‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 484 sur 764 · lUml. Jtiitisl). 88y · texte numérisé non relu

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GÉRARD ET MATFRID USURPENT DES TERRES d'ÉGLISE. 607

que les usages et les pratiques qui y sont mentionnés'. En outre, il ne pourrait se placer qu'après l'expédition d'Arnulf en It ilie, qui est de 894 ; or, l'évêque Arnaud était mort le 5 décembre 898 ^. Mais, de ce que le diplôme que nous possédons ait été fabriqué au xn= ou au xm' siècle, il ne s'ensuit pas que les faits qu'il rapporte • aient tous été inventés 5.

Nous avons parlé plus haut d'une histoire du même genre dont les trois comtes étaient déjà les héros ; seulement, elle se passait à Metz, et il s'agissait de l'abbaye Saint-Pierre-aux-Nonnains. Les faits que rapporte le père Benoît Picart ne présentent pas d'ailleurs un caractère absolu de certitude +. Devons-nous, d'autre part, ajouter une foi entière au récit du Libellas de rébus Treverensibiis, d'après lequel l'empereur Arnulf aurait

1. Voir les observations de MChleaciier, Reg. Kar., p. 692, n" 1800. L'auUieulicilé du diplôme a été admise par Mabillon, Aiin. O. S. B., t. III, j). 292, Calmkt, t. I, coll. 769 et 8o5, Gagern, Arnulfi imperatoris vila, p. 117, Gfrœrer, I. II, p. 342, Digot, Histoire de Lorraine, t. I, p. 157, Wittich, op. cit., p. 28, Grimm, Deutsche Reclitsalterthiiiner, p. 713, et le père Bradant, article cité, p. l\o.

2. Arnaud était mort le 5 décembre d'apri's les Gesta epp. Tall., cli. 28 {SS., t. VIII, p. 638), et le 4 du même mois, suivant le Lilier Vitse de Remiremont {N. A., t. XIX, p. 66). L'année n'est donnée par aucun document, mais ce ne peut être (pie SgS. Le 2 février 893, Arnaud vivait encore, ainsi que le prouve le diplôme d'Arnulf rendu à cette date pour l'éfjlise de Toul (B. M. i833), et d'autre part le di])làme pour les chanoines de la même éylise, diplôme qui est du i3 juin 8g4, nous apprend qu'Arnaud avait déjà cessé de vivre (B. M. 1849). C'est donc le 5 (4) décembre 893 qu'Arnaud a quitté ce monde. — Il eut pour successeur Ludelme, qui était de noble naissance (Miracula S. Apri, cli. 20, SS., t. IV, p. 5i6), et qui fut consacré en 895 par Radboil et ses suffcagants (Réginoiv, Chronicon 896, p. i44)- H est difficile de déterminer avec précision l'époque de l'année où se fit la consécration. D'une part, en effet, Ludelme serait mort le 11 septembre (Ann. S. Benigni Div., SS., t. V, p. 4oi) 906 (RiicmON, Chronicon 906, p. i52), dans la onzième année de son épiscopat {Miroc. S. Apri., ch. 20, et Gestn epp. TulL, cli. 29, SS., t. IV, p. 5i6, et t. VIII, p. 638), il aurait donc été consacré après le 11 septembre 896. Mais, d'autre part, nous savons par les Gesta epp. TulL, ch. 29 (SS., t. VIII, p. 638), et par une charte de Ludelme lui-mèmr; (Calmet, t. I, pr. col. 33o), qu'Arnulf av?il donné différentes terres au prélat ; comme Arnulf ne semble a^oir rendu aucun diplôme en faveur de la Lorraine postérieurement à l'élévation sur le trône de son bâtard Zwentibold, en mai Sçjô, il en résulte que Ludelme aurait occupé le siège de Toul avant cette dernière date. Enfin, les Gesta placent l'avènement de Ludelme après l'incendie de Toul, qui aurait eu lieu le 3i mars 896 d'aj)rès les Ann. Besaenses (SS., t. II, p. 248), et le 4 avril suivant les Ann. S. Benigni Div. (SS., t. V, p. 4o). Ludelme n'assistait pas au concile tenu à Tribur le 5 mai 895. Trithemius, Chronicon Hirsaugiense, t. I, p. 49. prétend le contraire, et il ajoute que Ludelme avait été chanoine de Saint-Maximin, mais que vaut son témoignage ? Mabillon, Ann. O. S. B., t. III, p. 297, se demande où Brower et Masen, Annales Trevirenses, t. I, p. 438, col. i, étaient allés prendre que Ludelme avait été chanoine de Saint-Maximin : c'est évidemment dans Trithemius. Benoît Picart, Histoire de Toul, p. 296, Calmet, t. I, col. 770, Dummler, t. III, p. 472, n. i, et Kurze, Regi>onis chronicon, p. i44, n. i, font mourir Arnaud en 894, Mabillon, Ann. 0. S. B., t. III, p. 297, en 896; Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 692, se prononce avec raison pour 898. Les Gestn epp. TulL, ch. 29 (S S., t. XIII, p. 638), parlent de loups ravisseurs qui, après la mort d'Arnaud, se jetèrent sur l'église de Toul et la déchirèrent ; ne pourrait-on pas voir dans ces loups les comtes Etienne, Gérard et Malfrid ? Puis la ville fut incendiée ; nous avons vu que d'après les Ann. Besuenses cet événement serait du 3i mars SgS.

3. DiJMMLER, t. III, p. 388 et n. i, et Heinrigh Witte, Genealogische Untersuchungen (Jahrb. G. L. G. 5^ année, 2" semestre, p. 35 et n. 5) croient que le diplôme est faux, mais qu'il relate des faits réels. Cette dernière observation est exacte, comme nous l'avons montré à la fin de la note précédente.

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