‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 479 sur 764 · Benoît Picaut, Histoire (manuscrite) de Mets, p. 6(ji · texte numérisé non relu

Benoît Picaut, Histoire (manuscrite) de Mets, p. 6(ji

3. Voir ce document aux Pièces Justijtc(itii>e.i du présent ouvraçje.

l^. Où De Cosïeiv a-l-il pu prendre que (îérard élait comte de Namur ? ( IVottrelles recherches sur l'ulilxii/e <l'Heriliotesheiin, Reinie lielf/e tle nttniismiitiqiie, t. XI, pp. 4i3- /,2A.) Maux, Geschichte des Erzstifts Trier, 2" partie, i" vol.. p. yv, lait de tîérard et de Matfrid des comtes de Haiuaut.

.'». HÉr.iNON, (Uironicon yoti, p. if)!.

ASSASSINAT DE MEINGAUD PAR ALBÉRIC (892). 5o3

qui ont joué un rôle important sous les règnes d'Arnulf et de ses successeurs. Ils ne sont pas entrés en conflit avec le premier de ces princes, mais nous les voyons déjà sous son règne chercher à s'agrandir aux dépens des abbayes. Ils combattront Zw^entibold et viendront à bout de lui ; ils lutteront de même, sinon contre Louis l'Enfant, au moins contre les Conradins, qui gouvernent au nom de ce prince. En un mot, ils chercheront à abattre les influences étrangères qui essaieront de s'implanter en Lorraine. Quel but se proposaient-ils? Ils ne songeaient certainement pas à monter sur le trône de Lorraine, mais peut-être visaient-ils à exercer dans ce pays le pouvoir ducal.

Nous avons dit plus haut que les documents ne nous permettent ni d'affirmer ni de nier que Meingaud eût été institué par Arnulf duc de Lorraine. Ce personnage fut assassiné le 28 août 892 par Albéric, l'ancien partisan de Hugues, à l'abbaye de Retel, sur la Moselle'. Nous ignorons, d'ailleurs, quel était le mobile du crime. Meingaud était parent du roi Eudes, mais nous ne savons pas à quel degré, car il n'est nullement certain qu'il faille traduire par neveu le terme de nepos qu'emploie Réginon. Il laissait une veuve, Gisèle, qui se remaria avec Burchard, fils du comte Walahon et neveu du comte Etienne, et un fils, appelé Meingaud, comme son père, et que nous trouvons en 894-896 comte du pagiis Meginensis ^ ; une partie des bénéfices qu'avait possédés son père lui fut enlevée par le roi, qui les donna h son bâtard Zwentiboldî. Arnulf songeait peut-être dès ce moment à élever ce dernier sur le trône de Lorraine ; il voulait donc le faire connaître et en même temps lui donner une situation dans le pays +. Le roi ne semble pas s'être occupé de punir Albéric. Le meurtre de Meingaud allait en conséquence ouvrir une série, qui se continua par l'assassinat d'Albéric lui-môme; ce fut le comte Etienne, dont le neveu Burchard avait épousé Gisèle, veuve de Meingaud, qui vengea la mort de ce dernier. Etienne lui-même devait périr en 901, frappé par une main inconnue, mais très probablement en représailles du meurtre d'Albéric.

Ce fut pourtant, on peut le supposer, le désir de ramener la tranquillité dans la Lorraine et d'empêcher que la mort de Meingaud ne provoquât une guerre civile, qui détermina Arnulf à faire, au début

1. RÉGmox, Chronicon 892, p. i4o. Voir les lettres écrites à l'occasion de ce meurtre par le pape Formose à l'archevêque de Cologne Herimann (J. L. 3496, Floss, Papstwahl, Urkunden, p. i33) et à celui de Reims, Foulques (Flodoard, H. R. E., liv. IV, ch. 3, t. II, p. 434)- Favre, Eudes, pp. 244-245, a publié l'épitaphe d'un comte Megingoz qui avait été enterré à Saint-Alban de Mayence. Il croit que c'est celle du comte assassiné en 892, mais elle est conçue en termes tellement vagues que nous avons des doutes sur l'attribution proposée par Favre.

2. Nous avons parlé précédemment (p. 492, n. i) de la famille de Meingaud.

3. RÉGixoN, Chronicon 892, p. i4o. Wittich, op. cit., p. 25, n. 2 et Dijmmler, t. III, p. 359 et n. 2, croient ([ue l'abbaye Saint-Maximin fut alors donnée à Zwentibold, mais s'il en est ainsi, comment le jeune prince ne figure-t-il pas comme intercesseur dans le diplôme rendu par son père, le 11 février 893, en faveur de Saint-Maximin?

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