Ann. Fiild. 881, p
/jfio LA LORRAINE REUME TOUT ENTIERE A l'aLLEMAONE (879-8(j5).
l'empire earoliiicjien ? Desceiulaiits (lèjjéiiérés tles Auslrasicnis, ils étaient incapables de (jaiantir leur propre territoire des incursions de pirates normands! Et Louis le .Icuiie, que faisait-il, pendant que les païens dévastaient le nord-ouest de ses Etats? En d'auti-es lenqis, il avait montré du couracje et de l'activité, les victoires d'Andernach et de Tluméon le prouvent, mais une qiave maladie le retenait alors à Francfort et l'empêchait de marcher en ]»ersonne îi l'ennemi. Il finit par lever une armée, (|ui se porta à la rencontre des Barl)ares'.
Les Normands, malgré l'hiver, continuaient leurs courses k travers l'Ardenne. Après avoir mis à sac. Stavelot et Malmédy, ils se portèrent à l'ahbaye de Priim, où ils arrivèrent le G janvier 882. Ils restèrent là trois jours, dévastant toute la contrée avoisinante. Cependant les paysans des environs se groupèrent et vinrent les attaquer. Mais ils étaient mal armés, n'observaient aucune discipline, bref ils ne formaient (ju'une cohue, que les Normands n'eurent pas beaucoup de peine à tailler en pièces. En quittant l'abbaye de Priim, les pirates y mirent le feu, puis il reprirent le chemin de leur camp 2. II est probable que l'approche de l'armée envoyée par Louis le Jeune les déterminait k battre en retraite. Mais en apprenant la mox't du roi, aiTivée le 20 janvier 882', ses soldats revinrent sur leurs pas, sans plus s'inquiéter des ennemis qu'ils avaient pour mission de combattre 4. Le champ était laissé li])re aux Normands : ils se hâtèrent d'en profiter. Marchant sur les traces des troupes franques qui regagnaient leurs foyers, ils dévastèrent tout le pays jusqu'à Coblenz, puis remontèrent la vallée de la Moselle >. La ville de Trêves fut prise par eux le 5 avril, jour du Jeudi-Saint, et pillée pendant trois jours, car ils y restèrent jusqu'au dimanche de Pâques. Ils massacrèrent ceux des habitants qui n'avaient pas eu le temps de s'enfuir, et, avant de quitter la ville, ils la livrèrent aux flammes^.
L'intention des Normands était de faire subir k Metz un sort analogue.
I. Ann. Fuld. 881, p. 97; sur la inalad'e de Louis le Jeune, voir encore l'auteur anonyme du f'ra(|iueiil trouvé dans un manuscrit de Munich (SS., t. III, p. fjCij, n. u). Il considère les maux qui frappèrent ce prince, la perte de son fils, les invasions normandes enfin sa mort prématui-ée, comme une punition de sa conduite à l'éfjard de ses cousins, les fils de Louis le Bèipie, et des méfaits qu'avait commis son armée en France.
a. Sur le séjour des Barbares à Priim consulter Réginon, (Ihvonicon 88a, p. 118, ainsi <pie les diplômes pour cette abbaye de Cliarles le Gros, du aa mai 883, et de Ciiarles le Simple, du ao août rjao (B. M. ifujo et B. iijC)!), J//Î. UB. l. I, n»* lai et 16a). La desli'uclion de Priim est mentionnée aussi par les Ann. Dert. 88a, j). i53.
3. Ann. Fuld. 88a, p. 97; Réginon Chronicnn 88a, p. 118, etc. N'i les Ann. liert., ni les Ann. Ved., qui mentionnent la mort, n'indi<pient le jour.
l^. Ann. Fuld. 88a, p. 97.
.'). Ibidem.
6. Ann. Bert. 88u, |). 103; .!«//. Fuld. 88a, p. 97; .1///J. Ved. 88a, p. 3ia; Rkc.inon, Ckronicon 88a, p. 119; Sigkiiaiu), Miraculu S. Mii.riinini, cli. aG ; Geslti Tret'eroruni, di. 27; Notice d'un iiis. de Trène.s; Eiikiiwi.n, Vitu Miujneiici (SS., l. IV, p. a34, n. \'i, I. VIII, |)p. i(iCi-i07, i()7, n. 97 et ao8); Vitu S. Hasini (AA. SS., Mnrt., l. I, p. Si.')). Consulter encore un diplôme d'.Vrnulf du 16 avril 89/1 pour le clia|)ilrc de Trêves el une