‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 485 sur 764 · Voir ci-dessus, p. 5o · texte numérisé non relu

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5o8 I.A LORRAINE RÉUME TOUT ENTIERE A l'aLLEMAGNE (879-895).

donné aux comtes (îéranl et Matfrid cette inèiiic abbaye Saint-Pierre de Metz, celles de Saiut-Maxiniin et d'Œren au diocèse de Trêves ' ? D'après Réginon, Zwenlihold, en 897, enlève aux deux comtes, entre autres bénéfices, les monastères de Saint-Pierre et d'Œren, qu'il garde pour lui*; en goO, le même clironi([ueur fait prendre par Gérard et Matfrid, Œren et Saint-Maximin ii Conrad et ii (îehliard '. On trouve ainsi les deux frères en possession pins ou moins légitime d'abbayes trèviroises ou messines. Ils ont donc pu en avoir ou en usurper dans le diocèse de Toul, et le fonds même de l'iiistoire que relate le diplôme d'Arnulf pour Arnaud n'a rien d'invraisemblable.

Ce (jui mérite en outre d'être relevé, c'est de voir Zwentibold intervenir dans cette afTairc pour Févèc^ue de Toul, par suite contre Etienne, Gérard et Matfrid, ses futurs adversaires. Si le fait est exact, il est l'origine première de l'hostilité qui se manifesta plus tard, et d'une faç^on si violente, entre le fils naturel d'Arnulf, devenu roi de Lorraine, et les trois comtes. C'est justement parce que ces quatre personnages se trouvent en conflit îi propos des abi)ayes touloises Saint-Evre et Saint-Maurice, que nous nous sommes arrêté un j)eu longuement sur cette affaire.

Si réellement Zwentibold y a joué le rôle que lui attribue le diplôme de son père, c'est que ce dernier songeait déjà probablement a faire' de vSon bâtard nn souverain de la Lorraine, pour le dédommager de la perte de l'Allemagne, qui devait revenir un jour au petit Louis. Mais Arnulf ne pouvait imposer aux grands du pays un roi sans avoir obtenu leur assentiment. Ils avaient été convoqués a l'assemblée de Worms, et le roi leur fit part de ses intentions. Réginon, qui nous rapporte le fait, se contente de dire qu'ils refusèrent leur approbation à l'élévation de Zwentibold sur le trône de Lorraine +. Il est très regrettable que le chroniqueur ne nous fasse pas connaître les motifs de l'attitude singulière prise par les grands de la Lorraine en cette circonstance. Quoi qu'il en soit, Arnulf n'osa pns passer outre à leur résistance, et l'on peut voir là une nouvelle preuve de l'intluence toujours grandissante des seigneurs et de la dépendance où tombait la royauté à leur endroit. Le roi, d'ailleurs, ne renoni;ait pas à son projet, mais il en ajourna la réalisation à des temps plus favorables.

1. Libell. (le reh. Trencr., cli. i3 {SS., t. XIV, ji. loA). (>e dooiimenl roiitk'iU des l'ahl-s cl relate des faits d'aiillieiiticité douleusc. Il raconte par exemple (|ue réijiise de Trêves ac(iuil l'abljayc d'CErcii avec le conseateinenl d'Arnulf et de Zwentibold en donnant en ë^lianye Saiat-Servais de Maiislricht. Helle alléijatioii est fausse, comme nous le verrons.

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