RÉGiNON, Chi'onicon 885, p
2. Ann. Ved. 885, p. 128. Dans ces Annales, le récit de l'assassinat de Godfrid et du supplice de Hugues suit celui de l'expédition infructueuse envoyée contre les Normands de Louvain, qui est lui-même placé après la reconnaissance de Charles le Gros à Ponlhion par les seigneurs français. Il est d'ailleurs vraisemblable que le meurtre de Gjdfrid ne fut décidé qu'une ibis l'empereur revenu en Gaule, c'est-à-dire vers la fin de mai au plus tôt. D'autre part, Rf.ginon nous apprend que Hugues eut les yeux crevés à Gondreville, oii l'empereur se trouvait le 12 juin (B. ]M. i655 et i656), et que cet événement eut lieu quelques jours après la triste fia de Godfrid. Il est difficile d'admettre qu'entre la fin de mai et le 12 juin Henri ait eu le temps d'aller juscju'à l'île des Bataves, puis de revenir à Gondreville, car, d'après Région, c'est lui qui aurait fait crever les yeux au fils de Lo- Ihaire II. Gomme nous le disions plus haut, il serait j)Ossib]e que Charles eut fait un nouvel arrêt à Gondreville en revenant de Ponthion, et que le supplice de son cousin fût de la fin de juin. Remarquons, d'ailleurs, que les Ann. Ved., en racontant le massacre de Godirid et le supplice de son beau-frère après la campagne inutile qui avait Louvain pour objectif, ne disent pas formellement que ces événements fussent postérieurs à celle-ci : « His etiam diebus 11, c'est en ces termes qu'elles commencent leur récit. Les deux faits peuvent donc s'être passés en même temps, peut-être même leur ordre a-t-il été interverti.
3. Sur l'endroit oit se passa l'entrevue, voir la minutieuse étude de Dederich, Geschichte der Rœnier und der Deutscken nin Nlederrhein, pp. 217-220. Sloet, Oorkondenboek der Graafschnppen Gelre en Zut/en, t. I, p. 03, croit qu'il s'agit d'une bande de terrain qui longe le Rhin avant que le fleuve se partage en deux bras.
l\-]C) LA LORRAINE REUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLLEMAGNE (879-8./)).
loiiites Irisons lui avaient fait espérer que l'empereur accueillerait sa (Iciiiamlf, car il était sans méfiance. Les pourparlers absorbèrent une proMiicM-e journée, sans (jue l'on parvint ii s'enten ire. Ils devaient reprenlre le lemloni iln. Sans doute, Henri avait eu connaissance que ses si)ldats étaient arrivés au rendez-vous, car il décida de mettre ce jour-là son projv't il cxécntion. Ne se souciant pas de rendre Willihert témoin du meurtre de (lodfrid, il l'invita à conférer avec (JisMe, femme du Normand, et ;i tâcher de lui inspiier des sentiments pacilicpies. Le plan d'Henri était le suivant: au cours de l'entrevue, le comte saxon Eberliard ', que (îodfrid avait dépouillé de ses domaines, interviendrait et réclamerait justice ; de la discussion naîtrait vraisemblablement une cpierelle, et l'on en profiterait pour jiiassacier Godfrid et son escorte. Le ])rogramme fut ponctuellement exécuté. Lorsque la conférence eut repris, Eberhard se présenta et porta plainte à Henri contre Godfrid. Celui-ci répondit en termes grossiers et outrageants, comme Henri l'avait prévu. Alors Eberhard, tirant son épée, en déchargea un grand coup sur la tète du Normand, avant ([ue celui-ci, qui était assis, eût eu le temps de se lever. Les hommes de l'entourage d'Henri se jetèrent sur Godfrid et l'achevèrent. Puis ils massacrèrent tous les Normands qu'ils trouvèrent dans l'île des Bataves^.
Godfrid avait appelé du Danemark un certain nombre de ses compatriotes, qui devaient l'aider dans la lutte qu'il projetait contre l'empereur. Ils arrivèrent, ignorant la triste fin de Godfrid, et firent une incursion en Saxe. Une troupe de Saxons essaya de leur tenir tête, mais, écrasée par le nombre, elle dut battre en retraite, poursuivie par les pirates, qui s'éloignèrent de leurs navires. A ce moment, arrivèrent des Frisons, montés sur de petites barques. Ils descendirent à terre et prirent à dos les Normands. Les Saxons firent alors volte-face, et les barbares, attaqués en tète et en queue, furent taillés en pièces ; très peu échappèrent au carnage. Les Frisons s'emparèrent de leurs navires et firent main basse sur le butin qu'ils contenaient >.
On s'était débarrassé de Godfrid et de ses auxiliaires normands. Restait son complice, Hugues, dont la culpabilité fut peut-être prouvée par <les lettres trouvées après l'assassinat de Godfrid. Quand il fut certain ([ue Hugues avait conspiré, l'enqiereur, sur le conseil du comte Henri, l'invita à le venir trouver à (Jondreville, l'alléchant avec de belles promesses. Hugues donna dans le piège. Peut-être ignorait-il alors le meurtre de son beau-frère ; s'il l'avait connu, il se serait montré plus nu'-
I. ('.v[. Eljrrliard esl, tri's i)r()l>;>l)l(Miiciit ooliii-là iiiciiio ((u'inaiciit l'ait prisonnier les Normands en 8S1 (l\É<ii.No.\, Chronicon 881, p. 117). Nous aurons à reparler de ce |iersonna()e.
a. IIkoinon, C.hritnicon 88.'), pp. la.'l-ia^. <'.'csl ii cet auteur ijne nous devons le réeil le ])ius (l('taillé de l'assassinat de (iodlVid. Cf. Ann. Fultl. 885 el (Uuit. RtiHsb. 88.5, pp. loa et u4; Ann. Vcd. 88.5, p. 3a i ; Ann. S. Mai: Ultraj. 88t) (.S\V., t. XV, p. i3oi). C'est en mai, d'apri's les Ann. Fuld., (|ue l'événement eut lien.
',\. Ann. Fuld. 8S5, pp. loa-ioS; Ann. Anijlosu.r. 88.5 et Assi:k, l)i^ irlnts ijcitis .f.'//m/« «8/, (,S'.V., l. Mil, pp. i„5 el lai).