement imprévu allait gravement compromettre la bonne liannonie entre les frères, et provoquer presque une ru|>tiire entre Lothaire et Charles. Au début de 840, (îiselbert, un vassal du (Icrnier de ces princes, (|ui, après être allô pendant la çjuerre civile de l'un il l'autre, avait fini par se rallier à Charles, et avait dû, h la j)aix de Verdun, ([uitter son comté des Mansiuirii, attribué à Lothaire, pour se retirer dans le royaume de l'ouest, parvint, nous ne savons par quels moyens, ii enlever une des filles de l'empereur'. Il se hâta, pour se mettre à l'abri de la colère du père outragé, d'emmener la princesse en Aquitaine, où elle devint sa femme ^. On devine sans peine quelles furent la douleur et l'indignation de Lothaire. Charles était le seigneur de Oiselbert et, à ce titre, responsable de sa conduite. 11 est probable que l'empereur l'invita à s'emparer du ravisseur et à lui rendre sa fille, à moins qu'il ne l'ait tout de suite accusé d'avoir connu et favorisé les projets de Giselbert 5. Ouoi qu'il en soit, Charles ne put ou ne voulut livrer ce dernier, ni empêcher la conclusion du mariage. On doit reconnaître que la chose ne lui était pas facile, l'Aquitaine, où s'était réfugié Giselbert, étant depuis le traité de Fleurv, reconnue à Pépin II par son oncle, qui ne conservait sur lui qu'une suzeraineté purement nominale. D'autre part, il ne nous paraft guère vraisemblable que Charles ait été de connivence avec son vassal, attendu qu'il avait alors assez d'embarras intérieurs pour ne pas désirer s'en créer avec son fi^ère aîné. Celui-ci prit sans doute une attitude menaçante, qui détermina Charles à invoquer l'assistance du roi

1. Ann. Fald. 846, p. 3I>. Ua Giselbert, « cornes Minsuarioniiii u, c'est-à-dire comte du « [>a(-|us Masaii » (Nithard, Hist., liv. III, ch. 2, p. 33), dont le territoire avait été attribué à Cliarlcs en 83(j, lors du partafje de Worms, et qui avait dû prêter serment au jeune prince, se rallia à Lothaire eu 84o (Nithard, liv. II, cli. 2, p. 10). Après Fontenoy-en-Puisaye, il chanyea de parti et fit dire à Cliarles qu'il était prêt à se déclarer pour lui, si ce prince venait dans la région de la Meuse (Nithard, liv. III, ch. 2, p. 33). Charles n'ayant pu pousser jus(pie-là, envoya Hu(jues, abbé de Saint-Quentin et le comte Adalard à Giselbert, pour lui faire prêter serment (Nithard, liv. III, ch. 3, p. 33). Si Giselbert ne fut pas à ce moment chassé de son comté par Lothaire, qui contraignit Charles à évacuer le pays et à reculer jus(ju'à la Seine, il le perdit certainement l'année suivante, lorsque l'empereur, revenu dans la Francia, après la signature des préliminaires de Màcon, enleva leurs bénéfices à ceux des grands (jui avaient fait ilc'fection (Nithard, liv. IV, ch. 4. P- j'xi)- Nous ignorons d'ailleurs où Giselbert reçut de Charles des bénéfices en compensation de ceu.v (pi'il avait perdus. On peut supposer que c'était dans le nord, et pas très loin des États de Lothaire. — Il est extraordinaire (pie les Annales Bertiniani ne disent pas un mot de l'enlèvciiicnt de la fi'.lc de l'empereur.

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