‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 423 sur 764 · RÉGi.voN, Chronicon 8^0, p. i · texte numérisé non relu

RÉGi.voN, Chronicon 8^0, p. i

440 LA LOUUAl.NE UKU.NIK TOUT K.NTIKHE A i/aLLEMAGNE (87()-8yr)).

serait-il le comte tlu /xk/us Calvomontensis mentionné dans le diplôme il'Ariiuir (lu 11) mai 8(ji'?

En résuMié, den\ des partisans de Hugues, Wihert et Rohert, avaient pi()l>al)l(Mnent leurs comtés près de la Meuse ou dans l'Ardenne. C'est dans cette région aussi (pie Hugues a son centre d'action. En 878, Hincniar charge Krancon, évè([ue de Liège, de donner un (juide au messager (pii doit porter à Hugues la lettre de l'arclievègue de I\einis. En 87g, Hugues se fait battre dans le Brahant par les Normands; la même année une de ses forteresses, qui s'élevait près de Verdun, est prise et détruite par les gens de Louis le Jeune. Enfin, en 880, c'est entre Gondrevillcsur-Moselle, près de Toul, et Attigny, sur l'Aisne, que le beau-frère de Hugues, le comte Thiébaud, est battu par les troupes de Louis le Jeune et de ses cousins. Ainsi, la région montueuse, boisée et d'accès difficile, de l'Argonne, de l'Ardenne et de ses dépendances, constituait pour Hugues une sorte de vaste citadelle, d'où il pouvait se porter dans un sens ou dans un autre, et qui lui servait de retraite en cas de défaite.

Comme nous l'avons déjà dit, peu de temps après l'avènement de Louis le Bègue, Hugues leva des troupes et commit avec elles toutes sortes de méfaits. Le bruit se répandit qu'il allait se révolter contre ce prince, à qui pourtant il avait juré fidélité. Ces faits et ces nouvelles furent portés à la connaissance de Louis et dénoncés à un concile qui se tenait alors en Neustrie. Avant de sévir contre Hugues, le roi et les évècjnes résolurent de lui donner un avertissement, et chargèrent Hincmar de cette mission. L'archevêque de Reims écrivit donc au fils de Lothaire, qui devait se trouver dans le diocèse de Liège, puisque c'est à Francon que s'adressa Hincmar pour faire donner à son messager un guide qui lo conduisît auprès de Hugues. Hincmar rappelle à ce dernier qu'il a été l'ami de son grand-père et de son père (s/c.'); il lui reproche les désordres et les violences dont il s'est rendu coupable avec les brigands dont il est le chef, et l'invite à changer de conduite, à ne pas se révolter contre Louis, comme on prétend qu'il en a l'intention. Si Hugues méprise ses avis, les évèques, dont Hincmar n'est que l'intei'prète, sont décidés à l'excommunier ainsi ({ue ses partisans. Qu'il craigne la vengeance divine qui a frappé les oncles (?) de Hugues pour les punir des usurpations qu'ils ont commises ; qu'il se souvienne de son père, qui a perdu le trône et la vie pour avoir travaillé à des œuvres que réprouvait le Seigneur. Le roi est disposé à combler Hugues, si celui-ci n'est pas coupable, d'honneurs et de dignités. Oue Hugues n'écoute pas les conseils des pervers ni des flatteurs^.

Cette lettre, (|ui est des prcn^iers mois de 878, antérieure certainement

2. V(jir celle Icltre dans Flodovkh, //. R. R., liv. IIl, ch. 2C, t. II, pp. 3r>/,-36(i ; iVst prohaljlcrneiU à elle ijne l'ail a'iiisioii l'arohcvi^iiiic de lleiins en écrivant à Louis le IJiMjue (Fi,()i>OAiii>, liv. UI, cil. i(j, t. II, p. i8r>). Hincmar pria Franc(n» de donner !\ son niessa(|er lin ipiide (|(ii le conduisit au|>rès de Iluijues el le raniendl sain et sauf (Floduaho, liv". 111, cil. M.'i, I. Il, p. ;in/,j.

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