‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 417 sur 764 · LA LORRAINE RETROUVE SON UNITE. SA SITUATION · texte numérisé non relu

LA LORRAINE RETROUVE SON UNITE. SA SITUATION

et le pays ne devait plus subir jusqu'en qSq de nouveau démembrement. D'après la façon dont nous avons apprécié plus haut le traité de Meerssen, on n'attend pas de nous des regrets sur la disparition de l'état de choses qu'il avait créé. Nous la considérons, au contraire, comme un événement heureux. Toutefois, la vérité nous force à reconnaître que la situation du pays ne s'en trouva pas améliorée. De 870 à 879, les Normands avaient laissé la Frise à peu près tranquille. En 878, Rodolphe avait été tué dans un combat livré aux habitants de cette province'. En 876, dans la Frise occidentale, une autre bande de Normands fut battue par les gens du pays, qui s'emparèrent du butin fait par les pirates et se le partagèrent ^. Ce sont là les seules attaques des barbares signalées par les chroniqueurs.

Mais avec la fin de l'année 87g s'ouvrit une nouvelle période, pendant laquelle non plus seulement les régions côtières, mais le cœur de la Lorraine allaient être parcourus en tous sens, et mis à feu et à sang par les Normands. Comme si cela ne suffisait pas, le pays fut troublé par les prétentions du fils de Lothaire et de Waldrade. Pendant les dix années qui suivirent la moit de Lothaire II, les chronicjueurs ne signalent aucune révolte dans la contrée qu'il avait gouvernée. Mais le pays avait été ballotté entre Charles le Chauve, Louis le Germanique et leurs descendants ; et, indépendamment des désordres et des violences qu'avaient commis les troupes de l'un ou de l'autre de ces princes en 876, 876, 87g et 880, les changements fréquents de souverains, le fait que ceux-ci résidaient habituellement en dehors de la Lorraine, avaient eu pour conséquence d'afTaiblir le prestige du pouvoir royal et la valeur des serments qu'on prétait à des maîtres sans cesse renouvelés. Si l'on ajoute qu'il y avait des mécontents en Lorraine, que la famille de Lothaire II y comptait des partisans, on comprend que des troubles aient éclaté dans les Etats qu'avait gouvernés ce prince, et qu'un bâtard de ce dernier ait pu tenir en échec les forces des rois de France ou d'Allemagne. Ces désordres ne finiront pas après la disparition de Hugues, et la malheureuse Lorraine, déchirée pendant de longues années par des luttes intestines, ([ui l'affaibliront et la paralyseront, sera incapable de conserver son indépendance, et deviendra une proie que se disputeront ses voisins de l'est et de l'ouest.

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