Voir Favre, Eudes, pp. 148 et suiv
6. Cont. Ratisb. 894, p. 126 ; Régi.xon, Chronicon 898, p. i4i. Sur l'hostilité primordiale d'Arnulf à l'égard de Charles, les efforts de Foulques pour en triompher et la visite du jeune prince à Worms, consulter Favrk, pp. 1.^)8 el iG;'-i68.
5(>C) LA LORRAINE RÉUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLLEMAGNE (879-895).
sej)toml)rc, rév<^(|uo ilo Liècjo Fniiicoii '. Eudes, inquiet de la d^Miiarc-he que son rival avait faite auprès d'Arnull", était venu prendre position sur les bords de l'Aisne. Mais il n'eut pas besoin de combattre, car les chefs de l'armée de secours ([ui accompagnait Charles étant les amis d'Eutles, refusèrent d'en venir aux mains avec lui. Ils ({uittèrent Charles et retournèrent chez eux, laissant le jeune prince dans un grand embarras -.
A la iliète tenue à Forchheim en mai-juin 889, Arnulf avait réussi à faire admettre que ses bâtards Ratolf et Zwentibold lui succéderaient sur le trône, si sa femme ne lui donnait pas de fils légitime '. La naissance du petit Louis, en 898, ruinait les espérances des enfants naturels du roi. Mais ce prince, qui semble avoir eu beaucoup de tendresse pour Zwentibold, résolut de lui donner une compensation, en plaçant sur sa tête la couronne de Lorraine.
Nous avons dit qu'en 892 Zwentibold avait reçu une partie des bénéfices que le comte Meingaud possédait dans ce pays. Nous le voyons en outre intervenir dans une affaire où les parties étaient d'un côté l'évêque de Toul, Arnaud, de l'autre les comtes Gérard, Etienne et Matfrid. Ces trois personnages, sous prétexte que l'avouerie des abbayes Saint-Maurice et Saint-Evre leur appartenait par droit héréditaire, ce qui d'ailleurs était faux, auraient mis au pillage les biens de l'église de Toul, et, malgré un édit qui datait du roi Dagobert, élevé une forteresse à moins de quatre lieues de cette dernière ville. L'évêque de Toul serait allé audevant d'Arnulf, qui revenait de Lombardie, l'aurait rencontré à Constance et lui aurait exposé sa plainte. Le roi aurait cité les trois comtes à comparaître devant l'assemblée qu'il convoquait à Worms, et les coupables auraient été condamnés à porter, comme perturbateurs de la paix publique, des fardeaux sur leurs épaules jus(|u'à un mille de la ville, à payer une amende de dix livres d'argent et à jui-er de respecter les libertés de la cité. En outre Arnulf, sur l'intei'cession de son fils Zwentibold, du duc Vizemund et de l'évêque Arnaud, aurait confirmé les franchises accordées à Toul par Dagobert, qui interdisaient la construction de forteresses dans un rayon de quatre lieues +. Le diplôme du roi, qui nous met au courant de toute cette affaire, est certainement faux. Les formules de cet acte dénotent une époque bien postérieure, ainsi
1. RÉGiNON, Cjirunicun 8cj3, \^. it\i. — Nous savons ({we Francoa ai-compayuait Charles par lia diplôme que rendit ce prince le aO scplcmbre à Alligny, en faveur de réijlise de Lif'fjc. Sur la réclamation de Francon et à la prière de sa mi're .\delaide et de Foulques, arclievè([ue de Reims, le jeune roi restitua à l'éylise de Liège des terres du fisc d'.Vrches dans le l'orcicn, (pi'Eva, femme du comte C.oiu-ad, avait jadis recrues en précaire et qui dans la suite avaient été soustraites à cette éylise (IJ. iSyO, Cartulaire de Suint-Litinberl, t. I, no 5). Peut-être les comtes Régnier et Raoul, (pie nous allons l)ienlôt reti\)uver, figuraient-ils aussi parmi les seigiicurs lori-ains ([u'Armiir chargea de dcfeiulre les droits de Charles le Simple.